C’est avec un grand plaisir que j’ai enfin pu visionner le film Deux femmes en or (2025). Sorti en salle le 30 mai dernier, et faut croire que je n’ai pas réussi à le regarder avant hier en novembre. Mon meilleur ami et moi avons vu la bande-annonce pour la première fois et nous sommes instantanément tombés en amour avec les deux femmes en vedette dans ce film. Enfin nous avons pu succomber à notre envie et l’écouter en ligne au chaud (le cinéma en salle c’est pour quand je vais être riche).
Pour commencer, cette comédie a été revisitée par la réalisatrice Chloé Robichaud. Elle qui fut épaulé par Catherine Léger avec son scénario basé lui-même sur ce film culte de Claude Fournier et Marie-Josée Raymond sorti dans les années soixante-dix. Cette comédie a été présentée en première mondiale au festival de Sundance et cette œuvre a remporté un prix spécial du jury.
En ce qui concerne l’histoire, il s’agit dans un premier temps de faire la connaissance de Florence et Violette. Florence (Karyne Gonthier-Hyndman) est la mère d’un jeune garçon qui, elle, est en congé de maladie et reste à la maison puisque la dépression l’enivre. Et puis dans le même bâtiment il y a Violette (Laurence Leboeuf), nouvellement mère de son premier bébé.
Dans un contexte où leurs conjoints travaillent beaucoup et ne sont pas souvent à la maison, Violette et Florence s’allient ensemble contre l’étreinte que la monogamie a sur les femmes. De fil en aiguille, nous devenons témoins des besoins et des fantasmes sexuels de ces deux femmes cloîtrées à la maison avec leurs soucis et leurs responsabilités. D’ailleurs, l’environnement du film prend souvent forme aux domiciles des deux, on peut alors comprendre comment et pourquoi celles-ci commencent à vouloir changer leur situation conjugale et sortir de l’ordinaire. Plus le film avance, plus l’on regarde une émancipation de la femme dans ses relations interpersonnelles, plus particulièrement dans ses relations sexuelles. En effet, l’arrêt de travail de Florence et l’entrée à la garderie de la petite fille à Violette font en sorte qu’elles ont beaucoup de temps libre à combler. Toutes deux en quête de jouir, nous les retrouvons dans la séduction avec des travailleurs qui viennent faire des contrats pour la maison.
Toujours avec un ton comique, le film nous montre ce qu’est capable d’accomplir une femme provocante et décidée. Puis finalement, il est agréable de voir des femmes parler de leur sexualité sans gêne et dans une ouverture accablante. Leur duo m’a bien fait rire et leurs rôles se sont bien complétés à travers les lignes du dialogue et dans leur personnalités antagoniques. Effectivement, nous avons Florence la brunette assurée qui fonce dans le danger et puis Violette la blonde plutôt gênée qui n’ose pas parler trop fort.
Avant de vous parler du visuel, je tiens à faire honneur à l’actrice Karyn Gonthier-Hyndman, celle qui joue Florence. Son personnage m’a donné un sourire jusqu’aux oreilles et bon sens qu’elle m’a charmé avec sa lucidité politique du corps et ses histoires où elle teste les limites des hommes à souhait au profit de l’épanouissement corporel.
Maintenant pour le visuel, ça n’a pas pris plus que cinq minutes pour que je tombe en amour avec les prises. Toujours embellie par des couleurs chaudes et douces, les deux femmes sont mises en valeur avec des cadrages qui font de la scène une étendue à l’horizon. Comme si l’image était captée pour nous laisser voir le plus possible les fonds colorés qui s’agencent à merveille avec l’allure des actrices. J’ai aussi bien aimé la manière dont cette œuvre a été filmée, la caméra suivant de près les acteur-ice-s dans leur mouvements. On aurait dit que l’attention était davantage mise sur les femmes, ce qui a fait du bien de voir dans le cinéma au Québec. La présence de la lumière m’a aussi plue, elle qui se retrouve souvent dans les yeux bleus de Laurence Leboeuf et dans le sourire blanc pétant de Karyn Gonthier-Hyndman. Je dirais même qu’au fur et à mesure qu’elles se libèrent des stéréotypes monogames, la lumière les suit de plus en plus.
Pour finir, je vous conseille grandement ce film. Non seulement le spotlight est mis sur deux femmes charismatiques et mémorables, le dialogue est drôle et les scènes sortent de l’ordinaire. Comment ne pas aimer les femmes québécoises qui nous font rire encore et encore pendant presque deux heures? À vous de me dire!
Crédit photo : Maison 4:3