Légère gravité: Mauve lance son album Coco

Mauves rend visite aux vieux de la vieille dans une optique de rajeunissement avec leur nouvel album, Coco, où le…
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Mauves rend visite aux vieux de la vieille dans une optique de rajeunissement avec leur nouvel album, Coco, où le Québec flirte avec l’avenir.

Crédit photo: Ericka Muzzo
Crédit photo: Ericka Muzzo

Avec ce troisième album, le groupe formé depuis maintenant huit ans choisit la voie des avenues alternatives qui valent le détour : Coco propose un mélange de pop, d’électro-rock, de prog et d’indie aux accents de jazz. Vent de fraîcheur dans un milieu souvent stagnant, Mauves prouve qu’on peut faire du nouveau avec du vieux.

« Si certaines pièces sont Keb, c’est parce que des vieux albums sont à la genèse du groupe, expliquent les membres. Peu après qu’on commence à composer tous ensemble, on découvrait Jaune de Jean-Pierre Ferland et Robert Charlebois avec Louise Forestier de Robert Charlebois. »

Le retour aux sources a certainement bénéficié au groupe composé des frères Cédric et Alexandre Martel, de Charles Blondeau et de Julien Déry. Qui s’inspire de Robert Charlebois ne peut se permettre la langue de bois, et les textes de Coco s’en ressentent par une écriture plus développée que celle des albums précédents, Le Faux du Soir (2013) et Cinéma Plymouth (2011). « Nos textes, comme pour l’enregistrement, sont plus directs et plus décomplexés qu’auparavant. Il n’y a aucune métaphore, comparaison, rime ou autre figure de style forcée sur cet album », raconte le groupe.

Cette décomplexion était également palpable lors du lancement au Mathari Loft,  le 29 septembre dernier. Grand appartement reconverti en studio, le lieu s’est peu à peu rempli des amis et fans de Mauves, bière ou « cococognac » –  le drink de la soirée –  à la main, écrasés dans des fauteuils style vintage.

Crédit photo: Ericka Muzzo
Crédit photo: Ericka Muzzo

Enregistrer en live

Le spectacle a été à l’image du groupe, une sorte de gros jam devant un public enthousiaste. Un show très « humain », comme le voulait Mauves. L’album a d’ailleurs été enregistré en live un peu pour les mêmes raisons; pour que l’ambiance de franc plaisir s’en ressente jusque dans les écouteurs. « Le fait d’enregistrer en même temps laisse place au mouvement, à la nuance et l’erreur.  Ça donne un album plus franc, direct, organique et immédiat. »

Pour bien en apprécier les nuances, il est toutefois impératif d’accorder à Coco une écoute attentive, car si l’album peut, à première vue, sembler plus léger que les précédents, les musiciens mettent en garde quiconque associerait légèreté à simplicité. « Par exemple, les médias et les gens ont souvent perçu les chansons des Beach Boys comme des balades joyeuses simples et légères, alors que ce sont les chansons les plus complexes et sensibles que l’on a entendues, défendent-ils. Ce serait une erreur de nous percevoir comme des artistes légers. Dans Coco, la complexité est voilée. »

Ce troisième album est une belle continuité pour Mauves, qui a certainement gagné à ce que les membres réalisent en parallèle d’autres projets musicaux; Anatole pour Alexandre Martel, Tire le Coyote pour le bassiste Cédric Martel, Notre Père pour Julien Déry et beaucoup d’accompagnements à la batterie pour Charles Blondeau.  L’épanouissement leur va à ravir.

En attendant la tournée de Coco, qui aura lieu à l’hiver 2017,  le quatuor pourra être entendu lors de leur tournée avec Plants & Animals, en novembre. Ils seront également du Coup de Cœur Francophone à la Maison de la culture Maisonneuve, le 11 novembre prochain.

Article par Ericka Muzzo.

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