Toute la famille indie de Montréal semblait réunie mercredi soir pour l’ouverture de M pour Montréal au Théâtre Rialto. Des prestations chaleureuses attendaient la foule. C’était aussi un retour à la maison pour The Franklin Electric, qui étaient à Paris pendant les attentats du 13 novembre.

Eliott Maginot a ouvert le bal avec une bonne partie de son album Young/Old/Everything.In.Between paru en février dernier. Le jeune homme n’a pas eu à faire beaucoup d’efforts pour mettre la foule de son côté, offrant une prestation discrète mais convaincante. Il a par contre fallu attendre la fin de son spectacle pour entendre «Young/Old» et que le public chante la mélodie en chœur. Laissons tout de même la chance à ce prodige de se faire un peu plus la main. Il a le charisme du métier, tout comme Half Moon Run, et c’est bien ce qui importe.
Milk & Bone suivait et a offert des beaux moments. Ils sont un des groupes favoris de la famille indie-pop montréalaise et leurs membres, Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin, ont bien pris le temps de souligner qu’elles étaient ravies de pouvoir compter sur une salle comble pour une deuxième fois cet automne, après Pop Montréal, plus tôt en septembre. Le concert, toutefois, n’a pas réellement changé depuis quelques mois.

Les classiques «Coconut Water» et «Elephant» sont toujours de la partie. Il manque toutefois un titre dansant à leur collection, pas nécessairement avec un refrain populaire classé dans le top 40, mais une chanson simple rythmée pour sortir d’un tempo trop lent qui englue tout le spectacle. Quelque chose comme la chanson «Larve Humaine», de Fontarabie. Tout de même, ils ont donné une bonne prestation, comme toujours, avec New-York pour finir. Comme l’a dit un ontarien debout juste derrière moi, «This sounds like Montreal». Exact.
Les Coldplay Electric
Et puis en dernière partie, enfin, The Franklin Electric est de retour à Montréal après une longue tournée européenne. Là, les jambes ont pu se délier, les gorges vibrer et les mains se lever pour accueillir la formation montréalaise arrivée à maturité. Parfois, on aurait cru voir Coldplay sur scène tellement le chanteur Jon Matte semblait confiant et ses coéquipiers, contents de livrer au public quelques chansons de leur prochain album. «It’s Take You», un de leurs nouveaux titres, n’avait par ailleurs rien à envier aux chansons du précédent opus, This Is How I Let You Down, interprété rondement lors du spectacle. La balade «Alone» est venue contraster l’énergisante «Strongest Man Alive», livrée encore une fois avec assurance par Matte.
La prestation bien rythmée de Franklin Electric avait aussi ses moments touchants, le chanteur prenant un moment au milieu de la prestation pour parler des attentats de Paris. En anglais, le chanteur a expliqué que le groupe était présent vendredi soir à Paris, ayant même vu des blessés en réanimation dans la rue. Bien assis au piano, Jon Matte a expliqué sa stupéfaction, à quel point il était «choqué», encore aujourd’hui, de ce qu’il a vu. Puis, s’approchant d’un moment de plus en plus émotif, le chanteur a envoyé un message d’amour, de compassion, la vision humaniste du groupe.

En français s’il vous plait!
Le discours de Jon Matte a toutefois été coupé par l’intervention d’un spectateur visiblement mécontent. «En français!», a lancé un homme pendant que Matte s’adressait au public. Chahuté par la foule, l’homme a toutefois perdu l’attention quand le groupe a ramené les gens au calme en balbutiant quelques mots en français et en enchaînant directement avec la balade «Old piano».
C’est à peu près comme ça que la soirée s’est terminée, dans la confusion, mais personne ne s’en rappellera puisqu’il y avait un after-party pour les plus téméraires et des beaux souvenirs pour les plus sages.
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La dixième édition du Festival M pour Montréal avait lieu du 18 au 21 novembre.
Article par Samuel Lamoureux.