Mensonge et honnêteté. The Good Lie de Philippe Falardeau

Premier long métrage américain du cinéaste québécois Philippe Falardeau, The Good Lie (Le Bon Mensonge dans la version française) fait…
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Premier long métrage américain du cinéaste québécois Philippe Falardeau, The Good Lie (Le Bon Mensonge dans la version française) fait intrusion dans la réalité poignante des réfugiés soudanais immigrés aux États-Unis à l’aube des années 2000. Reçu chaleureusement lors de l’ouverture du Festival du Nouveau Cinéma (FNC) le 8 octobre dernier au Théâtre Maisonneuve, le film chamboule par sa justesse et son honnêteté.

Inspiré de la réalité des quelques milliers d’orphelins de la guerre civile au Soudan, The Good Lie relate l’histoire d’enfants soudanais qui, après le massacre de leur village par les rebelles, tentent de franchir les quelques mille kilomètres qui les séparent du Kenya. Quatre d’entre eux (Mamere, Paul, Jeremiah et Abital) atteignent saints et saufs le camp de réfugiés, avant d’immigrer, des années plus tard, aux États-Unis.

Débarqués en Amérique, ils sont pris en charge par Carrie (Reese Witherspoon), une conseillère en emplois avec laquelle ils développent une amitié particulière. Commence alors pour ces quatre frères et sœurs de cœur une odyssée teintée de moments maladroits, loufoques, souvent amusants. Il n’est toutefois pas toujours facile pour ces jeunes adultes à qui la guerre a tout pris de se bâtir une vie dans un pays dont ils ne connaissent au départ rien du tout.

Reese Witherspoon et Ger Duany Crédit photographique: The Good Lie site officiel
Reese Witherspoon et Ger Duany
Crédit photographique: The Good Lie site officiel

La plus grande force du film The Good Lie réside dans l’équilibre entre les scènes tragiques et les passages heureux. Philippe Falardeau illustre la vie des immigrés soudanais avec un réalisme méticuleux, mais ne tresse pas un portrait trop sombre de leur intégration en Amérique. Oui, il est cruel pour Jeremiah, l’un des jeunes Soudanais, de travailler dans un supermarché où il doit jeter régulièrement des paniers de nourriture périmée, alors que le hante le souvenir de ses amis réfugiés qui crèvent de faim. Tout comme il est pénible pour le personnage de Mamere de vivre en sécurité alors qu’il est sans nouvelles de son frère Théo, qui, enfant, a accepté de suivre les rebelles armés pour que les autres aient la vie sauve.

Mais Falardeau est aussi parvenu à insuffler légèreté et autodérision à son récit. On rigole souvent devant la maladresse des quatre amis découvrant la culture américaine, complètement démunis devant un téléphone qui sonne ou fascinés par des boissons gazeuses de chez McDonald’s. Mais le plus poignant reste sans contredit les relations entre les personnages, pleines d’amour, touchantes et authentiques. Au final, on termine le visionnement de The Good Lie émus, bouleversés, portés par une œuvre empreinte d’honnêteté.

Ouverture du FNC
C’est un Philippe Falardeau détendu et sympathique qui est venu s’adresser à l’auditoire, juste avant la projection du film au FNC. «Je ne veux pas vous mettre de pression, mais à Toronto, le film a été très bien reçu», a-t-il lancé à la blague. Le réalisateur de Monsieur Lazhar a confié qu’il souhaitait aborder le thème la guerre au Soudan depuis des années, y ayant séjourné comme caméraman en 1994. Pour l’ouverture du Festival, il était accompagné de Ger Duany, l’interprète de Jeremiah, lui-même ancien enfant-soldat. «Ce film, ce n’est pas seulement mon histoire. C’est celle de milliers de Soudanais», a-t-il lancé à une salle attentive.

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The Good Lie (Le Bon Mensonge dans la version française), de Philippe Falardeau, était présenté le 8 octobre dernier au Théâtre Maisonneuve pour l’ouverture du Festival du Nouveau Cinéma. Le FNC se poursuit jusqu’au 19 octobre.

Article par Catherine Lamothe – Étudiante en journalisme à l’UQAM. Fan de cinéma et de fromage.

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