Diversité déconcertante des chemins de la danse

Présenté aux deux ans, Dance Roads consiste en des bancs d’essai internationaux présentant des artistes de la scène de la…
1 Min Read 1 281

Présenté aux deux ans, Dance Roads consiste en des bancs d’essai internationaux présentant des artistes de la scène de la danse de cinq pays différents. Réseau de tournées et de diffusion européen, l’organisation oeuvre depuis 25 ans et travaille en collaboration avec Tangente. Compte-rendu de son passage à Montréal.

Jo Fong ouvre le spectacle en faisant honneur à son pays d’adoption depuis 2006, le pays de Galles. Brillamment interprété par Beth Powlesland et Laura Lee Greenhalgh, la composition de Fong enveloppe et interpelle le public en tissant des liens entre diverses disciplines. Les deux interprètes racontent une histoire sans début ni fin, mais avec tant de simplicité et d’aisance dans leurs mots comme dans leurs mouvements que le public se fait prendre au jeu. Dans leurs incertitudes et leur timidité interprétées avec justesse, Powlesland et Greenhalgh tissent un univers particulièrement harmonieux. Après avoir raconté leur histoire, elles reprennent les mêmes pas, mais sans le discours, et semblent raconter une toute autre histoire.

Crédits photographiques: Jo Fong
Crédits photographiques: Jo Fong

Cette organisation chorégraphique est complètement rafraîchissante et sans prétention. Elle nous transmet une énergie et un plaisir qui nous incitent à reprendre les mots de Powlesland elle-même: «Such a lovely move».

Jasper Van Luijk représente quant à lui les Pays-Bas dans une chorégraphie prouvant que le corps peut parler de lui-même. La force corporelle masculine permet un contrôle rappelant celui d’une lente capoeira. Les deux interprètes font preuve d’une agilité impressionnante dans l’exploration de différentes tensions musculaires. Les corps dansants prouvent que les mouvements peuvent à eux seuls élaborer des histoires relationnelles complexes et profondes.

La deuxième partie du spectacle s’est ouverte sur le travail de Sarah Bronsard, représentant le Canada, et son amour pour le flamenco. La présentation d’une intégration si fluide du flamenco dans un esprit de danse contemporaine donne envie de voir plus de styles différents dans les chorégraphies contemporaines. L’insertion du flamenco a su illustrer le pouvoir de la danse de créer sa trame sonore par l’utilisation du corps.

Les deux derniers chorégraphes, provenant respectivement de l’Italie et de la France, étirèrent la soirée plus que désiré. Les fastidieux changements de scénographie entre les chorégraphies ne font qu’amplifier cette longueur presque intolérable. L’Italie propose une composition dans la durée et la lenteur, rythmée par de légers bruits de vagues et des chansons italiennes.

La France clôt la soirée en proposant un solo suggérant un côté maladroit et naïf de la danse dont la crédibilité est discutable. Le solo est entièrement constitué d’un semblant de défoulement malhabile qui provoque un fouillis sans variations.

Cette soirée permet sans conteste de garder quelques nouveaux noms du milieu chorégraphique en tête et d’espérer qu’ils reviennent au Québec présenter leur travail, mais cette fois, espérons le, plus en profondeur.

——
Dance Roads est un festival biennal qui était présenté par Tangente du 8 mai au 10 mai 2014.

Article par Anne-Marie Santerre.

Artichaut magazine

— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM