Le spectacle du Christine Jensen Jazz Orchestra a donné le coup d’envoi de la 14e édition du OFF Festival de jazz de Montréal de belle manière, avec près d’une vingtaine de musiciens sur scène et la salle du Lion d’Or presque remplie. La saxophoniste anglo-montréalaise profitait également de cette soirée spéciale pour lancer son tout nouvel album intitulé Habitat. L’OFF Jazz part vraiment sur une très bonne note.

Avant même que les musiciens n’apparaissent sur scène, l’ambiance était au rendez-vous au Lion d’Or, la musique jazz en arrière-plan et le bar aidant probablement. Le public était visiblement prêt à accueillir chaleureusement le spectacle d’ouverture de la 14e édition de l’OFF Festival de jazz de Montréal. Et ils ont été servis, puisque vers 20h15, Christine Jensen et son big band uniquement formé de 17 hommes (ironique, n’est-ce pas?) sont arrivés et ont entamé habilement Treelines, une nouvelle composition apparaissant sur l’album Habitat de la saxophoniste émérite. Cette première pièce a littéralement donné le ton à la soirée. L’introduction du morceau rappelle vaguement de la musique contemporaine, mais les musiciens n’ont pas su résister longtemps à l’appel du jazz. L’assistance a eu droit à beaucoup d’énergie de la part de l’orchestre, puis à des moments plus lents et lyriques. Et ce, toujours dans la première pièce du spectacle. Le tout, avec une précision irréprochable, sous la supervision de Mme Jensen qui s’est assuré que tout était réglé au quart de tour.

Une seule occasion permettait aux musiciens de réellement montrer leur virtuosité, les nombreux solos. Plusieurs instrumentistes ont eu cette chance et ils se sont déchaînés sur scène, avec une passion ressentie jusqu’à l’autre bout de la salle. Certains solistes étaient plus impressionnants que d’autres, mais dans la salle, les performances des solistes ont été généralement très bien accueillies, créant plusieurs petites vagues d’applaudissements après chaque solo bien exécuté. Le plus impressionnant? La section rythmique qui n’a jamais bronché, même lorsque le soliste ou le batteur s’adonnaient au plaisir (et à la complexité) de la polyrythmie.
Christine Jensen a brièvement présenté presque toutes ses compositions, tantôt en français, tantôt avec sa langue maternelle, mais ses quelques secondes d’explications ont donné la chance au public de comprendre un peu le processus d’écriture de Mme Jensen, qui s’est inspirée de nombreux lieux, dont les rues de Montréal ou Brooklyn. Petit moment touchant, où elle a admis avoir composé quelque chose à la suite de son passage à Port-au-Prince, après le tremblement de terre qui n’a laissé personne indifférent. Cependant, elle a tenu à ne pas rendre cette pièce déprimante, préférant en faire une œuvre pleine d’espoir et d’énergie.

À la fin de la dernière pièce jouée, le public s’est levé et a chaleureusement applaudi l’impeccable performance des musiciens, et surtout celle des nombreux solistes qui se sont donnés avec intensité, sans oublier celle de la compositrice et chef d’orchestre. La quatorzième édition du OFF Festival de jazz de Montréal est donc officiellement lancée en beauté et d’autres belles représentations sont à prévoir, d’autant plus que certains des membres de l’orchestre de Christine Jensen ont leur propre groupe qui se produira au OFF Jazz.
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L’album Habitat est disponible en ligne depuis le 3 octobre sur le site du label Justin-Time, et dès le mardi 8 octobre auprès des principaux disquaires montréalais.
Le 17 octobre prochain, Christine Jensen et sa sœur Ingrid font équipe à l’Espace Hypérion – Largo de Québec à 22h30, dans le cadre du Festival de jazz de Québec. Prix étudiant : 8$.
Article par Olivier Dénommée. Ancien étudiant en à peu près n’importe quel programme d’art au cégep, le voilà maintenant étudiant de deuxième année en journalisme à l’UQAM. Considéré par quelques personnes le hippie de sa cohorte, sa passion des arts ne se dément toujours pas.