De la couleur des mots. Parcours littéraire au Musée des Beaux-Arts de Montréal dans le cadre de la 20e édition du FIL

Du 12 au 21 septembre 2014, le Festival International de Littérature a célébré sa 20e édition en inscrivant à son…
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Du 12 au 21 septembre 2014, le Festival International de Littérature a célébré sa 20e édition en inscrivant à son programme plusieurs activités partout à Montréal dont le parcours littéraire intitulé De la couleur des mots. L’évènement revisite la manifestation du même titre qui s’est tenue en 2001 au Musée d’art contemporain. Cette nouvelle édition au Musée des Beaux-Arts de Montréal permet encore une fois à la littérature de s’allier aux arts visuels. Cette fois-ci, vingt auteurs ont écrit vingt textes en s’inspirant de vingt œuvres exposées au Musée.

L’exposition De la couleur des mots se déployait dans tous les pavillons du musée. D’une salle à l’autre, on pouvait observer des œuvres (peintures, sculptures, etc.) accompagnées de textes littéraires signés Rober Racine, Tristan Malavoy, Suzanne Jacob, Perrine Leblanc, Chrystine Brouillet, Robert Lalonde, Élise Turcotte, Michel Tremblay, Herménégilde Chiasson, Stanley Péan, Alain Farrah, Christine Germain, Catherine Léger-Voyer, Carole David, Rodney Saint-Éloi, Denise Desautels, Évelyne de la Chenelière, Hélène Dorion, Louise Bombardier ou Monique Proulx. Ces derniers ont tous participé à cette initiative en rédigeant des textes allant de la poésie à la narration, de la liste à la description.

Le parcours suggéré ne se limitait pas à une simple visite du musée. C’est un véritable cheminement au cœur d’un univers artistique et littéraire multidisciplinaire que nous étions invités à réaliser. Ainsi, nous avons pu y découvrir des œuvres issues des arts contemporains et décoratifs, internationaux et québécois, dont les différentes esthétiques corroboraient les multiples genres littéraires des textes exposés (poésie, narration, essai). L’activité du samedi 13 septembre invitait le public  à entendre les auteurs lire leurs textes aux côtés des œuvres auxquelles ils se rattachent.

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Certains auteurs ont fait le choix de raconter l’histoire fictive des œuvres auxquelles ils ont été «jumelés». Chrystine Brouillet s’est ainsi inspirée de la Femme dans un intérieur, peinte par Randolph Hewton en 1921, pour rédiger son récit, tout comme l’a fait Denise Bombardier avec la Femme assise dans une pièce sombre, peinte par Édouard Vuillard vers 1895. Michel Tremblay a quant à lui narré en détail un moment de la vie du personnage de la toile Le soulier d’André Biéler (1931).

D’autres auteurs, comme Christine Germain, ont plutôt opté pour l’écriture poétique. Son poème décrit le corps de la sculpture contemporaine She was a big success de Valérie Blass (2009). Élise Turcotte a pour sa part souligné l’immortalité des personnages ou des artistes dans le musée qui leur est conférée par le médium artistique. Les vers de l’écrivaine content que l’enfant sur la toile de Jori Smith, Rose Fortin, est «revenue comme une vérité dans la pièce sombre du musée». Pour sa part, Alain Farrah nous présente un texte sous forme de liste qui vient plutôt immortaliser l’artiste de la toile qui l’inspire: «19. Lemoyne est mort mais Lemoyne est vivant».

Enfin, d’autres auteurs ont préféré narrer ce qu’ils imaginent être le processus créateur des artistes. On peut penser à Hélène Dorion qui raconte la création de la toile La route tournante en Provence de Paul Cézanne (vers 1866) à l’aide d’une métaphore du paysage, ou à Catherine Léger-Voyer qui écrit une narration sur les couleurs de la peinture Figure aux bras bleus de Shirley Wiitasalo (2004). L’écrivaine Denise Desautels a écrit un texte très émouvant qui rend tangible l’une des scènes de l’album Les désastres de la guerre (Ceci est pire) de Francisco de Goya y Lucientes: «Le papier sent le cauchemar».

Qu’ils aient choisi de faire vivre les personnages ou de les immortaliser, les auteurs ont tous réussi à animer les œuvres qui les ont inspirées. De la couleur des mots est une exposition bien vivante qui a permis aux visiteurs de déambuler dans un  parcours culturel enrichissant et de nourrir leur imaginaire en leur faisant découvrir différents artistes, auteurs, lieux et personnages. . En plus de découvrir ou redécouvrir des œuvres, certains invités ont eu l’occasion de s’initier à la littérature ou à des auteurs tandis que d’autres ont pu lire de nouveaux textes de leurs auteurs favoris.

De la couleur des mots était une excellente occasion de s’initier à la littérature ou à de nouveaux auteurs (ou encore de lire des textes inédits d’auteurs bien connus), de voyager d’un endroit à un autre, d’une époque à une autre, au contact de différentes esthétiques littéraires et artistiques.

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De la couleur des mots, parcours littéraire et artistique présenté du 12 au 21 septembre 2014 dans le cadre de la 20e édition du Festival International de littérature au Musée des beaux-arts de Montréal. 

Artichaut magazine

— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM