
Le clash aurait difficilement pu être plus évident: d’un côté, on retrouvait le pop rock organique de Félix Dyotte. De l’autre, le disco ultra sucré de Le Couleur. Lors de cette nouvelle soirée de Révèle la relève, présentée le 24 février dernier, les quelques amateurs de musique installés dans la salle de la Maison de la Culture de Maisonneuve ont semblé un peu confus de l’enchaînement de la soirée. Pour les musiciens toutefois, le combo allait de soit, comme en ont témoigné les quelques incursions de Dyotte sur scène pendant le spectacle de la deuxième partie.
Il faut surtout donner crédit à Le Couleur, qui a su animer une soirée qui avait commencé de façon tranquille. Armé de ses synthétiseurs, d’un batteur et d’un percussionniste plus qu’enthousiaste, le groupe a été en mesure de faire lever la foule. Littéralement. Bien campé dans sa chaise, le public a volontiers répondu à l’appel de la chanteuse Laurence Giroux-Do de danser avec elle. D’abord timidement retiré sur les côtés et au fond de la salle, celui-ci a pris son aise à mesure que le spectacle avançait, se rassemblant aux devants de la scène pour les dernières pièces. Il y a fort à parier que l’intimité de la salle y était pour quelque chose : il sera intéressant de voir comment le groupe se débrouillera sur les planches du prestigieux festival Osheaga cet été.

Enchaînant avec énergie les pièces de son dernier album P.O.P., paru en octobre dernier, et celles de ses EP précédents, Le Couleur a offert une prestation soutenue sans temps mort. Ironiquement vêtus d’un t-shirt blanc et d’un pantalon noir, les membres du groupe ont plutôt laissé leur couleur transparaître dans chaque hochement de tête, dans chaque déhanchement. Sur scène, Laurence Giroux-Do commande l’attention avec un charisme indéniable et une folie bien dosée.
«C’est quand même mieux un chanteur qui fait des blagues qu’un humoriste qui chante des chansons!» Si Félix Dyotte n’a pas réussi à faire cambrer les hanches comme Le Couleur, il aura tout de même su en faire sourire plus d’un lors de ses nombreuses interactions avec le public lors de sa première partie. Ses blagues et commentaires ont en effet résonné fort dans la salle. Il faut dire que le volume de son micro était particulièrement élevé durant sa performance, surtout par rapport aux autres instruments. Accompagnés d’un batteur, d’un bassiste et d’une claviériste, les morceaux du chanteur se démarquent surtout lorsqu’il permet à ses musiciens de s’amuser sur scène avec lui. Mention spéciale à Francis Mineau, méconnaissable avec sa barbe le faisant davantage plus ressembler à Brent Burns qu’au batteur de l’époque de Malajube qu’on connaît.

Dans un rare spectacle par les temps qui courent, Félix Dyotte en a profité pour intégrer quelques nouvelles chansons à son spectacle. C’est que le chanteur travaille présentement sur un nouvel opus, pour lequel les pistes de batterie ont été enregistrées chez… le batteur de Le Couleur, Steeven Chouinard. Comme quoi les deux artistes du plateau double ont plus en commun qu’on aurait pu le croire.
La prochaine édition de Révèle la relève, série présentée par les Francouvertes, aura lieu le vendredi 17 mars et mettra en vedette Antoine Corriveau et Francis Faubert en formule «super band».
Article par Estelle Grignon.