Avant de devenir connue à travers le Québec pour son rôle de Jeanne Biron dans la populaire série Unité 9, Ève Landry faisait déjà partie de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI). Cette année, c’est avec l’équipe des Rouges FTQ qu’elle performe, aux côtés de Simon Boudreault, LeLouis Courchesne et Diane Lefrançois.
En 2009, Ève Landry débute comme joueuse substitut dans la LNI et devient joueuse régulière l’année suivante. Elle est élue recrue de l’année et gagne la Coupe Charade avec l’équipe les Oranges. En 2012, elle remporte à nouveau la coupe, puis prend une pause de deux ans. À son retour, elle devient la troisième femme à mettre son nom sur le trophée Robert-Gravel qui est remis au champion-compteur. Un trophée qui l’a fortement étonné puisqu’elle ne suit pas du tout ses statistiques. Durant notre entretien, elle me confie : «J’étais agréablement surprise et très touchée. Je suis contente d’avoir mon nom sur ce trophée. C’est comme une façon de laisser ma place dans cette ligue qui est, selon moi, très importante au Québec.»

L’impro dans toute sa splendeur
Pour Ève Landry, l’improvisation relève d’abord du plaisir du jeu plutôt que de la compétition. La spontanéité et le côté éphémère sont également deux éléments qui lui font aimer l’improvisation. Elle rajoute : «Il est vrai qu’il réside une petite nostalgie dans le fait que ce qui existe présentement dans le sketch que nous venons de faire n’existera plus dans cinq minutes. Un côté qui me plaît bien de l’improvisation est que je puisse jouer avec des Jean-François Nadeau ou encore des Simon Boudreault. Ce sont des gens que je ne vois pas souvent au quotidien, mais avec qui je m’entends très bien et dont j’aime l’univers.»
L’une des particularités de ce jeu théâtral est l’utilisation de thèmes, de catégories et de durées qui varient à chaque improvisation. Les deux catégories les plus utilisées sont les mixtes et les comparées. Une mixte signifie que les membres des deux équipes s’affrontent dans le même sketch. Une comparée est une improvisation où chaque équipe présente individuellement son sketch. Quelle est la catégorie par excellence d’Ève Landry? Elle répond : «Je préfère les improvisations comparées parce que j’ai la chance d’être avec mon équipe et de montrer ce qu’on est capable de faire entre nous. En plus, c’est beaucoup plus facile de commencer une comparée qu’une mixte. Quand tu débutes une mixte, tu peux entrer comme si tu étais un personnage de la comédie française et tout à coup, l’autre joueur te lance quelque chose comme : « sacrament, t’es en retard, décolle! » Ça peut être assez surprenant.»

Ce n’est pas toujours facile
Le moment avant un match d’improvisation est toujours stressant puisque les joueurs ne peuvent pas préparer leur texte ou leurs personnages comme au théâtre. Ils ne savent pas du tout ce qui les attend. Comment fait-on pour se préparer? Ève Landry s’exclame : «Personnellement, je fais un peu de diction parce que c’est difficile pour moi, donc je me réchauffe toujours un peu avant. Nous faisons aussi un échauffement d’équipe. Ça sert surtout à activer nos cerveaux. Notre coach, Jean-Philippe Durand, nous lance des thèmes et on se lance des idées de caucus ou encore ce qu’on ferait dans cette situation-là. C’est surtout pour nous réveiller l’esprit et nous mettre dans l’ambiance.»
Au cours des dernières années, Ève Landry s’est taillé une place dans l’arène de la LNI et sur nos écrans. Bien qu’elle aime les deux univers dans lesquels elle performe, elle avoue préférer les textes déjà écrits. La joueuse rajoute : «Je ne me considère vraiment pas comme une bonne auteure. C’est mon gros complexe en improvisation. C’est vraiment sur ce point que j’ai le plus besoin de travailler. Partir du point A au point B en faisant en sorte que ça devienne une histoire. Je trouve que mes impros sont souvent décousues et je me juge beaucoup par rapport à ça.»

La suite en 2016
En 2016, Ève Landry continue les tournages de l’émission jeunesse Salmigondis diffusée sur les ondes de Radio-Canada et de Télé-Québec. Toute l’équipe d’Unité 9 attend également l’accord de Radio-Canada pour la prochaine saison. Si la série continue, Ève Landry pourrait reprendre son rôle de Jeanne Biron pour une cinquième saison. De plus, la reprise de la pièce de théâtre J’accuse d’Annick Lefebvre, a récemment été annoncée pour 2017 au Théâtre d’aujourd’hui. Une pièce où cinq femmes racontent leur histoire par l’utilisation des monologues. Un texte très touchant et parfois dérangeant qui représente aussi les différentes parties de la personnalité de l’auteure. Vous pouvez trouvez la critique du spectacle par Jasmine Legendre pour l’Artichaut ici.
— La Ligue nationale d’improvisation tiendra sa saison 2016 du 8 février au 6 juin au Club Soda.
Article par Émilie Lavallée.