Springtime Devil : une bouffée d’air frais pour chasser le blues de l’automne

«J’enlève des morceaux de linge à chaque chanson!» lançait la moitié féminine et énergique des Deuxluxes Anna Frances Meyer à…
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Crédit photo: Laëtitia Rattier
Crédit photo: Laëtitia Rattier

«J’enlève des morceaux de linge à chaque chanson!» lançait la moitié féminine et énergique des Deuxluxes Anna Frances Meyer à la fin de leur première chanson. Le lancement de leur premier album, Springtime Devil, prenait place au cabaret La Tulipe de Montréal le 15 septembre dernier. Tout porte à croire que la parution précédente de leur mini-album, Traitement Deuxluxe, n’est pas passée inaperçue, puisque c’est devant une salle bondée qu’ils lançaient leur nouveau chef-d’œuvre. C’est d’ailleurs avec impatience que le public montréalais attendait leur retour dans cette même salle de spectacle, leur dernière apparition datant d’il y a déjà 2 ans.

Malgré un retard sur l’horaire de presque 30 minutes, il n’en faut pas beaucoup pour réveiller l’enthousiasme de la foule. Celle-ci, composée de jeunes et de moins jeunes pour la plupart vêtus de cuir, était déjà fébrile avant l’arrivée du groupe. Avec un son tantôt déchirant, tantôt mélodieux, il ne faut que peu de temps au duo montréalais pour faire hurler le public de plaisir. Toute vêtue de cuir et de brillants, l’imposante Meyers charme sans gêne ses admirateurs avec ses déhanchements lascifs alors que son alter ego masculin, Étienne Barry, la suit sagement avec un grand sourire aux lèvres, alternant entre la batterie, la guitare et le chant.

Crédit photo: Laëtitia Rattier
Crédit photo: Laëtitia Rattier

C’est qu’en plus de son immense présence sur scène, les Deuxluxes ne lésinent pas sur les décors; les instruments, tout comme leurs vêtements, sont chromés. L’alternance du rouge, du blanc et du doré de l’éclairage rappelle sans effort la royauté, de laquelle tous deux, après réflexion, font clairement partie. Pour couronner le tout, un immense diamant trône sur la scène au-dessus de leur tête, émettant et réfléchissant la lumière, rappelant à tous que malgré sa jeune carrière le duo sait tout de même très bien ce qu’il vaut. Plus sombre que son frère cadet, leur nouvel album n’en est que plus léché et plus impressionnant; du vrai rock’n’roll grinçant, suivi par la voix rauque de Meyers qui vacille entre un registre très grave et un très aigu. Un vent de printemps qui s’engouffre dans notre automne qui commence déjà, et une écoute qui vous fera assurément du bien lorsque les feuilles commenceront à tomber et qu’il faudra s’équiper contre le froid et la dépression saisonnière.

Le duo termine la soirée avec un rappel très demandé et très mérité, nous laissant sur les notes de Bloody Queen, qui clôture également son nouvel album. Bientôt, tout le monde se retrouve à chanter avec eux les accrocheuses paroles du refrain «God save the Queen, the Queen is dead». Qu’il s’agisse d’une référence ou non à leurs lointains cousins les Sex Pistols, j’aurais tendance à les contredire; la reine n’est pas morte, au contraire. La reine est bien vivante, et elle chante sur scène devant moi.

Springtime Devil est disponible sur iTunes et sur Bandcamp.

Article par Léa Viens.

Artichaut magazine

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