Erik Hove Chamber Ensemble. Lancement de l’album Polygon à l’OFF Jazz de Montréal

Le vendredi 13 octobre, Erik Hove Chamber Ensemble donnait un concert à la Chapelle historique du Bon Pasteur dans le…
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Le vendredi 13 octobre, Erik Hove Chamber Ensemble donnait un concert à la Chapelle historique du Bon Pasteur dans le cadre de L’OFF Festival de Jazz de Montréal. Le spectacle soulignait aussi le lancement de leur tout nouvel album Polygon, paru tout juste trois ans après leur premier album Saturated Colours.

L’Erik Hove Chamber Ensemble (crédit photo: Alex Pouliot)

Fondé en 1999 par une majorité de musiciens, l’OFF festival de Jazz de Montréal a pour but de célébrer les créateurs d’ici, qu’ils soient jazzmen ou divergents. Chaque année, plus de 300 groupes et 1800 musiciens participent au festival qui accueille des milliers de festivaliers. Cette année, du 5 au 14 octobre, le festival offrait 27 concerts programmés pour les amateurs de musique jazz, dont évidemment, Erik Hove Chamber Ensemble.

Erik Hove est un saxophoniste (alto) qui joue plusieurs variétés de jazz tout aussi bien que de la musique contemporaine. Né à Vancouver, il a passé de longues années à étudier et à jouer de la musique, que ce soit à l’Université McGill à Montréal ou aux côtés du renommé saxophoniste américain Greg Osby à New York. Il a ainsi formé plusieurs groupes de musique, dont le groupe Soundclash à New York, avec lequel il a gagné le prix François Marcaurelle à l’OFF Jazz de Montréal en 2006. Il a joué avec de nombreux artistes locaux et internationaux tout au long de sa carrière.

Erik Hove (crédit photo: Alex Pouliot)

Récemment, il est retourné étudier à l’université McGill et a fondé son nouveau projet: le Erik Hove Chamber Ensemble; un hybride musical qui combine le jazz moderne, la musique électro-acoustique et la musique contemporaine. Le projet a pour but d’explorer comment les idées actuelles du jazz et de la musique improvisée s’agencent avec les concepts de la composition contemporaine, et ce, dans le but de créer un tout harmonieux. L’ensemble est composé de dix musiciens composé d’Erik Hove au saxophone, d’Anna Webber à la flûte, de Krisjana Thorsteinson au hautbois, d’Andy King à la trompette, de Kate Bevan-Baker au violon, de Jean René à l’alto, de Jane Chan au violoncelle, d’Emmanuelle Da Silva à la clarinette, d’Adrian Vedady à la contrebasse et d’Evan Tighe à la basse offre, avec ce tout nouvel album, une musique originale et réussie.

Pour leur deuxième spectacle en carrière dans le cadre de l’OFF JAZZ, les membres du groupe Erik Hove Chamber Ensemble étaient visiblement résolus à donner le meilleur d’eux-mêmes lorsqu’ils sont montés sur la scène de la CHapelle Historique du Bon Pasteur le 13 octobre dernier. Ce sont donc des musiciens silencieux et déterminés qui sont entrés sur scène, accueillis par les applaudissements du public. L’ensemble a commencé à jouer et une harmonie d’instruments à vent et à cordes s’est fait entendre dans la salle, la mélodie résonnant encore longtemps après que les musiciens aient fini de jouer. Ce n’est qu’après la deuxième pièce du concert que le meneur du groupe, Erik Hove, s’est adressé pour la première fois au public en blaguant : « I know it’s weird music, so… I wanted to thank you all for coming tonight », ce qui a suscité des rires dans la foule. La chanson qui a suivi, Polygon, pièce éponyme de son nouvel album, met en valeur les instruments à cordes, ainsi que le saxophone d’Erik Hove; son solo dynamique fut fort applaudi.

Mon coup de cœur de la soirée, la musicienne Anna Webber, a su provoquer les acclamations du public grâce à ses performances solo à la flute traversière: les spectateurs n’ont pas attendu la fin de la deuxième pièce pour applaudir sa prestation. La flute traversière d’Anna fut présente tout au long du concert et bien mise en valeur dans la pièce Polygon où elle s’harmonisait très bien avec les autres instruments à vent.

