La relève audacieuse. Pandaléon se révèle

Les Francouvertes, qui fêtent cette année leur 20e anniversaire, coproduisent chaque édition depuis 2006 la série de spectacles Révèle la…
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Les Francouvertes, qui fêtent cette année leur 20e anniversaire, coproduisent chaque édition depuis 2006 la série de spectacles Révèle la relève. Comme son nom l’indique, sa programmation met de l’avant la relève de la musique francophone. Pour la dernière soirée de la série, le 15 avril prochain, ce sont Rosie Valland et le groupe Pandaléon qui prendront d’assaut la scène de la maison de la culture Maisonneuve, associée aux Francouvertes pour l’évènement. L’Artichaut s’est entretenu avec Frédéric Levac, chanteur et claviériste de Pandaléon, à l’aube de leur performance de vendredi.

PhotoLac_Pandale¦üon_Crédit Webres

Le trio que forme le groupe indie rock Pandaléon se compose des frères Frédéric et Jean-Philippe Levac et de Marc-André Labelle. Tous trois originaires de Saint-Bernardin, un petit patelin de l’Ontario, les musiciens, âgés entre 23 et 25 ans, ont déjà sorti au début de cette année leur deuxième album, Atone, enregistré en totalité dans leur ancienne école primaire. Bien qu’ils aient été parfois comparés à Radiohead entre autres, c’est dans un style singulier bien à eux que les trois gars se taillent une place de choix sur les scènes musicales québécoise et ontarienne, entre lesquelles ils voyagent régulièrement. Leur musique est atmosphérique, franche, élaborée et captivante. Leur style, que Frédéric Levac décrit comme « post-rock alternatif », s’étend à bien plus que cela encore.

Artichaut Magazine: Le public vous a connu d’abord au festival Ontario Pop en 2011, au festival de Granby et aux Francouvertes en 2012. Cette année, vous nous présentez votre premier LP. De quelle façon le band a-t-il évolué depuis vos débuts?

Frédéric Levac: Tous les jeunes bands, artistes, chanteurs, qui commencent au Québec et au Canada finissent par faire des festivals, comme Ontario Pop ou les Francouvertes. C’est un genre de parcours qu’on finit tous par faire. Et ça a bien été, ça nous a aidés à avancer avec le band. Les changements en quatre ans, ça a été énorme. Moi j’ai 23 ans. J’ai commencé le band j’en avais 18. Dans ce temps la de ta vie, tu grandis beaucoup, tu apprends beaucoup. Chacun de notre côté, autant personnellement que musicalement on a tous beaucoup évolué. Ça a fait en sorte que musicalement on s’est enligné dans un son qui nous ressemble plus. Plus t’avances, plus ça va, plus tu peaufines ton son, plus tu te fais confiance. L’évolution a été énorme depuis 2010. Je pense que c’est juste normal. Tu vis des trucs, tu apprends beaucoup de choses, pis ça se ressent dans les chansons.

A.M.: Cette évolution, concrètement, elle s’observe comment? Si on devait comparer votre premier opus à votre plus récent album, par exemple.

F.L.: Le nouveau est beaucoup plus assumé, dans le sens où il y a plus de stock, mais en même temps il est plus épuré. C’est un peu comme si tout ce qui n’avait pas de raison d’être dans les chansons ne s’est pas retrouvé dans les chansons. Tandis que l’album précédant, ça faisait déjà un bout qu’on avait écrit ces tounes-là et il ne nous restait plus qu’à tout mettre sur un disque. Pas pour s’en débarrasser, mais pas loin. C’était très simple comme approche. Pour le nouvel album, on s’est vraiment plus creusé la tête, on a fait vraiment beaucoup plus de recherche. Cet album-là te parle aussi de choses plus personnelles, de sujets directs à nous-mêmes, donc on entend plus ma «voix». On l’entend moins en volume, mais on l’entend plus en caractère. Je pense que ça nous ressemble beaucoup plus que l’album précédent.

A.M.: Écrivez-vous vos chansons à trois?

F.L.: Généralement, ça fonctionne à trois, autant la musique que les textes. Cet album-ci, les textes sont venus un peu plus de moi, mais le gros du travail est fait à trois. Si j’apporte un texte, les gars vont dire leur opinion dessus. C’est un gros travail d’équipe en général. Moi je suis chanteur, mais en réalité, on est tous impliqués également. Tu vas venir voir le band en spectacle et tu vas autant regarder le drummer que tu vas regarder Marc-André à la guitare, que moi. Je suis frontman par défaut, mais je ne joue pas nécessairement le rôle du frontman. On est très égaux dans tout ça, les trois.

A.M.: À quoi ressemble votre démarche d’écriture, de composition? Qu’est-ce qui vous inspire?

F.L.: C’est un album qui parle beaucoup de l’enfance, du passé et des trucs qu’on a vécus quand on était plus jeunes. Ça parle plein de choses qui font qu’on est qui on est aujourd’hui. C’est un album qui se passe tout le long dans le passé, jusqu’à la dernière toune qui revient au présent. C’est plein de vieilles histoires, c’est des chansons qui sont écrites depuis longtemps, mais j’avais pas nécessairement trouvé le bon angle ou la bonne façon d’aborder la chanson.

A.M.: D’où est venue l’idée d’enregistrer votre album Atone dans votre ancienne école primaire?

F.L.: Ça fait longtemps qu’on avait cette idée-là, moi et Jean-Philippe, qui est mon frère, le drummer. C’est une école qui est abandonnée depuis une quinzaine d’années. On avait eu l’idée de faire ça il y a un petit bout, mais on n’avait pas encore trouvé nécessairement le projet pour le faire. Je pense que là, étant donné qu’on avait plein de nouvelles chansons qui parlent du passé, de l’enfance et de choses qu’on a vécus, ça collait vraiment bien au concept de l’enregistrer dans notre ancienne école. Une fois qu’on a compris que tout ça avait un sens, on est allé de l’avant et on a fait les démarches pour arriver à louer cette école-là et tout a bien été. On a vraiment juste envie de toujours arriver avec quelque chose de nouveau. On a envie de se réinventer, de toujours nous renouveler et c’est ça qui nous donne de la drive avec Pandaléon. C’est de créer quelque chose de nouveau à chaque fois et non juste de composer des tounes, les enregistrer et les sortir à chaque deux ans. À un moment donné c’est un pattern qui est un peu plate et ça ne nous intéresse pas du tout.

A.M.: Ça ressemble à quoi le futur pour Pandaléon?

F.L.: On fait beaucoup de spectacles cet été, beaucoup de festivals. On va se promener au Canada. Et probablement aller jouer en Europe à l’hiver. On a un nouveau spectacle, un nouvel album, donc on a envie de partir sur la route et de se laisser aller. À part de ça, pour des plans un peu plus loin dans le futur, je te dirais que j’ai aucune idée, honnêtement, de ce qui va arriver après les concerts. Mais il va arriver quelque chose, c’est sûr, et ça va être quelque chose d’éclaté et de nouveau, parce que c’est ça le but, justement, de trouver des idées intéressantes et de se réinventer.


Le dernier spectacle de Révèle la relève se tiendra à la maison de la culture Maisonneuve le 15 avril, à 20h30.

Article par Marissa Groguhe.

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