L’auteure-compositrice-interprète québécoise Myëlle lance son EP, Chéri, un premier mini-album de qualité qui étonne et ravit par sa thématique originale de l’amour-haine au temps du Far West.

Celle qui s’est fait connaître au Festival international de la chanson de Granby et comme choriste pour plusieurs (Amylie, Galaxie) offre quatre opus percutants (Il a tiré- Chéri- Une église- La robe noire), coréalisé avec Antoine Gratton. Sa voix mature et puissante entraîne l’auditeur dans un univers à la Tarantino, un univers théâtral qui déstabilise. Dès les premières paroles, la Jonquiéroise est à couper le souffle dans son personnage à l’allure tantôt dangereuse et cinglante, parfois tragique et armée de solitude.
Le son unique qui oscille entre un mélange de pop et de western avec des touches de classique saura plaire à un large public. Cela prend néanmoins un petit moment à s’adapter au style singulier de l’artiste, mais lorsque c’est fait, le EP tourne en boucle dans l’appartement. Le mélange de violoncelle, de percussions et de choeurs donne un résultat des plus intéressants.
Elle se distingue dans le monde musical en revisitant l’amour, qui est ici un amour sablonneux d’une autre époque qui parfois se teinte de haine. La pochette du mini-album est le reflet du EP, qui transporte ailleurs et fait voyager. L’arrière-plan désertique à l’allure d’Ouest américain, la petite robe noire à pois, qui se veut un rappel à la toute dernière chanson de l’album et les mains, qui sont ligotées comme une prisonnière, mettent les prémisses à cet ensemble romantico-western.
Elle jongle habilement avec les émotions du public, tantôt avec des pièces plus mélancoliques et bouleversantes (Chéri) où le mensonge est mis de l’avant, tantôt avec certaines plus cruelles (Il a tiré). Les textes sont d’une grande simplicité, sans artifices, mais prennent vie avec l’interprétation flamboyante de Myëlle.
Elle termine plus forte et puissante que jamais avec la pièce La robe noire, qui se veut une mise en garde au bourreau et à l’amour, un coup de grâce spectaculaire qui coupe le souffle : «J’ai repassé ma robe noire/ Y’aura mort d’homme sûrement ce soir/ Pas de coup de feu, pas de couteau/ Mais le sang coulera à flot.» La finale haletante qui se veut un long cri tragique est digne d’une scène de combat entre cowboys, où le combat se fait par les mots et la voix.
La carrière solo démarre donc en force pour Myëlle, qui réussit à se faire une place en misant sur la théâtralité et l’originalité du thème de son premier EP. Chéri, un mini-album à écouter encore et encore en attendant un complet, qui risque d’être aussi explosif.
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Le premier mini-album de Myëlle, Chéri, est disponible sur iTunes et Bandcamp depuis le 23 avril 2014.
Article par Alexandra Lord – une passionnée de littérature, de musique et d’art et une amoureuse de la culture québécoise. Elle étudie présentement en communication journalisme à l’UQÀM.