Concours Musical International de Montréal : Le violon à l’honneur

Le Concours Musical International de Montréal (CMIM), une initiative des Jeunesses Musicales du Canada, récompense les jeunes chanteurs, violonistes et…
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Le Concours Musical International de Montréal (CMIM), une initiative des Jeunesses Musicales du Canada, récompense les jeunes chanteurs, violonistes et pianistes qui se distinguent par la maîtrise de leur art. Le CMIM comporte donc trois disciplines – chant, violon, piano – qui se succède en alternance sur un cycle de trois ans. Cette année, le violon était à l’honneur pour la 12e édition du Concours. 

cmim_2013

L’édition 2013 du Concours s’adresse aux violonistes, âgés de 29 ans ou moins, qui se destinent à une carrière professionnelle. L’événement, précédé d’une étape préliminaire, soit d’un enregistrement sonore, comprend trois épreuves : quart de finale, demi-finale et finale. Plus de 80 enregistrements ont été analysés par trois comités de sélection. 24 candidats ont finalement pris par au CMIM. Un jury international procède alors à l’audition des candidats retenus pour l’épreuve quart de finale et choisit ceux qui seront retenus pour l’épreuve demi-finale. Accompagnés par Louise-Andrée Baril, Philippe Chiu, Francis Perron et Suzanne Blondin au piano, les violonistes ont interprété leur répertoire à la Salle de concert Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal.


Oeuvre canadienne obligatoire

Commandée par le Concours Musical International de Montréal, Rhapsodie pour violon et piano du compositeur québécois Jean Lesage, était au programme de l’épreuve quart de finale. Celui-ci a fait ses études de composition au Conservatoire de Montréal auprès de Gilles Tremblay, Clermont Pépin, Micheline Coulombe Saint-Marcoux et Yves Daoust. Depuis 1999, il enseigne la composition et l’orchestration à l’École de musique Schulich de l’Université McGill. Très actif sur la scène musicale montréalaise, il a composé une cinquantaine d’oeuvres à ce jour, en plus d’être conseiller à l’Association pour la création et la recherche électroacoustique du Québec, responsable de la programmation à la Société des concerts alternatifs du Québec. Il est également membre du comité artistique de la Société de musique contemporaine du Québec.  Rhapsodie pour violon et piano, d’une durée de cinq minutes, se déployait en plusieurs épisodes contrastés. Le compositeur décrit son oeuvre comme étant «un tissu de matériaux mélodiques et rythmiques qui adoptent un caractère proche de certaines musiques de tradition populaire habituellement associées à la rhapsodie.» À la volonté de Monsieur Lesage, le morceau permettait à chaque candidat de démontrer sa compréhension personnelle des différentes facettes de l’instrument. Certaines sections se concentrent davantage sur la maîtrise de la sonorité, de l’expression, des couleurs, tout en offrant des défis techniques, notamment pour le contrôle de l’archet, l’intonation ou encore la précision rythmique. L’américain Luke Hsu s’est vu remettre le prix de la meilleure interprétation de l’oeuvre canadienne obligatoire, accompagné d’une bourse de 5000 $.

Accompagnés par l’Orchestre Symphonique de Montréal, six violonistes ont été choisis pour participer à la finale à la Maison Symphonique. L’illustre Maxim Vengerov dirigeait l’OSM. Ayant débuté sa carrière de violoniste à l’âge de 5 ans,Vengerov enregistra son premier disque à l’âge de 10 ans. Il remporte peu après de nombreux concours d’envergure internationale. Les concours sont donc pour lui un élément essentiel de l’apprentissage des musiciens. En 2007, une blessure l’oblige à abandonner son instrument au profit d’une baguette de chef d’orchestre. En 2012, le virtuose d’antan revient sur scène avec son Stradivarius de 1727. Un honneur ainsi qu’une certaine pression était palpable pour les violonistes finalistes de jouer en présence de cet artiste exceptionnel qui représente une véritable légende vivante.

C’est un pur hasard que la finale comportait quatre fois le Concerto de Tchaïkovsky ainsi que deux fois le Concerto de Brahms. Simple hasard également que ces deux concertos sont de la même tonalité : ré majeur. Pour l’éventualité d’un accès à la finale, sept concurrents avaient choisi le Tchaïkovsky, trois le Brahms, six le Sibelius, tandis que Dvorak, Bartok, Glazounov, Beethoven et Wieniawski avaient chacun trouvé un preneur. Huit juges – dont le Montréalais Vladimir Landsman – ont eu la lourde tâche de déclarer les trois gagnants.

zeyu-victor-li-webZeyu Victor Li,  candidat chinois de 16 ans, interpréta le concerto de Tchaïkovsky avec vigueur, technique et audace. Il remporte la troisième place et se mérite une bourse de 10 000 $. Diplômé de la Curtis Institute of Music, il a également étudié au Conservatoire de musique de Shanghai ainsi qu’à la prestigieuse Juilliard School of Music de New York. Le plus jeune des finalistes a démontré, pour son âge, une personnalité musicale intéressante s’appropriant le Concerto avec imagination.

stephen-waarts-webLe deuxième prix, de 15 000 $ a été attribué à l’américain Stephen Waarts, que plusieurs prévoyait grand vainqueur. Il s’est d’ailleurs vu remettre le prix du public Radio-Canada. À 14 ans, ce jeune prodige était déjà diplômé du secondaire et est accepté au baccalauréat à la Curtis Institue of Music. En 2011 il remporta le troisième prix de la compétition International de Violon Pablo Sarasate. Pour la finale, Waarts avait choisit le Concerto de Brahms qu’il interpréta avec une assurance remarquable, une justesse quasi parfaite et surtout, une musicalité d’une grande maturité.

marc-bouchkov-webEnfin, le belge Marc Bouchkov, 22 ans, a raflé les grand honneurs. Un verdict qui a d’ailleurs fait jaser auprès de la communauté musicale montréalaise en raison de sérieuses lacunes au niveau de l’intonation. Le critique Christophe Huss affirmait d’ailleurs dans un texte publié dans Le Devoir que « Bouchkov est un bon musicien, dont les doigts ne traduisent les idées qu’à 80 %. C’est insuffisant dans le métier de grand soliste.» Qu’importe, sa traduction du texte musicale du Tchaïkovsky était empreinte de noblesse, de sensibilité et de fougue. Une bourse de 30 000 $ ainsi qu’un archet d’une valeur de 3700 $ confectionné par l’Atelier Sandrine RAFFIN lui ont été remis. Il a également remporté le prix Wilder & Davis pour le meilleur récital de demi-finale. Il est à considérer que le jury ont entendu les finalistes lors de deux autres étapes précédentes et qu’ils se font sans contredis une opinion globale.

 Si vous n’avez pu suivre le Concours, les épreuves demi-finales et finales sont disponibles en écoute intégrale pendant un an sur le site espace.mu/cmim.

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L’édition 2014 du Concours Musical International de Montréal sera dédiée au piano suivie du chant en 2015. 

Article par Michèle-Andrée Lanoue.

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