Le chant des sirènes. Sylvain Émard, entre bourrasques et douceurs marines

C’est après 15 ans d’absence sur scène que Sylvain Émard revient avec un solo et un défi : redécouvrir son corps…
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Crédit photographique : Le Petit Russe

C’est après 15 ans d’absence sur scène que Sylvain Émard revient avec un solo et un défi : redécouvrir son corps et son âme de danseur.

En 1990, Sylvain Émard créait sa compagnie au sein de laquelle, encore aujourd’hui, il voyage et s’inspire de la puissance du corps pour traiter de la nature humaine. Avec un répertoire de plus d’une trentaine d’œuvres, c’est bien au-delà du Québec qu’Émard se fait connaitre, tant pour l’inventivité de ses créations que pour son raffinement gestuel. Récipiendaire de plusieurs récompenses, dont le prestigieux prix Jean A. Chalmers en 1996, il a été nommé par La Presse/Radio-Canada Personnalité de la semaine en 2011 pour la pièce Le Grand ContinentalMD, gigantesque danse en ligne qui a fait bouger plus de 2 000 danseurs et a attiré 85 000 spectateurs en 2009. Ce projet fou revient d’ailleurs à Montréal pour le 375e!

Après 15 ans de créations chorégraphiques sur d’autres corps que le sien, Sylvain Émard appréhende aujourd’hui son propre corps chargé par les années comme un territoire d’expérimentation captivant. Avec son solo Le chant des sirènes, le danseur se présente au public et vit une heure de lutte, entre la douceur de la mer et sa fureur. Les éclairages d’André Rioux ainsi que la musique de Martin Tétreault sont sujets à des changements abrupts et font entrer le spectateur dans différents univers, différentes ambiances.

Torturé ou envouté, voilà ce qui ressort du corps de l’interprète. On peut alors y voir un danseur maître de son outil de création, avec lequel il joue sur les contrastes et la variété de mouvements. Le chorégraphe crée tout un monde aux saveurs aquatiques, où sa présence est primordiale. Le public suit alors les nombreuses péripéties que vit le créateur-interprète et s’attache à chacune d’elles, sans vraiment savoir d’où elles émergent ni où elles mènent. On y découvre un personnage attachant avec une fragilité naïve qui fait sourire, une tendresse et un regard plein de chaleur.

Emporté par la vivacité de la marée, il devient parfois brutal et dominant sur les divers éléments. En pleine possession de son corps, Sylvain Émard dépeint sa propre histoire, en se servant savamment de la lumière qui passe de la chaleur du rouge à la fraicheur du bleu, de la musique, stridente et envoutante et de son décor qui lui permet de multiplier les effets visuels et les possibilités de mouvements. Une bonne façon de retrouver le célèbre chorégraphe et de contempler son retour sur scène.

Sylvain Émard présentait Le chant des sirènes à l’Agora de la danse du 5 au 8 avril 2017.

Article par Léa Villalba.

Artichaut magazine

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