Faites lire le monde jusqu’à ce qu’il vive. La lecture en cadeau à l’UQAM

La lecture en cadeau est une initiative de la Fondation pour l’alphabétisation. Il s’agit d’un programme fondé en 1999 qui…
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La lecture en cadeau est une initiative de la Fondation pour l’alphabétisation. Il s’agit d’un programme fondé en 1999 qui vise à offrir des livres à des enfants défavorisés à travers le Québec. Maude N. Béland est en charge de la campagne à l’UQAM depuis 2014 et y participe comme collaboratrice depuis 2011. Dans une entrevue, Madame Béland, qui travaille au service des communications de l’université, m’indiquait que le projet a d’abord été lancé par Lucie Chartrand, coordonnatrice à la faculté des arts. Le programme aurait par la suite trouvé les moyens de sa pérennité grâce aux efforts conjoints de membres du personnel de l’UQAM. J’ai voulu en savoir plus sur cet intrigant geste de partage. Maude N. Béland m’a instruit.

Moi-même: Quels sont les objectifs que poursuit ce programme? Par quelle diable d’idée voudrait-on offrir un livre à une jeune personne? Ça n’a pas de sens!

Maude N. Béland: La Fondation pour l’alphabétisation se donne pour mission de «soutenir les adultes et les enfants afin d’assurer le développement de leur capacité à lire et à écrire pour participer pleinement à la société». En d’autres termes, elle souhaite mettre un terme au phénomène de l’analphabétisme au Québec.

Malheureusement, selon les données 2013 de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 53% des Québécois de 16 à 65 ans sont analphabètes fonctionnels, c’est-à-dire qu’ils peuvent lire les mots, mais ne maîtrisent pas assez la lecture pour réellement comprendre un court texte. C’est aberrant. La mission de la Fondation a donc toujours sa raison d’être, d’autant plus si nous considérons l’omniprésence du numérique et des informations écrites à notre époque.

Avec la campagne La lecture en cadeau, la Fondation vise à prévenir les difficultés de lecture et d’écriture susceptibles de mener au décrochage scolaire, puis à l’analphabétisme. Comment? En mettant les enfants de 0-12 ans issus de milieux défavorisés en contact avec la lecture. Plus tôt un enfant est mis en contact avec le livre, meilleur sera son rapport à la lecture. La précocité du contact avec le langage écrit est le facteur clé de la réussite scolaire. On invite donc la population de l’UQAM à donner généreusement des livres neufs pour enfant.

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M.M.: «Participer pleinement à la société». En tant que sorciers? Je veux dire: un moment donné, les livres, on y trouve des recettes, des formules, de la magie noire. Des affaires maudites. Les livres, c’est dangereux. Dites-moi, dites-moi: quel genre de livre peut-on donner, je veux dire, pour que ça serve?

Ce doit être un livre de lecture (ex.: bande dessinée, roman, album illustré, imagier, etc.) et non un livre didactique, d’activités ou de jeux. J’invite les participants à donner le livre qui a marqué leur enfance ou qui leur a réellement fait prendre goût à la lecture. En cas de panne d’inspiration, on peut consulter la sélection de livres pour jeunes réalisée par la Communication-Jeunesse.

M.M.: Si je comprends bien, vous ramassez des cadeaux de Noël! Et des cadeaux de Noël qui rendent les jeunes gens un peu malins, c’est ben pour dire.

M.B.: Pas tout à fait! La campagne a bel et bien lieu chaque année, de novembre à décembre, mais les livres recueillis sont remis au cours du mois de mai suivant. Il est donc déconseillé de donner un livre de Noël ou encore de le dédicacer «Joyeux Noël!». L’enfant serait confus…

M.M.: Ah! Alors, vous profitez seulement de l’ambiance de générosité et de l’achalandage inhabituel des librairies à l’occasion de Noël pour sensibiliser les gens à l’importance de l’alphabétisation? Vous êtes de vrais serpents, des diables véritables, vous vous faufilez vers vos bas desseins!

