Poussières d’étoiles du quotidien. Constellations de Nick Payne

Après avoir été mis en scène à Londres en 2012, Constellations, du dramaturge britannique Nick Payne débarque à Montréal à…
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Après avoir été mis en scène à Londres en 2012, Constellations, du dramaturge britannique Nick Payne débarque à Montréal à La Petite Licorne, dans une traduction de David Laurin. Ce dernier a fondé en 2009 LAB87, une compagnie de théâtre qui tire son épingle du jeu en se penchant davantage sur des textes de théâtre contemporains anglo-saxons. LAB87 a par ailleurs présenté la pièce Tribus du 11 au 29 novembre 2014 sur la grande scène de La Licorne.

Crédit photographique: LAB87
Crédit: LAB87

Le metteur en scène Jean-Simon Traversy nous livre cette histoire simple, universelle et empreinte de sensibilité qu’est celle de la rencontre de Marianne et Philippe, physicienne et apiculteur. C’est lors d’un barbecue qu’ils font connaissance, discutent et tentent de se plaire tranquillement. Cependant, ce qui découle de cette rencontre ne suivra pas un chemin tout tracé. Elle s’incarnera effectivement dans le champ des possibles, car d’après une théorie de la physique quantique, notre univers renferme plein de petites bribes de mondes parallèles, qui cohabitent et dans lesquels toutes les situations, décisions et contextes peuvent survenir.

Ainsi, à partir de la soirée du barbecue, à partir de la première rencontre de nos deux héros, le spectateur assiste aux possibles discussions et situations dans lesquelles pourraient se retrouver Marianne et Philippe dans leur relation. Tout est possible, tout est à réinventer. Les comédiens nous interprètent donc les mêmes scènes plusieurs fois au cours de sept moments importants dans la vie des deux personnages, scènes qui ont toutefois des nuances, selon les paroles dites par les personnages. Dépendamment des dialogues échangés, ils peuvent susciter tantôt la joie, tantôt la frustration ou la peine chez nos héros.

Crédit photographique: PL2Studio
Crédit photographique: PL2Studio

Il peut être intéressant de rapprocher Constellations d’une courte pièce de théâtre comique et absurde d’un dramaturge américain, David Ives, intitulée Sure Thing. Elle met en scène deux personnages, Betty et Bill, qui se rencontrent, eux, dans un café. Ils commencent à discuter et une clochette sonne lorsqu’un des personnages trébuche dans la conversation. La scène recommence, jusqu’à ce que les deux personnages tombent en amour et qu’ils soient enfin sur la même longueur d’onde. Intéressant exercice de revirements de situations qu’on peut associer au texte de Nick Payne.

Crédit photographique: PL2Studio
Crédit photographique: PL2Studio

Dans Constellations, on a envie que nos personnages s’entendent, se complètent. Ils traversent des épreuves de la vie; le deuil, l’infidélité et la maladie. Et cette vie universelle parsemée de doutes et de questionnements est interprétée par deux comédiens sensibles et justes. Alexandre Fortin et Stéphanie Labbé se complètent bien dans ce couple qui se cherche et qui tente de réinventer la roue pour aller vers quelque chose de meilleur et de plus beau. Les personnages de Marianne et Philippe sont simples, discrets, complices et complets, au point qu’on s’y identifie. Ils portent les traits de tout un chacun, certes, mais ont leur propre personnalité et leurs passions: Marianne adore la physique et Philippe a une fixation sur le miel et sa qualité. Le tout est mis en musique par des compositions originales de Fanny Bloom. La trame sonore de la pièce est d’ailleurs disponible sur iTunes et Bandcamp depuis le 26 janvier. L’artiste musicale, à son piano, est présente sur la scène lors du spectacle. Derrière un mur de verre, vêtue d’une robe noir scintillante et d’une perruque d’un vert-bleu éclatant, Fanny Bloom nous guide et nous enrobe dans une ambiance vaporeuse qui nous transporte d’une belle façon dans le quotidien de ces personnages touchants par leurs accomplissements et leurs obstacles de vie.

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Constellations de Nick Payne. Présentée à La Petite Licorne jusqu’au 13 février 2015, dans une traduction de David Laurin et une mise en scène de Jean-Simon Traversy. Avec Alexandre Fortin et Stéphanie Labbé. Musique originale composée et interprétée par Fanny Bloom.

Article par Alexandre Graton – étudiant à l’UQAM, au baccalauréat Communication (journalisme). Alexandre est passionné par la culture, la radio, la philosophie, la psychologie de l’humain et adore le théâtre et le cinéma québécois.

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