Se mouiller au grand complet. Entrevue avec David Paquet concernant son solo Papiers mâchés

David Paquet présentera Papiers Mâchés du 10 au 28 novembre prochain à la Salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Cette fois, l’auteur se donne un défi de taille: porter les chapeaux d’auteur, de metteur en scène et de «performeur».
1 Min Read 0 193

David Paquet, auteur dramatique que l’on connait pour Porc-épic, pièce ayant remporté le prix du Gouverneur Général du Canada en 2010, présentera Papiers Mâchés du 10 au 28 novembre prochain à la Salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Cette fois, l’auteur se donne un défi de taille: porter les chapeaux d’auteur, de metteur en scène et de «performeur».

Crédit photographique: Ulysse del Drago
Crédit photographique: Ulysse del Drago

Qu’est-ce que Papiers mâchés?
C’est un spectacle qui se veut hybride, qui cherche du moins à tendre vers une ouverture entre deux mondes qui ne se croisent pas, mais qui gagneraient à le faire, c’est-à-dire le théâtre et l’humour. David souligne bien la vision que l’on a de l’un et de l’autre. «Ce que l’on reproche à l’humour c’est d’être parfois vide. De l’autre côté, certains voient le théâtre comme étant… endormant. Le théâtre tient des propos importants, mais personne n’écoute ceux qui les emmerdent. L’humoriste plaît beaucoup, mais il sert à quoi de plaire si on n’a rien à offrir?» C’est donc le défi qu’il s’est donné, celui de fusionner l’humour et le théâtre. Celui de tenir des propos qui résonnent, mais que l’on a envie d’entendre. Il reprend lui-même une phrase d’André Brassard: «L’humour c’est un lubrifiant. Ça permet à ce qui est dur d’entrer.»

Comment la pièce prend-elle forme?
Des segments, des tableaux, des contes et des moments improvisés avec le spectateur forment une sorte de parcours poétique où l’on aborde même les extraterrestres entre quelques blagues salaces et d’autres surprises verbales. Le but est d’ouvrir un espace d’improvisation. De permettre au spectateur d’être le «leader» du spectacle. Tous ces tableaux cherchent à faire ressortir une histoire de fond. Un grand manège duquel plusieurs petits contes font partie. Papiers mâchés a été présenté à cinq reprises dans différents ateliers dont au festival Jamais lu, ateliers qui ont permis à l’auteur de raffiner ses textes et de poursuivre sa réflexion sur le rôle du public.

David Paquet s’interroge à la fois sur la place du spectateur et de l’auteur en s’intéressant à cette prise de conscience commune entre la scène et la salle. C’est pourquoi il s’associe notamment à la compagnie le Crachoir d’Annick Lefebvre pour présenter ce projet, puisque cette dernière fait de sa mission le questionnement de la place de l’auteur et du texte dramatique dans le théâtre contemporain. Ayant toujours fait un travail qui ne requiert pas sa présence en salle de spectacle, celui d’auteur, il se confronte maintenant tout entier à ce public qu’il veut rencontrer, interpeller en prenant la place du performeur. David souligne qu’il n’est pas un comédien, mais qu’il se considère comme un performeur ou un conteur qui porte le texte «senti». Le tout dans des décors simples, pour ne pas dire inexistants, des éclairages simples, bref, un spectacle qu’il qualifie de «dry». «La pression est plus forte, parce que je ne fais pas qu’écrire le texte. Je porte tous les chapeaux!» C’est se mouiller au complet que d’écrire, mettre en scène et jouer un solo. Un défi de taille qu’il faudra surveiller de près.

On peut visionner les capsules promotionnelles de la pièce ici et ici, vidéos drôles et saisissants où l’artiste derrière Papiers mâchés lit des critiques de sa propre pièce qui ne commence pourtant que la semaine prochaine. Seul, avec son ordinateur portable, dans sa cuisine, en pyjama (ou presque), il brosse un portrait de ce qui est à venir, c’est-à-dire: de l’humour, des réflexions, des satires et du charme.

——
Papiers mâchés de David Paquet sera présenté du 10 au 28 novembre 2015 à la Salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.

Article par Marilyne Lamontagne.

Artichaut magazine

— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM