Le Théâtre de L’Opsis nous invite au dévoilement de son cycle Scandinave qui sera présenté pour les quatre prochaines années à Montréal. Nous sommes conviés à la lectures de ces textes durant les mois de février, mars et avril, à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal . Je me suis rendue à la lecture de la pièce Les enfants d’Adam d’Audur Ava Ólafsdóttir, mise en lecture le 2 mars dernier par Geneviève L. Blais.
Les enfants d’Adam est une pièce sur une famille composée d’une mère et de ses trois enfants. Lors d’une réunion de famille, le fils revient, lui qui n’a pas revu ses sœurs depuis des années, plus précisément depuis la première communion de Magdalena, la plus jeune. On est devant une famille plutôt divisée qui ne sait pas quoi faire de leur mère vieillissante. D’un côté, les deux filles s’en occupent, en collaboration avec Martin, le mari de Martha et de l’autre, le fils qui laisse sa mère faire ce que bon lui semble. Entre les souvenirs de la mère et les problèmes des enfants, l’histoire se tisse à travers les divers secrets que les membres de la famille entretiennent.

La mise en place est très épurée. Blais a choisi de ne représenter que les accessoires les plus signifiants à la compréhension de la pièce. Un pupitre pour la narratrice ainsi que cinq chaises et lutrins placés en demi-cercle à ses cotés. Une petite table en avant-scène, sur laquelle sont disposées des assiettes de couleurs, participe à la scénographie. Les acteurs sont assis la majorité du temps, se permettant des déplacements à certains moment clés. Les passages dansants sont toutefois omis. On ne montre pas tout et c’est là la beauté de la mise en lecture. On se retrouve pratiquement seul avec le texte, à se le représenter selon notre imaginaire.
On sort de cette lecture empreinte d’humour en questionnant notre rapport à la vieillesse. En effet, le vieillissement de la population est une question importante au Québec qui trouve plusieurs échos dans Les enfants d’Adam. On assiste à la libération d’une femme qui décide d’en faire à sa tête, malgré son âge et malgré l’avis de sa famille. C’est touchant, puisque l’on a tendance à «ranger» les personnes âgées dans des centres pour ne pas s’en occuper, et que l’on va jusqu’à ne plus les considérer aptes de faire leurs propres choix. Danielle Proulx interprète ce personnage avec beaucoup de justesse, elle qui est tiraillée entre ses désirs et sa famille. Ces lectures nous ont assurément donné hâte de découvrir les prochaines mise en scène de la compagnie. Celle du 16 mars dernier Retours, de Fredrik Brattberg, était notamment mise en lecture par Solène Paré, diplômée de l’UQÀM.
Les enfants d’Adam était présenté le 2 mars 2016 à la Maison de la Culture Plateau-Mont-Royal.
Article par Anne-Marie Spénard – Issue du baccalauréat en Études théâtrales à l’École supérieure de théâtre, Anne-Marie est aussi passée par les Women’s Studies à Concordia . Elle entretient une légère obsession pour la question des genres, la musique et la mer.