Aïda : Splendeur de l’Égypte ancienne à l’Opéra de Montréal

L’opéra de Montréal lance avec succès sa 37e saison avec l’incontournable chef-d’œuvre lyrique, Aïda, du compositeur italien Giuseppe Verdi (1813-1901)…
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Crédit photo: Yves Renaud
Crédit photo: Yves Renaud

L’opéra de Montréal lance avec succès sa 37e saison avec l’incontournable chef-d’œuvre lyrique, Aïda, du compositeur italien Giuseppe Verdi (1813-1901) présenté du 17 au 24 septembre 2016.

L’action prend place en Égypte où Aïda, une princesse éthiopienne réduite à l’esclavage, est au service d’Amnéris, la fille du roi d’Égypte. Le chef de l’armée égyptienne, Radamès, éprouve un amour inconditionnel pour Aïda que celle-ci partage également. Toutefois, Amnéris lui est promise en mariage à l’issue de la victoire des troupes égyptiennes ce qui suscite jalousie, vengeance et déchéance.

Les interprètes ont su captiver les spectateurs par leur interprétation vocale. Nous aurions aimé que leur jeu théâtral ait la même finesse. La soprano russe, Anna Markarova, ayant le rôle-titre d’Aïda, ne laisse pas transparaître dans son interprétation scénique tout le désespoir que son personnage éprouve. De même, nous aurions souhaité que la russe Olesya Petrova, mezzo/contralto, communique davantage l’impulsivité et la furie violente qui habite son personnage Amnéris. Le premier rôle masculin Radamès, interprété par le ténor bulgare, Kamen Chanev, demeure souvent hiératique – à l’instar des décors – et prend quelques positions maladroites. Comme c’est le cas lorsqu’il se positionne dos au public en se plaçant directement devant Aïda lorsqu’elle chante. Devons-nous y voir un mauvais choix de mise en scène? En revanche, la voix du ténor était dotée d’une grande ampleur et portée.

L’écriture de Verdi oppose les parties de chœurs et les parties de solistes qui expriment des sentiments contraires. La mise en scène de cette production rend bien cet aspect de l’œuvre. Par exemple, dans l’acte 2, pendant qu’Aïda et Radamès expriment leur désespoir, le peuple chante Gloria all’Egito, signifiant «gloire à l’Égypte». Ce n’est que dans l’acte 4 que les chœurs semblent enfin être en synchronisme parfait avec ce qu’expriment les personnages principaux, se faisant l’écho de leur parole. Après qu’Amnéris ait condamné Radamès, le chœur répète traditor ce qui signifie «traitre» et l’orchestration par la présence accrue des cuivres et de la grosse caisse, accentue la gravité des évènements qui restent à venir.

Les décors, bien qu’ils datent des années 1990, illustrent, par leur symétrie, la monumentalité de l’Égypte des pharaons telle qu’on se l’imagine. Quelques pauses d’une minute facilitent le changement de scénographie. L’effet est très réussi particulièrement dans la scène spectaculaire de la prière au dieu Phtah. Ces décors grandioses sont habités par les solistes, dont Myriam Leblanc, qui fait ses débuts à l’Opéra de Montréal et qui nous offre une interprétation charmante de la Grande Prêtresse, ainsi que les danseurs et choristes qui munis de flambeaux allument des feux sur la scène.

La chorégraphe, Noëlle-Émilie Desbiens, et les douze danseurs ont su ajouter un dynamisme à la mise en scène en tableau, parfois trop statique, malgré un léger manque de synchronisme de la part des danseurs. La conception de ces chorégraphies était d’une grande élégance et soulignait avec justesse les accentuations rythmiques de la partition musicale par des jeux de percussions corporelles.

L’opéra d’une durée d’environ 3 heures comporte tout de même quelques longueurs qui pourraient lasser un public non initié, il n’en demeure pas moins qu’Aïda est un chef-d’œuvre apprécié de tous et l’Opéra de Montréal rend justice à cette œuvre par cette interprétation classique.

Aïda, présenté par l’Opéra de Montréal en italien avec sous-titres en français et en anglais, du 17 au 24 septembre à la salle Wilfrid-Pelletier.

Article par Émilie Versailles.

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