Long Jeu: lancement d’une nouvelle galette pour KNLO

Coupe-vent et déhanchement nonchalant, KNLO se confond parmi les autres papas présents au parc pour enfants du Marché Maisonneuve. Ne…
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Coupe-vent et déhanchement nonchalant, KNLO se confond parmi les autres papas présents au parc pour enfants du Marché Maisonneuve. Ne vous méprenez pas, c’est ce regard contemplatif de la réalité du membre d’Alaclair Ensemble qui a accouché de vers rythmés sur son nouveau projet solo Long Jeu.

Crédit photo: Louis-Philippe Clavet
Crédit photo: Louis-Philippe Clavet

Fin 2014. Avec l’arrivée de la nouvelle année, les bonnes résolutions. Pour le rappeur de Sainte-Foy, ça rime avec retour à l’écriture sur une base régulière. «À cette époque, le but n’était pas vraiment de faire un album, simplement de reprendre l’habitude d’écrire au quotidien», explique KNLO, le sourire en coin.

Après une pause de près de six ans, outre ces petits projets sporadiques avec le collectif Alaclair Ensemble, son crayon a recommencé à noircir le papier de vers imagés. Ce n’est qu’au début de l’été 2016 que Long Jeu s’est concrétisé. «Je me suis dit qu’il devait bien y avoir un album sous toutes ces pièces que j’avais créées» raconte le rappeur. Beatmaker à ses heures, il a chapeauté la production des rythmes de ses pièces en collaboration avec d’autres virtuoses des tables tournantes comme Vlooper, Kaytranada et Caro Dupont.

Comme il n’a pas de studio d’enregistrement, il a voyagé le long du fleuve entre celui de Vlooper et Eman à Québec, et ceux de K6A et Ogden à Montréal. «Ça se faisait quand l’occasion se présentait. Il n’y a pas eu de semaines intensives de production comme avec Alaclair. On a fait Les Frères Cueilleurs en deux semaines. Celui-ci n’avait pas d’échéancier précis», résume-t-il.

Le squelette de l’album suit presque fidèlement l’ordre dans lequel les pièces ont été enregistrées. L’intro, plus chantée, illustre la vision nébuleuse qu’avait KNLO avant qu’il ne recommence à écrire du rap assidument. Il avait envie de chanter, mais sa vision a tranquillement bifurqué vers quelque chose de plus cru, de plus près de la réalité. Il ne s’invente pas, il fait ce qu’il aime. «J’aime chanter et j’aime rapper, I can’t lie to no one», s’amuse le principal intéressé.

La trame narrative de cet opus tourne autour de ce duel qui oppose la richesse et la pauvreté. Il n’est plus question ici d’un rap lourd de sens qui dégouline d’amertume comme le jeune KNLO faisait il y a un moment déjà. L’avant-goût que donne Justçayinque, seule pièce accessible sur la plateforme internet Bandcamp pour l’instant, rebondit comme un ballon de basket sur le bitume.

L’artiste et ses métaphores ludiques s’inscrivent plus dans le courant subconscious, où les histoires de son environnement se superposent. La paternité aurait-elle quelque chose à voir là-dedans ? «Je surveille peut-être plus ce que je dis (bien qu’il ait toujours gardé une certaine éthique dans ses paroles), mais les enfants m’ont surtout appris à rapper avec une verve plus naïve. J’aime jouer avec les codes du ignorant rap», raconte-t-il. Ce qui différencie ce disque de sa participation au collectif d’Alaclair Ensemble, c’est l’omniprésence du regard sociétaire qu’il pose sur ce qui l’entoure. Une quête de sobriété plus terre à terre, toujours sur des rythmes enlevants.

KNLO ferra sa rentrée montréalaise jeudi le 20 octobre à La Vitrola. Son album sera disponible dès le lendemain.

Article par Catherine Charron.

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