Le Salon du livre de Montréal. Rencontre avec les maisons d’édition

La 40e édition du Salon du livre de Montréal est terminée et nous sommes déjà enthousiastes pour le Salon de…
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La 40e édition du Salon du livre de Montréal est terminée et nous sommes déjà enthousiastes pour le Salon de 2018. Ce gros évènement littéraire, qui dure tout près d’une semaine à la fin novembre, accueille chaque année des milliers de personnes de tous âges. C’est réellement le lieu privilégié de rencontres entre les lecteurs et les lectrices, les écrivains et les écrivaines, mais aussi avec les maisons d’édition et les différentes personnes qui y travaillent. Trop souvent, les éditeurs et les éditrices qui se cachent derrière leurs livres et leurs auteurs sont oubliés malgré l’incroyable travail qu’ils font avec la littérature. Si certaines personnes vont au Salon avec la ferme intention de faire dédicacer leurs livres par Patrick Sénécal ou Marie Laberge par exemple, d’autres s’y rendent pour rencontrer leurs éditeurs préférés. Nous avons donc choisi de vous présenter, dans ce billet, cinq maisons d’édition à découvrir.

Crédit: Photorizon

Le Quartanier

Lorsqu’on arrivait au Salon du livre, il était impossible de ne pas voir les maisons d’édition scolaires qui attirent chaque année une foulée de jeunes lecteurs et lectrices en plus grands éditeurs comme les éditions La Presse. Par contre, lorsqu’on osait traverser la foule pour se diriger vers le centre de la salle, on pouvait découvrir quelques petits éditeurs, certains plus connus que d’autres. Parmi ceux-ci, on remarquait rapidement le stand des éditions du Quartanier avec ses livres aux couvertures toutes plus colorées les unes que les autres. Cet éditeur s’est démarqué dans les dernières années avec des publications comme Testament ou Drama Queens de Vickie Gendreau, La vie littéraire de Mathieu Arsenault, La dévoration des fées de Catherine Lalonde ou encore Le plongeur de Stéphane Larue, un ouvrage qui a connu un succès retentissant. Le Quartanier fait paraitre des romans, de la poésie, des essais, etc.; il publie des auteurs connus, mais aussi plusieurs auteurs émergents qui parlent un langage contemporain errant entre le soigné et le familier, mais parfois aussi le vulgaire, au plus grand plaisir de leur jeune lectorat!

Kiosque des éditions Le Quartanier / Crédit: Photorizon

Héliotrope

Les éditions Héliotrope étaient également à découvrir au salon. Publiant des romans, des essais et quelques rééditions, cet éditeur est aussi connu pour sa collection «Noir» composée de romans policiers qui se déroulent en terres québécoises, comme le roman Amqui de Éric Forbes ou encore Excellence Poulet de Patrice Lessard. Héliotrope compte dans son catalogue un bon nombre de romans classiques, mais aussi des œuvres dont le genre reste flou, qui sont «à la périphérie du roman», nous indique l’éditeur sur son site web. Ces publications sont classées dans la «Série K» qui regroupe des œuvres dites «kaléidoscopes», car elles permettent de «lire […] la densité romanesque du réelle».  On peut y trouver par exemple, L’embaumeur de Anne-Renée Caillé ou encore Le monde est à toi de Martine Delvaux qui a d’ailleurs publié de nombreux ouvrages chez Héliotrope tout comme Catherine Mavrikakis qui, elle, a publié entre autres, Le ciel de Bay City, Oscar de Profondis et La ballade d’Ali Baba. Finalement, si vous voulez être certains ou certaines de ne pas rater les derniers grands coups de cet éditeur qui a le vent dans les voiles, assurez-vous de lire Tu aimeras ce que tu as tué, le dernier roman de Kevin Lambert. Ce dernier est en lice pour le prix des libraires 2018 en plus d’être dans la liste des 10 jeunes auteurs à surveiller de la populaire émission littéraire Plus on est de fous, plus on lit! Cette maison d’édition qui publie des œuvres contemporaines a un catalogue qui plait certainement au lectorat déjà initié à la littérature, mais aussi aux personnes qui souhaitent découvrir le corpus québécois.

