Quelque 220 shows plus tard — sans compter toutes les promos et les premières parties — Klô Pelgag s’est produite au Club Soda le 12 décembre pour une ultime fois dans le cadre de sa tournée L’alchimie des monstres amorcée en 2013. Elle dira «à plus tard» à la scène et à son «pompon» qui tombera sous le rasoir du Défi têtes rasées de Leucan.
L’Artichaut s’est assis avec elle devant une tasse de café pour discuter cheveux, spectacle et album à venir.

Artichaut Magazine: Pourquoi faire le Défi têtes rasées?
Klô Pelgag: Pour plusieurs raisons. Ça faisait longtemps que je pensais à participer au défi. Je trouve que c’est une belle cause. Aussi, pour trouver un moyen de poser un geste, de redonner au monde. Et parce que je vois comment l’image est devenue tellement importante, quand dans le fond, ça ne devrait pas. C’est comme ça dans l’industrie de la musique. Je veux démentir les stéréotypes comme quoi la féminité passe par les cheveux de la femme. C’est aussi parce que ça faisait longtemps que je voulais, au moins une fois dans ma vie, me raser les cheveux et voir ce que ça fait. Honnêtement, je trouve ça plus stressant de me faire faire une coupe de cheveux que d’avoir la boule à zéro! Le fait de l’amener dans le cadre d’une fin de tournée, je trouve que ça prend un aspect encore plus significatif. C’est la fin, je recommence tout à zéro. C’est une façon de passer à autre chose aussi.
A.M.: Tes cheveux vont donc devenir une perruque pour quelqu’un d’autre. As-tu des conseils capillaires à donner à la personne qui portera tes cheveux?
K.P.: En fait, je ne sais pas trop comment ils vont faire ça. Est-ce qu’ils vont garder ma coupe? En plus que le bout de mes cheveux est un peu cassé… J’ai hâte de voir. Mais, je n’ai pas vraiment de conseils parce que moi ça’ toujours été une toque, tout le temps depuis peut-être dix ans.
A.M.: Ton équipe et toi roulez le spectacle l’Alchimie des monstres depuis deux ans. Comment faites-vous pour échapper à la redondance?
K.P.: Il y a eu des moments où on a changé des arrangements. Musicalement, il y a des choses qui ont évolué. Des fois, ça dépend juste des moments dans le show où on fait quelque chose qu’on n’a jamais fait. J’essaie toujours de ne pas redire la même chose tout le temps dans mes shows. Je ne veux pas suivre un canevas, dire un texte écrit par quelqu’un. On le voit souvent. Je me dis que si je faisais ça, mes musiciens seraient sûrement écœurés. Même quand je vais à un show, je pense tout le temps aux musiciens derrière la personne qui parle. Quand ça fait 200 fois que t’entends la même chose, tu ne peux plus rire… ou tu fais semblant. J’ai eu la chance de ne pas avoir senti de redondance dans mon show. Mais, on a eu des moments assez épuisants, je pense entre autres à la France, où la tournée était vraiment intense.
A.M.: Tu as déjà été de passage au Club Soda l’an dernier et tu as gâté ton public d’un concert avec une grosse mise en scène. Est-ce qu’on doit s’attendre à voir ce genre de show le 12 décembre?
K.P.: À Montréal, je me gâte! Mon rêve ultime serait de pouvoir amener un spectacle malade partout. Mais, traîner un décor, c’est beaucoup! On l’a fait dans les premiers mois, et c’était exigeant. À Montréal, je suis chez moi. Je peux me permettre de trainer plus d’affaires parce que ça ne voyage pas loin. C’est moins coûteux… Même si ça reste assez coûteux! Mais, ça ne me dérange pas de mettre mon argent là-dedans. Mon objectif dans la vie, c’est de m’amuser à travers la musique.

A.M.: As-tu des surprises ou des nouveautés de prévues pour le Club Soda?
K.P.: On a des nouveaux costumes, une nouvelle mise en scène, des nouvelles tounes aussi. Même certaines qu’on ne fait jamais en spectacle. J’ai décidé de travailler avec BAZ (Laurence Morais Lagacé) pour la mise en scène, lui qui a fait deux de mes vidéoclips. Ce sera la première fois qu’il fait ça. Il est ben énervé! C’est lui qui s’occupe de tout, mais on travaille quand même ensemble. On s’est rencontré souvent pour discuter de ce que je voulais, et lui avait le défi de rendre ça réalisable. L’an dernier au Club Soda, c’est moi qui avais fait la mise en scène. C’était vraiment stressant de gérer tout ça! Cette fois-ci j’ai délégué et ça m’a fait vraiment du bien.
A.M.: Une fois la tournée terminée, tu vas te lancer dans l’écriture de ton deuxième album. Comment l’envisages-tu? As-tu la «peur du deuxième album»?
K.P.: Oui j’ai la peur du deuxième album, je pense que c’est naturel de l’avoir. J’ai la peur par rapport à moi-même. Oui, j’espère que les gens vont aimer ça, mais pour moi c’est surtout le désir de faire de quoi de meilleur. Est-ce que je vais réussir à faire quelque chose que moi je trouve meilleur, que ça sonne comme je l’entends dans ma tête? Faut travailler avec des gens, du monde qui font sonner les instruments, mais c’est dur des fois de déléguer quand ça vient de toi. Faut faire confiance aux autres. Je ne veux pas me répéter non plus. Moi, en tant que public, j’aime sentir qu’il y a une évolution quand j’écoute quelque chose.
A.M.: Comment se passe l’écriture de ton album?
K.P.: Mon premier album était vraiment près de moi, je suis allée loin dans ma tête. Ce n’est pas nécessairement un album «de la joie». Pour moi, l’écriture, ça’ toujours été quelque chose pour me faire du bien quand je n’allais pas bien. Ça a commencé comme ça. Je l’ai pas naturellement, de faire danser le monde. Sur le prochain, il y a quand même des tounes joyeuses. Je pense. Sauf que c’est en mineur. Justement, j’en ai déjà écrit une comme ça, en mineur, mais qui sonne joyeuse.
A.M.: Tu as fait une apparition sur le deuxième album de Philippe Brach. As-tu prévu d’autres collaborations dans le genre?
K.P.: Philippe et moi, on est amis depuis longtemps. On a commencé la musique en même temps. À mon premier festival, il était là. J’étais vraiment contente qu’il me demande de collaborer, de voir que ça va bien pour lui. Que les deux on fasse encore de la musique, quand une bonne gang d’autres a lâché. Pour ce qui est de mon album, je ne sais pas encore s’il va y avoir des collaborations. J’ai de la misère à imaginer, pendant l’écriture, des bouts où je me dis: «Je vois vraiment elle ou lui chanter ça!». J’ai pensé à une collaboration, mais je ne sais pas si ça va fitter. Un band ukrainien que j’aime vraiment beaucoup, Dakhabrakha. Ils ont une façon de chanter traditionnelle. C’est vraiment funky! Mais, autant que j’aimerais intégrer ça, je ne sais pas si ça va marcher. Sinon, Violett Pi. Il y a déjà une toune qu’on a écrit ensemble qui sera sur le prochain, mais je ne pense pas qu’il va chanter dessus.
Le spectacle au Club Soda du 12 décembre a été présenté à guichets fermés.
Article par Camille P. Parent.