Anna Webber à la flûte traversière aux côtés d’Emmanuelle Da Silva et d’Adrian Vedady (crédit photo: Alex Pouliot)

Autre belle découverte de la soirée : le trompettiste Andy King qui a pu démontrer ses talents de musiciens vers la moitié du spectacle, pendant la pièce Morse Code, durant laquelle il a exécuté un solo de trompette énergique. Il a bien complété le travail du batteur alors que ce dernier a su dynamiser, tout au long du spectacle, chacune des chansons de par son rythme et sa présence sur scène.

Si ce n’avait été du batteur Evan Tighe, très vivant à chaque fois qu’il jouait de son instrument, et du saxophoniste Erik Hove, le spectacle du 13 octobre dernier aurait eu des airs plus classiques: les joueurs d’instruments à cordes et à vent étaient, quant à eux, davantage figés dans l’espace. J’ai sincèrement apprécié le violoniste Jean René et la flutiste Anna Webber qui se sont levés à quelques reprises durant le concert pour jouer de leur instrument et ainsi donner de l’ampleur à leurs mouvements.

Erik Hove et son ensemble (crédit photo: Alex Pouliot)

Seul musicien à s’être adressé aux spectateurs tout au long de la soirée, Erik Hove a répété à plusieurs reprises qu’il appréciait énormément que le public se soit déplacé ce soir. J’ai adoré son côté humain, ses précisions artistiques et techniques entre les prestations. Ainsi, il était plus facile de ressentir les efforts des membres du groupe pendant leur prestation. Peu après avoir entamé la seconde moitié du concert, Hove a spécifié que : « The next songs are more rythmed. We are going in some tricky stuff. We did some hard work. » Effectivement, la seconde partie du spectacle fut davantage rythmée. Les musiciens ont entamé le tout avec la chanson Disjunct de leur précédent album Saturated Colors; chanson où la batterie et les instruments à vent jouaient en alternance et où le violoniste Jean René a pu exécuter un solo endiablé et rythmé qui fut fort applaudit par les spectateurs. La basse et le saxophone furent, quant à eux, encore plus présents en seconde partie du spectacle et donnèrent un air plus jazz à la prestation.

À deux reprises au cours du concert, le batteur Evan Tighe a pris le rôle de chef d’orchestre. Comme mentionné par Hove juste avant d’entamer la pièce Drift, dirigée par Evan Tighe, il était évident que l’ensemble « worked quite hard on this music », la chanson qui se jouait tout en lenteur et en résonnance, dévoilait la grande communication dont les membres du groupe faisaient preuve les uns envers les autres. J’ai adoré voir les signes échangés entre Hove et Tighe pendant la chanson, dirigeant la pièce à leur façon. Le sourire partagé entre les musiciens à la fin du morceau, témoin de leur fierté d’avoir réussi cette pièce ardue, était bien visible sur leur visage.

Kate Bevan-Baker au violon et Jean René à l’alto (crédit photo: Alex Pouliot)

Le groupe a terminé le concert avec la pièce Brain Freeze de leur album Saturated Colour sur laquelle la batterie et le saxo ont offert un superbe duo. Le groupe fut chaleureusement applaudi par le public et il a pris le temps de le saluer.

L’OFF Jazz a réussi, avec ce spectacle, à réunir des fanatiques de jazz de tous les âges. Erik Hove Chamber Ensemble, réunissant à lui seul plusieurs styles musicaux variés, a permis de prouver que l’OFF Jazz accueille des groupes polyvalents aux styles musicaux différents. L’OFF Jazz a, avec sa programmation 2017, démontré de nouveau qu’il est un festival qui a beaucoup à offrir pour les amateurs et amatrices de jazz montréalais. Les mélomanes peuvent se permettre d’être optimistes pour l’avenir de l’OFF Jazz.

Article par Marie-Andrée Labonté-Dupuis.

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