
Crédit photographique: John F Reddington.
ARTICHAUT MAGAZINE: Qui êtes-vous?
Andréa Corbeil: Je suis avide de mouvement. La question que je me pose: comment la façon dont nous nous mouvons peut-elle révéler qui nous sommes en tant que société ou comme individu? La pierre d’assise de ma démarche artistique est le désir ardent de comprendre l’être humain comme un tout psychosomatique, d’approfondir ma connaissance de l’être comme une entité complexe et complète. À cet égard, j’utilise l’art comme un outil de transformation sociale et individuelle. La condition des femmes est un sujet qui me touche particulièrement et dont il sera question dans la pièce que je présenterai à Vous êtes ici.
AM: Qu’est-ce que vous proposez à Vous êtes ici?
AC: Je vous invite au coeur d’une installation vivante et contemplative, amalgamant corps humains et matières brutes. Un déambulatoire sensible, à fleur de peau, empreint d’une attention au détail. Partant de l’infiniment petit, pour ouvrir une brèche sur un enjeu considérable.
AM: Qu’est-ce que tu/vous dites/faites/vivez avec/dans votre proposition?
AC: La pièce est une réflexion sur la manipulation du corps des femmes par l’image. Cette suprématie de l’image est telle que nous en sommes à oublier que nous sommes des êtres de chair, de peau, d’os, d’odeur, de chaleur… Je veux souligner l’écart qui ne cesse de croître entre un monde virtuel et la réalité matérielle et vivante. Je me questionne sur la légitimité d’un rapport au corps comme objet altérable selon des critères arbitraires.
AM: Pour vous, la courte forme, c’est contraignant/stimulant/aucun changement?
AC: Parfois, contourner les exigences c’est simplement les interpréter à sa manière! Je propose plutôt une longue performance d’environ une heure. Les spectateurs pourront entrer et sortir comme bon leur semble. Cette forme, qui rappelle l’exposition du musée, est nouvelle pour moi. Ce qui me plaît, c’est qu’elle n’impose ni début ni fin définitive. Elle permet d’envisager une continuité dans le temps et constitue un instant non résolu dans la vie du spectateur.
AM: Comment on se sent en tant que jeune diplômé(e)s en arts à Montréal?
AC: On se sent vraiment nue. C’est à la fois une posture de vulnérabilité totale et une chance inouïe que d’être perméable à toutes stimulations.
AM: Ce que tu souhaites aux diplômé(e)s qui suivront?
AC: Je leur souhaite de garder la foi que ce qu’ils/elles font est important.
AM: Une parole sage pour la route?
AC: Je n’oserais pas.
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Vous êtes ici, une initiative de création par LA SERRE – arts vivants, sera présenté du 29 septembre au 1er octobre à 19h au Théâtre Aux Écuries.