Stupéfiant est l’adjectif idéal pour décrire Terminus. Cette œuvre écrite par Mark O’Rowe rappelle les thrillers psychologiques du 7e art par la confusion qui règne entre la réalité et la fiction. Tout spectateur se doit d’être averti avant de pénétrer l’univers de l’auteur dublinois, puisqu’il peut s’y produire l’inimaginable.

La pièce raconte le destin tragique de trois personnes vivant à Dublin. L’une d’elles est une ex-professeure maintenant bénévole dans un centre d’écoute téléphonique qui veut sauver le bébé de l’une de ses anciennes étudiantes. Une jeune femme malchanceuse en amour se retrouvera pour sa part en chute libre et atterrira dans les bras d’un partenaire monstrueux. Il y a aussi un homme charmant et fort sympathique qui se révèle être un tueur en série. Trois personnages qui partagent leurs regrets avec le public à travers un voyage terrifiant.
Ce n’est pas la première fois que le public montréalais peut assister au le génie des pièces de l’Irlandais. Le Théâtre de La Manufacture avait déjà adapté les pièces Howie the Rookie en 2002 et Tête première en 2005.

Michel Monty, qui signe la mise en scène de la pièce, a tenu compte des nombreuses caractéristiques du texte de Mark O’Rowe. L’une d’elles est qu’il est composé uniquement de monologues. Ainsi, à aucun moment les trois comédiens ne se parlent. Il s’agit également d’une trame narrative chorale, donc il n’y a pas un personnage plus important qu’un autre. La pièce est soigneusement constituée de plusieurs intrigues qui se croisent de façon subtile.
L’interprétation des comédiens Martine Francke, Alice Pascual et Mani Soleymanlou
est remarquable. À travers leurs monologues, ils nous rendent toutes les subtilités du texte d’une façon très juste. Alice Pascual se détache particulièrement par son jeu d’une expressivité étonnante. Les émotions et l’angoisse qu’ils réussissent à faire ressentir au public donnent parfois la chair de poule, mais sont très révélatrices de leur travail de comédiens.

La mise en scène de la pièce est très sobre si ce n’est de l’ajout de vidéos conçues par Johnny Ranger. Pour se faire, le fond de la scène est entièrement noir pour servir d’écran. Ainsi, les personnages racontent des événements qui leur sont arrivés et la situation apparaît en vidéo, simultanément, derrière eux (pour imager le texte). Il s’agit d’une idée intéressante, puisqu’essayer de s’imaginer chaque action aurait pu être plus complexe pour les spectateurs. La mise en scène cinématographique est donc un bon procédé pour tenir les spectateurs par la main. Elle permet aux spectateurs de vivre l’histoire haletante de Mark O’Rowe.
La pièce Terminus est présentée du 20 septembre au 29 octobre à La Licorne.
Article par Émilie Lavallée.