
C’est le 1er juin, à la Brasserie Beaubien, que Loïc April et son groupe interprèteront sur scène les pièces de leur premier EP: DIV/SION. Le jeune auteur-compositeur-interprète de 26 ans, qui faisait partie du groupe post-punk Protofiev, a fait paraître en janvier dernier le court album de trois chansons et grâce à sa récente signature avec la maison de disque Bonsound, sa musique gagne de la visibilité. Dans cette optique, nous avons eu la chance de le rencontrer au Atomic café pour parler de son travail, que vous pourrez entendre un peu partout en spectacle au Québec cet été.
Artichaut Magazine: Peux-tu nous parler un peu de toi? Qui est Loïc April?
Loïc April: Je suis né à Ottawa et ensuite je me suis promené un peu. J’ai vécu dans le Bas-Saint-Laurent, au Saguenay et à Montréal. J’ai grandi en Montérégie, sur la Rive-Sud. J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais 16-17 ans. Avant, j’étais toujours dans des bands, mais ça ne fonctionnait pas parce, justement, il y a toujours quelqu’un qui ne peut plus à un moment donné et il fallait tout recommencer. J’étais tanné et j’ai commencé ma carrière solo comme ça.
A. M.: Qu’est-ce qui a changé pour toi depuis que tu as entamé ta carrière solo?
L. A.: Quand j’étais avec Protofiev, c’était un projet de collaboration. Maintenant, la grosse différence, c’est que je compose tout. La basse, la guitare et aussi la batterie. Donc c’est mon projet que je fais avec des musiciens. Dans le fond, comment je procède, c’est que je fais des maquettes que j’envoie aux autres musiciens, et c’est en les «jamant» en groupe que je peux voir si ça va marcher. On fait plusieurs tests pour trouver ce qui fonctionne.
A. M.: Dirais-tu que tu as changé de style depuis que tu as commencé ta carrière solo?
L. A.: Oui! Par exemple dans Protofiev c’était assez fâché. C’était du post-punk avec des screams et du feedback. J’ai réalisé que c’était dur pour moi d’avoir toujours cette énergie-là, aller sur scène et être fâché. On dirait que c’est plus facile pour moi avec le projet solo d’avoir cette énergie-là à chaque show.
J’écoute beaucoup de musique. Mes influences sont autant Françoise Hardy que Slowdive ou les Pixies. Je n’ai pas étudié en musique. J’ai appris à jouer de la guitare comme tu apprends à faire du skate. Je n’ai pas de cours. J’ai juste écouté des chansons et j’ai appris par moi-même. Le son du nouveau groupe, j’ai du mal à le définir… Je dirais du indie rock franco.
A. M.: Qu’est-ce qui a influencé la composition de ton EP DIV/SION?
L. A.: En 2014, j’ai vécu plusieurs deuils. J’ai eu plein de temps pour moi et ça a donné ces chansons-là. Elles ont été composées avant que je forme le band. Au début je voulais tout enregistrer moi-même en studio, mais j’ai fini par rencontrer un batteur qui connaissait un guitariste et, rendu là, j’ai appelé un bassiste. J’aime encore monter les chansons en band. J’aime encore trop cette énergie-là.
A. M.: On vient d’apprendre que tu viens de signer avec Bonsound: qu’est-ce que ça représente pour toi dans ta carrière d’artiste?
L. A.: Je le vois comme une étampe de qualité, si on veut. Il y a tellement de musique de nos jours que juste d’avoir une espèce de sommité musicale, qui dit que ça, c’est bon, et bien il va y avoir plein de monde qui vont être porté à aller l’écouter. En plus je ne suis pas super porté sur la promotion. Je ne parle pas beaucoup de mon band, alors je suis content que ça se soit passé comme ça. Je suis très heureux que les gens de chez Bonsound me fassent confiance, et là je dois continuer avec des bons spectacles et des bonnes nouvelles chansons.
A. M.: Quels sont tes projets à venir?
L. A.: Il y a plusieurs shows qui s’en viennent, et chacun va être différent, si on veut. Dans le fond, à la Brasserie Beaubien, ça va être le band au complet; à la Foire des Francos (du 11 juin) ça va être deux guitares électriques, sans batterie ni basse. On joue aussi au Perfecto le 6 juillet, ça va être le band complet, mais acoustique et le 28 juillet ça va être mon guitariste et moi acoustique. En gros c’est ce qui s’en vient pour les spectacles. Sinon, on vise l’album pour 2017. Là, je suis en composition et il y a des nouvelles chansons qui s’en viennent. Il y en a deux qu’on joue déjà en spectacle et, au courant de l’été, il risque d’y avoir des nouvelles chansons en spectacle. J’aime essayer mes chansons devant le public avant qu’elles soient enregistrées, alors ce sont des chansons en évolution.
Loïc April est donc encore aux balbutiements de sa carrière solo, mais la qualité et la sensibilité de ce qu’il compose lui promet une place de choix au sein de la scène musicale québécoise. DIV/SION se retrouve actuellement sur Bandcamp, et pour plus d’information sur l’artiste ou ses dates de concert, toutes les informations se trouvent sur le site web de Bonsound.
Article par Léa Martin.