En effet, la Fondation organise sa campagne durant cette période pour profiter de l’achalandage dans les librairies et de la générosité qui caractérise le temps des Fêtes. Je vois ça comme l’injection d’une dose d’humanité dans l’effervescence de ce moment de grande consommation, pas toujours effectuée pour les bons motifs. Cela fait changement des activités publicitaires qui tentent de constamment nous créer de nouveaux besoins, non?

M.M.: Est-ce que tous les types de dons sont acceptés? Par exemple, moi qui aime acheter des livres qui «ont du vécu», c’est-à-dire des vrais livres, des livres qui ne coûtent rien et dont le papier est jauni, est-ce que je peux en faire autant pour votre campagne?

M.B.: En fait, le livre doit être neuf. Pourquoi? Parce que ce sera fort probablement le tout premier livre neuf que l’enfant recevra – si ce n’est pas simplement le tout premier livre qu’il reçoit – et que ce sera ainsi authentiquement le sien.

Les enfants des milieux défavorisés reçoivent bien souvent des effets usagés. L’enfant appréciera d’autant plus le livre, surtout dans un contexte où ce livre aura été choisi spécialement pour lui par un donateur inconnu.

M.M.: Quelle est l’importance de l’UQAM dans la collecte des dons? Habituellement, on fait mieux que tout le monde dans pas mal tout, non?

M.B.: En effet, l’UQAM a une communauté particulièrement généreuse, et cela ne fait pas exception quand vient le temps de transmettre le plaisir de lire. La campagne uqamienne est la plus importante collecte institutionnelle pour cette Fondation, qui nous cite même en exemple sur son site web.

L’an dernier, nous avons amassé 827 livres jeunesse neufs et 588$. Les dons en argent servent à soutenir la logistique du programme. Pour 2015, nous visons les 900 livres!

M.M.: Vous êtes fort ambitieuse!

M.B.: Tout cela ne serait pas possible sans les collaboratrices et les collaborateurs bénévoles, non plus sans les partenaires comme les bibliothèques de l’UQAM, la Faculté des sciences de l’éducation, le SEUQAM et COOP UQAM.

Par ailleurs, si des étudiants-es ou des employés-es souhaitent devenir bénévole, il n’est pas trop tard!

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A.: Et si l’on ne désire pas participer de son temps (chose trop précieuse) à ce beau grand maudit projet, où peut-on participer de son don (ce qui n’est pas trop long)?

M.B.: La campagne se déroulera jusqu’au 11 décembre 2015.
(J’accepte cependant les dons tardifs jusqu’en janvier.)

Liste des points de collecte et des collaborateurs et collaboratrices qui participent au succès de la campagne

Dans les différentes bibliothèques, au:
– A-M100, au A-2100, au N-1000 et au KI-R145: Marieline Gagnon.

Voici encore divers points de collecte:
– A-1655: Louise Dumont;
– A-2300: Claire Bouchard et denis Kearney du SEUQAM;
– A-R824: Maude N. Béland;
– B-1210: Isabelle Baril;
– D-5300: Natalie Bériault;
– DE-2220: Julie Carle;
– DE-2270: Josée Corriveau;
– DS-2356: Michèle Lemay Tardif;
– DS-2539: Jessica Payeras-Robles;
– DS-4951: Hélène Harnois;
– DS-5140: Hien-Minh Tsang;
– J-M205: COOP UQAM;
– J-1784: Claude Labrecque;
– J-2605: Valérie Pelletier;
– J-4075: Elizabeth Reid;
– J-4085: Lucie Chartrand;
– PK-5225: Michel Adès;
– N-2230: Hélène Bédard et la Faculté des sciences de l’éducation.

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Vous pouvez participer à La lecture en cadeau jusqu’au 11 décembre. Ne pas y participer serait une faute morale.

Article par Jean-Philippe Chabot.

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