La rencontre improbable du chevalier et du panda. Châteaux/Exacto au studio Jean-Valcourt du Conservatoire d’art dramatique de Montréal

Deux histoires, deux univers, un canevas. Châteaux/Exacto aborde l’amitié masculine. Une amitié qui, dans les deux histoires constituant la pièce,…
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Deux histoires, deux univers, un canevas. Châteaux/Exacto aborde l’amitié masculine. Une amitié qui, dans les deux histoires constituant la pièce, s’effrite pour finalement plus ou moins se replacer en une finale moralisatrice. Ajoutez-y quelques rires et vous avez le portrait de la soirée de jeudi dernier au studio Jean-Valcourt du Conservatoire d’art dramatique de Montréal.

«À travers la violence humaine, qui reste son thème de prédilection, Le Papier Sec vous imagine des conflits délurés, des échanges coup-de-poing et des cris du coeur acidulés.» Voilà la ligne esthétique de la jeune compagnie. Va pour les conflits délurés, mais les échanges coup-de-poing ont un peu la main molle. Quant aux cris du coeur acidulés, la catharsis n’y est pas.

Crédit photo: Renaud Robert
Crédit photo: Renaud Robert

Châteaux met en scène deux amis de longue date, Éric et François, qui ont une jeune compagnie de construction. Élaborée sur les délires médiévaux de François, la compagnie propose de transformer les maisons en châteaux. Un jour, une tuile ou plutôt, un pont-levis, leur tombe sur la tête et ébranle leur amitié. Malgré le caractère gros et prévisible du personnage, Alex Martel (Éric) réussit avec un jeu parfaitement juste à transcender la pièce. La mise en scène, bien qu’un peu mécanique, donne du rythme à la pièce là où le texte n’y arrive pas.

Dans Exacto, Mathieu, Vincent et Nicolas, travailleurs de nuit dans un zoo, vivent une soirée des plus improbables. Des problèmes d’argent mènent Vincent et Nicolas à jouer les braconniers. Évidemment, le plan échoue maladroitement et le chaos s’installe peu à peu dans la salle des employés. D’entrée de jeu, la pièce en promet beaucoup. Une mise en scène aussi dynamique que symétrique présente chacun des personnages: le petit nerveux, le taciturne et l’imbu, de façon rafraichissante. Malheureusement, le rythme s’estompe peu à peu pour laisser place à des moments de supposé malaise qui ne sont pas au rendez-vous. Ici encore, malgré des personnages trop caricaturaux, un jeune comédien s’en tire plus que bien; Sébastien Tessier a la dégaine qui décroche les sourires. La perplexité atteint son apogée en finale. Et si un chevalier et un panda se rencontraient?

Le Théâtre du Papier Sec. Crédit photo: Simon Boissonneaux
Le Théâtre du Papier Sec. Crédit photo: Simon Boissonneaux

Tous les éléments y sont presque. Par moment l’envie nous prend de trouver cette soirée réussie, mais lorsque ça y est, le rythme tombe ou la caricature nous rattrape. Les textes, grande faiblesse de cette soirée, ne permettent pas la rencontre. Des scénarios bâtis comme des sketchs d’improvisation, ponctués de gags qui traînent en longueur, laisseront le spectateur sur sa faim. En somme, un point de départ, de l’enrobage, un élément déclencheur suivi de péripéties et une fin qui arrive avec ses gros sabots. Bien sûr, certaines répliques ont du punch, mais elles sont comme une aiguille dans une botte de foin.

En faisant fi des lacunes, la soirée dans son ensemble propose un doublé honnête, mais fort est à parier que le théâtre du Papier Sec prendra du galon avec le temps et aura plus d’une occasion de faire valoir son art.

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Châteaux/Exacto est présenté au Studio Jean-Valcourt du Conservatoire d’art dramatique de Montréal jusqu’au 22 février. Chateaux est un texte et une mise en scène de Benjamin Déziel, avec Maxime René De Cortet et Alex Martel. Exacto est un texte et une mise en scène de Sébastien Tessier, avec Benjamin Déziel, David Strasbourg et Sébastien Tessier.

Article par Marie-Michelle Borduas. Animatrice et chroniqueuse radio, amoureuse de théâtre et consommatrice avertie de musique! Je partage mon temps entre tous les théâtres et les salles de spectacles montréalais. 1001 projets parce que la tête bouillonne. Oh et j’ai aussi ce petit papier qui indique: bachelière en journalisme.

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