
Dimanche dernier, la maison de disques Fool’s Gold Records a présenté son second Homecoming, un concert rassemblant de multiples artistes, dans le cadre du festival Mural, à Montréal.
De la basse à en sentir vibrer les tympans, des effluves de marijuana, un ciel nuageux et un vent froid, voilà dans quelle ambiance les spectateurs et spectatrices étaient plongés, le 12 juin dernier, sur la scène principale du boulevard Saint-Laurent. Malgré la météo qui laissait à désirer, dix producteurs, DJs et chanteurs ont été invités à se produire devant «un public de 1 000 à 1 200 personnes», selon le directeur général du festival Mural, Pierre-Alain Benoit. Pour une quinzaine de dollars, de nombreux adolescents et jeunes adultes aux caméras à la main et GoPro sur le front ont assisté, entre 15 h et 23 h, aux prestations musicales et aux chorégraphies exécutées par deux jeunes danseuses.
Deux DJs bien de chez nous
Le Block Party mettait en vedette plusieurs artistes de la grande famille de Fool’s Gold Records. Fondé en 2007 par A-Trak et Nick Catchdubs, ce label indépendant mélange le hip-hop et la musique électronique. C’est à A-Trak que l’on doit le succès de la soirée, étant à l’origine même de l’événement Homecoming. Offrant une combinaison de musique électronique et de hip-hop, le Montréalais a su enivrer le public qui s’est rapidement enflammé, conquis dès les premiers instants. Le soleil tombé, il a réussi à faire danser et chanter la foule, alors nombreuse, que ce soit au sol ou sur le balcon de la section VIP. Aussi connu sous le nom de Trizzy, il fait un clin d’oeil à Kanye West, en remixant la plupart de ses chansons. De son vrai nom Alain Macklovitch, il dévoilait avoir participé à la production de la nouvelle pièce Champions de Yeezy et compagnie.
De son côté, Shash’U, auteur-compositeur-interprète et DJ originaire de notre ville, a retrouvé son public sur un terrain qui lui était familier. Influencé par des artistes comme J Dilla, Madlib et Busta Rhymes, il côtoie et travaille avec plusieurs artistes internationaux issus du monde du hip-hop, de la pop et de l’électro, dont le rappeur français Youssoupha et Kaytranada, son homologue montréalais.
Vent d’air frais
L’énergie de Theophilus London, rappeur américain influencé par Michael Jackson et Prince, a motivé la foule qui était alors sous la pluie et peu entraînée. Son charisme et ses échanges avec les spectateurs et spectatrices ont encouragé ces derniers à faire la fête avec lui. Après une performance de près d’une heure, il a lancé «I f*** with Montreal more than I f*** with Toronto» et s’est adonné à un freestyle devant la foule peu nombreuse, mais déjà divertie.
C’est avec quelques minutes de retard que le producteur de musique hip-hop, Boi-1da est monté sur scène, accompagné de son entourage. Ayant collaboré avec des artistes canadiens comme Kardinal Offishall et Drake, il a connu son premier succès pour avoir produit la chanson Forever de ce dernier. À la surprise de tous, Boi-1da a joué, en primeur, un extrait d’une chanson en collaboration avec le rappeur de 19 ans Desiigner, mieux connu pour son succès Panda. C’est vers 20h que le chanteur de ragga-dancehall, rappeur et producteur canadien d’origine jamaïcaine, Kardinal Offishall, a réchauffé le public. Il était accompagné des Celebrity Marauders, qui lançaient des serviettes dans la foule.
Le début du concert présentait le DJ Montréalais Rue De Bois qui a, plus tard, été rejoint sur scène par Cyber69, jeune DJ et producteur torontois qui a connu un succès instantané après avoir attiré l’attention de Kanye West et Virgil, entre autres. Le style excentrique de ce dernier est imbibé de la culture internet. Cyber69 a produit quelques mixtapes qui combinent hip-hop, trap et rock et fait également partie du collectif artistique See You Never qui s’inspire de l’univers numérique.
Le collectif artistique New Yorkais des Spaghetti Boys s’est ensuite produit sur scène. Kerwin Frost, Ray Martinez et Austin Butts invitèrent les spectateurs et spectatrices, qui n’étaient pas encore nombreux et nombreuses, dans leur monde maladroit et peu connu.
À la fois avec sa plus récente chanson Gwan Big Up Urself aux influences jamaïcaines et Get You Good, le Torontois de 20 ans, Roy Woods, avait le mandat de clore le spectacle. Le concert s’est terminé à 23 h après avoir créé une ambiance beaucoup plus décontractée comparativement à ses compatriotes précédents.
Le festival d’art urbain Mural continuera ses activités sur le Boulevard Saint-Laurent jusqu’au dimanche 19 juin 2016, où sera présenté un concert de fermeture gratuit. A-Trak et certains membres signés à sa maison de disques dont Shash’U, seront en tournée jusqu’au 25 juin 2016.
Article par Myriam Eddahia.