Kiosque des éditions Héliotrope / Crédit: Photorizon

Remue-Ménage

Véritable référence en publications féministes, les éditions du Remue-Ménage nous accueillaient elles aussi au Salon. Cette petite maison ne cesse de produire des œuvres féministes en tous genres, et ce depuis 1976. Cet éditeur de niche compte dans son catalogue des ouvrages de création, mais aussi des essais, des actes de colloque, des pièces de théâtre, etc. Ayant abordé presque toutes les problématiques de la condition des femmes, le Remue-Ménage a su se développer au gré de l’évolution du mouvement féministe québécois. Outre ses publications très connues (publiées dans ses premières années de carrière), la maison est aussi reconnue pour son grand coup Les filles en série de Martine Delvaux, une publication qui questionne la représentation des femmes en arts (littérature, cinéma, etc.) et dans la société de manière générale. Le petit recueil d’historiettes érotiques, Amant de Anne Archet ainsi que le recueil de nouvelles Histoires mutines dirigé par Marie-Ève Blais et Karine Rosso sont également des œuvres originales à découvrir. Finalement, pour bien commencer la nouvelle année, vous pouvez vous procurer l’Agenda des femmes qui se constitue chaque année autour d’un thème donné. Tel un agenda classique, l’Agenda des femmes se démarque avec ses capsules d’informations et de découvertes sur le thème de l’année. En 2018, l’agenda parlera des femmes et des arts!

Kiosque des éditions du Remue-Ménage / Crédit: Photorizon

Ta Mère

Les éditions de Ta Mère, comme les éditions Le Quartanier, étaient difficiles à rater au Salon du livre : leurs couvertures très vivantes et colorées ne pouvaient faire autrement qu’attirer notre regard! Cette jeune maison s’est fait connaitre avec des romans comme Royal de Jean-Philippe Baril-Guérard dont on vient d’annoncer la future adaptation cinématographique ou encore la poésie de Véronique Grenier dans Chenous et Hiroshimoi. Ta Mère est aussi l’éditeur derrière la populaire collection «Pop-en-stock»  qui comprend des livres comme YouTube théorie (dirigé par Antonio Dominguez Leiva) ou encore leur récente publication, Un Noël cathodique. La magie de ciné-cadeau déballée, dirigé par Stéphanie Roussel. Certainement ancrée dans son époque, cette jeune maison d’édition n’hésite pas lorsqu’il s’agit de publier un ouvrage original et éclaté comme le roman pornographique Juicy de Mélodie Nelson dont le langage est totalement adapté à la vie à l’ère du numérique avec sa vulgarité la plus crue et ses nombreux hashtags. Bref, si vous cherchez à lire des œuvres très actuelles et déjantées, ajoutez une œuvre des éditions de Ta Mère sur votre liste de Noël!

Kiosques des éditions L’Oie de Cravan et de Ta Mère / Crédit: Photorizon

L’Oie de Cravan

Le dernier éditeur que nous voulons vous présenter est L’Oie de Cravan. Cette petite maison d’édition est encore trop méconnue bien que ses œuvres soient d’une qualité remarquable. Leur catalogue est composé d’œuvres poétiques toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Cet éditeur qui confectionne ses livres de manière très artisanale, reliant lui-même plusieurs de ses livres, a fait connaitre des poètes comme Sébastien B. Gagnon, qui a remporté le prix des libraires 2017 avec son recueil Mèche, mais s’affaire aussi à rééditer certains ouvrages qui ne sont pas disponibles au Québec comme Contre les caves la traduction de Defense against squares de Byron Coley. Cette maison vient aussi de faire paraitre le deuxième recueil, Delete, de Daphné B. qui avait connu un bon succès avec Bluetiful (Écrou, 2015). Enfin, si vous cherchez de beaux livres-objets, vous pouvez assurément vous tourner vers L’Oie de Cravan puisque la qualité esthétique de leurs ouvrages correspond parfaitement à la richesse de leur poésie.

Pour découvrir les différentes maisons d’édition, c’est ici : Le Quartanier, Héliotrope, Remue-Ménage, Ta Mère, L’Oie de Cravan

Pour rester à l’affût des dernières nouvelles du Salon du livre de Montréal, c’est ici.

 

 

 

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