Sans feu ni trompette. Le Dragon d’or de Roland Schimmelpfennig

Le Dragon d’or, ou La cigale et la fourmi des temps modernes. Un compte de Disney pour adulte, cru, direct,…
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Le Dragon d’or, ou La cigale et la fourmi des temps modernes. Un compte de Disney pour adulte, cru, direct, mais surtout sans magie. Que des histoires ordinaires avec gens banals qui, pour une autre vie, sont prêts à s’adonner au commerce sexuel ou à être des immigrants illégaux. La pièce du dramaturge allemand Roland Schimmelpfennig est présentée au Théâtre Prospero jusqu’au 26 avril.

Quelques décorations vaguement asiatiques ornent la salle principale déstructurée. Au centre de celle-ci se croiseront les chemins des histoires racontées par les comédiens. Les femmes jouent des hommes, les plus jeunes, des plus âgés, et vice versa. On semble vouloir nous indiquer que l’emballage ne fait pas l’histoire. Ce qui importe, c’est de voir jusqu’où l’humain est capable d’aller pour espérer mieux, pour devenir quelque chose de plus grand. Au centre de cette série d’histoires, un restaurant asiatique: Le Dragon d’or. Un restaurant servant un menu à numéros comme toutes les autres bicoques du genre. Un lieu qui ne paie pas de mine, mais où l’on finit par atterrir parce qu’il est au coin de la rue.

Crédits photographiques: Marc-André Goulet
Crédits photographiques: Marc-André Goulet

Il est difficile de comprendre si l’histoire nous est racontée ou jouée, si elle est vraie ou fausse. Les formes narratives s’entremêlent, passant du narrateur externe au « je », pour finir à l’interprétation. Les comédiens voguent tant bien que mal dans ce flot irrégulier, laissant le résultat en surface. Les histoires s’entrechoquent dans une mécanique qui en rend la réception ardue. Cette pièce écrite en genre de tableaux a ce qu’il faut pour assurer un bon rythme, mais la mise en scène de Mireille Camier ne parvient pas à mettre en valeur cet aspect. Un tableau de la pièce vaut toutefois le détour. Entre deux vols, deux agentes de bord prennent un repas chez l’Asiatique. Cette scène démontre la futilité de nos conversations de façon rafraichissante.

Déconstruire le décor est un concept plutôt intéressant du théâtre contemporain. Mais cette fois, le plateau est quelque peu déséquilibré et n’offre pas le support nécessaire à la mise en scène. Comme si, au lieu de faire des choix esthétiques, on aurait voulu tout mettre dans le même panier. Le quatrième mur est franchi, parfois. Une histoire nous est, certes, racontée, mais elle reste hermétique, elle n’atteint pas le spectateur. Soulignons au moins l’originalité de la projection d’une ville comme toile de fond, conçue à partir de divers matériaux et relevant du théâtre d’objet.

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Le Dragon d’or est présenté à la salle principale du Théâtre Prosepro jusqu’au 26 avril. Avec François-Olivier Aubut, Jean Antoine Charest, Carmen Ferlan, Amélie Langlais et Luc Morissette, dans une mise en scène de Mireille Carmier.

Article par Marie-Michelle Borduas. Animatrice et chroniqueuse radio, amoureuse de théâtre et consommatrice avertie de musique! Je partage mon temps entre tous les théâtres et les salles de spectacles montréalais. 1001 projets parce que la tête bouillonne. Oh et j’ai aussi ce petit papier qui indique: bachelière en journalisme.

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