Voyage astral, voyage dans le temps, télékinésie et rencontres du 4e type étaient au programme à la Sala Rossa pour la présentation lundi dernier de la pièce Les phénomènes inexpliqués. La dernière création de la metteure en scène D. Kimm nous amène en pleine Assemblée générale du REAC, le Regroupement d’entraide aux contactés, véritable carrefour de tous les phénomènes paranormaux et insolites.

Sans être d’une originalité déconcertante, le concept de ces phénomènes inexpliqués avait l’avantage d’offrir plusieurs avenues créatrices potentielles qui n’ont malheureusement pas toutes été explorées avec autant d’assiduité qu’on aurait pu le souhaiter. Le spectacle souffre semble-t-il d’une certaine crise d’identité. Symptômes de possession démoniaque? Possible. Le choix de ne pas avoir de trame narrative dominante y est sans doute aussi pour quelque chose. N’en reste pas moins que la pièce se cherche, hésite entre les genres. On oscille entre l’ésotérisme pur et un humour absurde qui reste non-assumé. On rit bien sûr, mais on attend le dénouement, le punch, la blague qui vient libérer la tension.
Entre les experts du voyage astral, les plieuses de cuillère et les inspecteurs tout droit sortis de la série Poltergeist, la pièce Les phénomènes inexpliqués est tout de même ponctuée de plusieurs gags savoureux et de quelques bonnes performances, notamment celle de Larissa Corriveau, qui semble par moment être la réincarnation d’Uma Thurman dans son costume moulant et avec sa démarche gracieuse. La mise en scène, inégale, laisse transparaitre quelques bonnes idées à travers certains effets visuels.
En somme, on passe une bonne soirée, on rit, mais on reste tout de même un peu sur notre faim.
Le collectif Les filles électriques présentait Les phénomènes inexpliqués le 22 octobre dans le cadre du Festival Phénomena.
Article par François Joly.