Nouvelle vague belge? La Vecchia Vacca de Salvatore Calcagno

En première nord-américaine du 17 au 21 février au Théâtre La Chapelle, La Vecchia Vacca (littéralement, La vieille vache) est…
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En première nord-américaine du 17 au 21 février au Théâtre La Chapelle, La Vecchia Vacca (littéralement, La vieille vache) est le premier spectacle de Salvatore Calcagno et la compagnie Garçongarçon, formée à l’Institut National des Arts du Spectacle de Bruxelles. La Vecchia Vacca est donc le résultat de sa formation, spectacle né d’une carte blanche pour la dernière année de ses études en mise en scène. Ainsi, on comprend mieux pourquoi ce spectacle est encore un peu maladroit bien que très prometteur.

Crédit photographiques: Vincent Arbelet
Crédits photographiques: Vincent Arbelet

La Vecchia Vacca s’appuie sur des souvenirs d’enfance de Calcagno, de sa famille, de la chaleur et de l’énergie sicilienne. Le spectacle en est imprégné. Le thème de la pièce tourne autour de la figure de la mère, cette mère obsédante et obsédée par sa progéniture. Entre le dégoût et l’amour, le fils choyé semble manipulé par toutes ces femmes aux mamelles pleines de lait et au ventre rond. Les quatre actrices qui jouent superbement endossent les rôles de mères, de putains, de folles, de vaches à lait, de monstres. Elles tournent autour du fils, le nourrissent, le gavent même. Elles sont maquillées comme des putains, poussent des cris de jouissance et chantent des chansons des années 1960. À la fois monstrueuses et magnifiques, toutes ces femmes nous montrent ce que peut être l’amour d’une mère. Un amour maternel qui pourrait bien empêcher un fils d’aimer une femme normalement.

Crédits photographiques: Michel Boermans
Crédits photographiques: Michel Boermans

Devant cette proposition, je ne peux m’empêcher de me référer au cinéma de Pedro Almodóvar ou de Xavier Dolan. Non seulement le spectacle de Salvatore se rapproche des thèmes de ces deux auteurs dont celui de la femme mise au devant de la scène, mais il nous rappelle aussi une esthétique particulière dans laquelle le maquillage, les paillettes et les semelles compensées sont de vigueur.

Il s’agit d’un langage théâtral très particulier qui me semble très loin de ce qu’on a l’habitude de voir au théâtre au Québec. Un langage poétique qui fonctionne pas plus sur les images que sur les mots, à l’instar du théâtre de l’italien Roméo Castellucci. On est face à une création pure et il n’est pas toujours facile de réussir à pénétrer dans cet univers dont on ne parle pas forcément la langue. Pourtant, il suffit juste de se laisser aller au rythme de la musique, de cesser de chercher un fil dramaturgique et d’accepter d’être un étranger dans ce monde merveilleux et inconnu.

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La Vecchia Vacca, théâtre chorégraphié de Salvatore Calcagno de la compagnie Garçongarçon. En première Nord-Américaine, au Théâtre La Chapelle, du 17 au 21 février. Wallonie-Bruxelles.

Article par Sophie Deslauriers. Elle est à la maîtrise à l’UQAM.

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