Les Francouvertes, qui fêtent cette année leur 20e anniversaire, coproduisent chaque édition depuis 2006 la série de spectacles Révèle la relève. Comme son nom l’indique, sa programmation met de l’avant la relève de la musique francophone. Pour la dernière soirée de la série, le 15 avril prochain, ce sont Rosie Valland et le groupe Pandaléon qui prendront d’assaut la scène de la maison de la culture Maisonneuve, associée aux Francouvertes pour l’évènement. L’Artichaut s’est entretenu avec Rosie Valland à l’aube de sa performance de vendredi.

Originaire de Granby, Rosie Valland s’est relocalisée à Montréal depuis maintenant cinq ans. L’auteure-compositrice-interprète décrit sa musique comme de la pop alternative, sans frontières, qui, bien qu’elle chante en français, se veut aussi une musique sans langue. Les textes de ses compositions sont poignants, sincères et habiles, mais pour la jeune femme, l’important est que la musique soit mise de l’avant.
Artichaut magazine: Ton premier album, Partir Avant, est sorti en septembre 2015 et tu nous reviens déjà cette année avec Nord-Est. Entre ton précédent opus et ce nouvel EP, quels ont été les changements dans ta démarche de création?
Rosie Valland: J’ai vraiment travaillé la voix. Partir Avant est un album émotionnel. Je sortais d’une rupture et c’est vraiment un album qui m’a aidé à passer au travers. Tandis qu’avec Nord-Est, j’avais envie de revenir à chanter, à quelque chose d’un peu plus léger. C’est pas plus joyeux, mais il y a quelque chose qui n’était pas là avec le premier album. La démarche pour Nord-Est a été de me faire plaisir en faisant de la musique, je ne me mettais pas de pression. J’avais juste le plaisir de partir en studio avec mes amis. C’était comme un cadeau que je me donnais à moi-même.
A.M.: Tu dis que pour Partir Avant, ce sont les émotions de ta peine d’amour que tu as retranscrites dans l’album. Pour Nord-Est, concrètement, qu’est-ce qui t’a inspiré?
R.V.: Il n’y a pas vraiment eu de ligne directrice pour Nord-Est. Ça a été des textes que j’ai revus et retravaillé. Partir Avant c’était juste des tounes qui sortaient spontanément, tandis que Nord-Est, j’ai du travailler les paroles. Il y a plein de thèmes, c’est vraiment plein de chansons qui parlent de différentes choses. C’est ce qui fait du bien, ça apporte une autre couleur au spectacle et aussi dans ma vie.
A.M.: Est-ce que tu dirais que ça a été plus facile pour toi d’écrire suite à cette peine d’amour comparativement à l’état d’esprit plus positif dans lequel tu te trouves maintenant?
R.V.: C’était pas plus facile, mais c’était différent. C’était juste une suite logique, une évolution de ma personne. Je pense que Nord-Est aide à appuyer Partir Avant. Il aide à tendre l’oreille à cet autre album qui est un peu plus sombre. En spectacle par exemple, Nord-Est aide à ce que le spectacle soit plus lumineux.
A.M.: En général, ta démarche d’écriture et de composition ressemble à quoi?
R.V.: Souvent, j’ai plein de mots qui traînent dans mes emails, un peu partout. La composition se fait toute seule, chez nous. J’habite seule, j’ai pas de coloc. Je travaille tout le temps sur des trucs. Quand j’arrive en studio, les choses sont prêtes, le « frame » est déjà là, tout est déjà construit. Donc après ça, en travaillant avec le band, avec Jesse (Mac Cormack, son ami et producteur), on élabore un peu plus, on élargit et on ajoute beaucoup de musicalité dans tout ça. Il n’y a pas de recettes. Des fois c’est le texte qui est avant, des fois c’est la musique. Mais c’est pas mal tout fait en même temps.

A.M.: Tu fais partie de Révèle la relève cette année. La série de spectacles est coproduite par les Francouvertes, auxquelles tu as participé l’année passée, jusqu’aux demi-finales. Parle-moi de ton expérience dans le concours? Qu’est-ce que ça t’a amené?
R.V.: J’ai été chanceuse dans tout ça. Je l’ai bien vécu et j’ai eu des bonnes réactions, même si je me suis pas rendu en finale. J’en ai retiré ce que j’avais à en retirer. C’est après ce concours-là que j’ai signé avec ma maison de disque, donc pour moi ça a vraiment été important. Je l’aime ce concours-là, parce que c’est un concours qui te dit pas comment être et qui t’oblige à être prêt. Il faut que tu présentes une demi-heure de matériel et je me suis prouvé à moi-même que j’étais capable de faire ça. Ça a vraiment été une belle expérience. Ça change pas une vie, mais pour ma part, ça m’a fait réaliser que j’étais sur la bonne « trail » et qu’il y avait quelque chose de positif qui se passait.
A.M.: Ton EP vient tout juste de sortir, donc c’est une belle autre étape que tu franchis. Quels sont tes plans à partir de maintenant?
R.V.: Cet été on fait pas mal de festivals. Cet automne, ça va être de faire une tournée en salle. J’ai envie de le faire voyager cet album-là, ce spectacle-là! Pour la prochaine année, ça va être de faire le plus de spectacles possible, d’aller en Europe aussi. On planifie de faire ça en décembre prochain.
Le dernier spectacle de Révèle la relève se tiendra à la maison de la culture Maisonneuve le 15 avril, à 20h30.
Article par Marissa Groguhe.