Antigone, voguing et danse post-moderne pour le FTA

C’est dans une chaleur étouffante que l’Usine C a ouvert, le 2 juin dernier, ses portes pour le FTA. Le festival y présentait Antigone…
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C’est dans une chaleur étouffante que l’Usine C a ouvert, le 2 juin dernier, ses portes pour le FTA. Le festival y présentait Antigone Sr. par le chorégraphe-interprète Trajal Harrell provenant de New York.

Cette création était présentée dans la lignée de la série chorégraphique Twenty Looks or Paris is Burning at the Judson Church de l’artiste. Elle se divise en huit grandeurs. Antigone Sr. se trouve à être la taille large de la série. Twenty Looks or Paris is Burning at the Judson Church se veut une interprétation du voguing[1] dans un univers de danse post-moderne, lieu culte de cette discipline que fût la Judson Church. Harrell a souhaité présenter au public une rencontre et une interprétation de ces sujets, cette fois-ci mêlés à l’histoire tragique d’Antigone, qui ne seraient pas possibles dans une seule époque. Il voulait quelque chose d’actuel et contemporain.

L’artiste a averti d’entrée de jeu le public que certains aspects du spectacle ne sont pas encore peaufinés. Il se justifie en présentant un work-in-progress. Après l’hymne de présentation, une variation de Baby One More Time de Britney Spears, la pièce débute.

Prendre son temps
La pièce est difficile à saisir et à suivre. Si, à plusieurs reprises, des blagues et des répliques sont bien placées, trop souvent, elles ne viennent qu’après de férocement longues répétitions. Trop souvent, Harrell brise l’ambiance et l’atmosphère tragique instaurées par les artistes sur scène en prononçant des paroles au microphone qui déchirent les oreilles en atteignant un niveau de décibels trop élevé. Harrell et ses interprètes prennent leur temps, tout leur temps, trop leur temps. En deux heures et quart, il n’y a que très peu de silence. L’atmosphère sonore atteint son paroxysme et cela devient épuisant. Il semble impossible qu’il puisse y avoir des silences.

Crédits photographiques: Lars Pehrson
Crédits photographiques: Lars Pehrson

Les éléments à peaufiner ne concernent pas les interprètes qui rayonnent dans leur concentration et leur justesse. Malheureusement, leur talent de danseurs n’est illustré qu’à peu de reprises, la majorité de la pièce se concentrant sur l’ascension des hommes sur une plateforme de défilé de mode confectionnée par un assemblage de tapis. Les costumes semblent créés à partir de rien pour devenir des personnages à part entière.

Les éléments problématiques relevent surtout de la technique. La musique est diffusée par un ordinateur portable placé sur le côté cour de la scène. Il est même transporté au milieu de l’aire de jeu lorsqu’un haut-parleur se met à faire défaut. La rotation des chansons se fait quelques fois manuellement et, à un certain moment, il faut brancher l’ordinateur sur une prise pour qu’il puisse continuer à fonctionner.

Une vingtaine de personnes sortent de la salle. Dommage, puisque les interprètes semblent pleins de promesses. Mais la composition ne semble mener nulle part. Le spectacle, potentiellement intéressant et réformateur, n’était peut-être pas encore prêt à être présenté au public.

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Antigone Sr. était présenté les 2, 3 et 4 juin dernier à l’Usine C dans le cadre du FTA.


[1] A dance characterized by striking poses. Originated in the « ball culture » of gay black men in Harlem, which is now present in every major city of the U.S. and internationally. Made famous by Madonna’s hit song of the same name…but has existed long before Miss Thing was even famous. (http://www.urbandictionary.com/define.php?term=vogue)

Article par Anne-Marie Santerre.

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