1. You will die 2. You could have been beautiful 3. There is nothing you can do. Let’s not beat each other to death, présenté dans le cadre du FTA

“When attacked by predators, an animal’s body naturally releases a large dose of adrenaline as a defence mechanism, which is…
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“When attacked by predators, an animal’s body naturally releases a large dose of adrenaline as a defence mechanism, which is what we wanted to convey in that scene”.

La faucheuse entre en dialogue avec les peurs intérieures d’un artiste dans un flot auditif et visuel, racontant l’histoire de nous tous, queers, gais, lesbiennes (insérez le nom de votre différence sexuelle). Voici The Accidental Mechanics Group qui présente Let’s not beat each other to death, dans le cadre du FTA du 30 mai au 1er juin.

Crédit photographique: Mel Hattie
Crédit photographique: Mel Hattie

Le théâtre que travaille Stewart Legere et Christian Barry se concentre notamment sur les réalités des homosexuels. Une bataille constante qui revendique l’amour universel, le droit à la sécurité, à l’intégrité de sa personne physique, mentale, psychique et spirituelle. Ce solo est un cri du cœur qui cherche à toucher l’humanité enfouie en nous, en donnant en spectacle l’animal blessé qu’est le persona de Legere.

Première partie: Polysémie théâtrale et la ritualisation de la mort.

Les spectateurs entrent dans la salle alors qu’un être cagoulé d’au moins 8 pieds de haut se tient au milieu de micros qui descendent du plafond, l’entourant comme s’il était le soleil d’un système solaire auditif. Une trame sonore de didgeridoo crée une ambiance transcendante. On sent que l’on assiste à une sorte de rituel chamanique. La faucheuse en chef d’orchestre nous fait traverser toutes les routes de la réflexion de notre propre mort, mais aussi celle des autres. Elle nous raconte l’histoire montée en casse-tête inquiétant et sombre de Raymond Taavel, un homme respecté dans la communauté gaie d’Halifax, qui s’est fait tabasser à mort à la sortie d’un bar en 2012. La première partie du spectacle se situe entre la mort et la vie. C’est l’entre-deux que la faucheuse nous dévoile. À travers des chants (que je fredonne encore d’ailleurs), Legere fabrique une zone tampon entre le cognitif et le ressenti.

Crédit photographique: Mel Hattie
Crédit photographique: Mel Hattie

Ici, je tiens à prendre la parole directement et personnellement. Les propos de Let’s not beat each other to death (part 1) sont si justes et bien ficelés, que l’on atteint un tout autre niveau de lecture. La polysémie de la pièce est délicieuse puisqu’elle sort complètement de son cadre « éducatif » et « revendicateur ». En tant qu’artiste féministe et queer, je me lasse des productions qui se revendiquent de ses combats pour la simple et bonne raison que la plupart du temps, un spectacle féministe ou queer veut automatiquement dire monosémique. J’attends ardemment le moment où une pièce féministe/queer ne se fera pas porte-étendard, mais sera plutôt fondée sur ce féminisme/queer comme une évidente partie du bagage de l’artiste. En raison de ses choix artistiques, l’artiste fera émerger ces valeurs sans avoir à pointer du doigt une collectivité défaillante. À certains moments de la première partie, c’est ce que Legere nous donne. On participe alors à une expérience qui transcende les différences pour faire face à une réalité collective, celle de l’appréhension de la mort et de l’imminence de la violence en donnant une voix à l’homosexualité.

Deuxième partie: Ode à la violence.

Il descend de son trône, pose les pieds sur terre et retire sa cape ténébreuse. Devant nous, mettant ses souliers, prenant une gorgée d’eau, Legere se déshabille, se rhabille et se transforme. Les lumières s’allument et la représentation transcendantale s’arrête. Il se présente et annonce la deuxième partie où il prend un micro et s’adresse directement au public. Il nous parle de ce sentiment de haine qui fait de lui ce volcan voulant tout détruire et brûler la violence du monde. Combattre le feu par le feu. « Thousands of me. They are telling me; You could have been beautiful too.” Un oiseau duquel on aura fracassé les ailes avec des pierres. Les moments où les paroles du persona se déversent en eau brûlante dans l’œsophage subjuguent. C’est lorsque le collectif détruit l’individuel que l’intérêt perce profondément. La violence que Legere traîne en lui est émouvante et dure. Cette parole fracassante de la haine du personnage est restée intacte comme une roche dans un estomac.

Crédit photographique: Mel Hattie
Crédit photographique: Mel Hattie

Troisième partie: Get it out, before it gets you.

En terminant, Legere ne propose aux spectateurs rien de moins que de transformer la petite scène du Prospero en piste de danse. Invitant un DJ local, il demande aux spectateurs de venir danser avec lui pour célébrer la vie et sortir le méchant. On passe complètement par dessus les applaudissements, un phénomène fort intéressant et agréable. Passons les courtoisies saladières du théâtre pour immédiatement participer à la célébration de la vie. De la passivité d’observateur à suer sur les planches de la scène, cette finale va de soi pour les créateurs du spectacle.

Une expérience qui fait montagne russe, mais qui en vaut le détour pour les quelques montées et descentes à grande vitesse. Le vertige ne tient pas, mais il est bien présent.

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Let’s not beat each other to death était présenté dans le cadre du Festival TransAmériques 2016 à l’Espace Go du 30 mai au 1er juin.

Article par Marilyne Lamontagne.

Artichaut magazine

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