Architectures de l’identité : Amos Gitai, un réalisateur prolifique à découvrir

Le cinéaste israélien Amos Gitai effectue un rare passage à Montréal dans le cadre de la rétrospective Architectures de l’identité,…
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Le cinéaste israélien Amos Gitai effectue un rare passage à Montréal dans le cadre de la rétrospective Architectures de l’identité, présentée jusqu’au 20 octobre à la Cinémathèque québécoise. Le Festival du Nouveau Cinéma nous invite à plonger dans l’oeuvre de ce réalisateur relativement peu connu au Québec, mais très prolifique. Sept de ses films ont notamment compétitionné pour la Palme d’or.

Cette rétrospective s’ouvrait hier avec le premier long-métrage de Gitai, Maison, un documentaire réalisé en 1980. D’abord financé par la télévision israélienne, cette dernière refusa par la suite de le diffuser. Tourné dans le style du cinéma-vérité, le film s’intéresse à la construction d’une maison par un entrepreneur israélien employant des ouvriers palestiniens. Si les conditions de ces travailleurs sont déjà épouvantables (ils se présentent au chantier 14 h par jour), les matériaux qu’ils utilisent doivent de plus être façonnés à partir de ruine d’anciennes résidences palestiniennes. Malgré la censure dans son pays, le film fût malgré tout diffusé au Festival International du Film de Berlin.

La tension entre les communautés juives et arabes est un thème central dans l’oeuvre de Gitai, également présent dans le deuxième film projeté hier soir, Wadi. Ce documentaire intimiste nous rapporte le témoignage d’Israéliens persécutés pendant et après la deuxième guerre mondiale, d’une famille palestinienne réduite à vivre sur un terrain vague et d’un couple formé par les deux nationalités. Même si ce long-métrage est davantage un appel à la résolution du conflit qu’une critique de l’État israélien, il fût tout de même interdit au pays. L’année suivante, Gitai s’exila en France pendant près de dix ans.

Crédit: Valérie Macon

La rétrospective Architectures de l’identité est une occasion unique de découvrir le cinéaste, d’autant plus qu’il assiste aux projections jusqu’au 16 octobre. Disponible pour répondre aux questions des cinéphiles, notons cependant que le français n’est pas la langue avec laquelle Amos Gitai est le plus à l’aise. Même si de ce fait ses réponses sont plutôt brèves, elles parviennent très bien à rendre la pensée critique du réalisateur. Interrogé sur les nombreuses controverses suscitées par ses films, il affirme n’avoir jamais regretté les propos souvent choquants exprimés dans ses œuvres. Au contraire, il reproche à la plupart de ses homologues d’être trop complaisants. D’abord un artiste engagé, cela n’empêche pas Gitai d’expérimenter également au niveau de la forme cinématographique. Si ses documentaires sont plus conventionnels, ses films de fictions se permettent l’usage de procédés plus expérimentaux. D’ici la fin de la rétrospective le 20 octobre prochain, il reste encore six projections à la Cinémathèque québécoise.

L’évènement à ne pas manquer se déroule ce samedi 15 octobre à 17 h, alors qu’Amos Gitai nous offre une « leçon de cinéma ». Bien peu d’informations circulent autour de cette séance, mais on peut imaginer que le cinéaste partagera ses idées autour du septième art.

Article par Francis Dufresne.

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