Les médias et le public étaient conviés à la Satosphère, le samedi 17 janvier, au lancement du tout premier album Sound of The Real, de l’artiste de musique électronique Moses Baxter. L’équipe de l’Artichaut s’est déplacée pour vous en faire un compte-rendu.

Moses Baxter est originaire de Montréal, mais c’est un voyage de deux mois à Berlin qui a façonné son inspiration pour l’album Sound of The Real. Le projet est ambitieux. Le Montréalais a machinalement enregistré les sons et les bruits de la ville de Berlin. Ces échantillonnages sonores sont devenus la matière brute de la production de l’album. À cet effet, le producteur souligne que la musique électronique l’a toujours fait vibrer, et que cʼest pour cette raison qu’il a choisi de suivre ce genre jusquʼà ses racines. «J’ai cherché à utiliser ce style de manière personnelle en développant des pièces musicales qui ont pour base les sons de la réalité», a-t-il expliqué sur la page de l’évènement. La liste des sons utilisée pour l’album est variée. Baxter a utilisé des bruits allant d’une machine à laver à ceux d’un orchestre de rue, en passant par ceux d’un ventilateur, des clochers de l’église, d’une sirène de police et même d’un simple coin de rue. Moses Baxter est revenu à Montréal avec une centaine d’heures d’enregistrement où il a passé deux ans à tirer l’essentiel des substances acoustiques recueillies dans la capitale allemande.
C’est donc dans le dôme immersif de la Satosphère que Moses Baxter a plongé le public pendant plus d’une heure et demie. La configuration de la salle offre à l’assistance une véritable proximité avec l’artiste. L’écran, de 18 mètres de diamètre et d’une hauteur de 13 mètres, projetait des animations toutes aussi éclatées les unes que les autres. Les formes abstraites faisaient place à des formules mathématiques pour ensuite se transformer en une panoplie de tentacules qui semblaient vouloir nous retenir dans l’univers déjanté de Baxter. La majorité des images diffusées étaient en noir et blanc, tout pour ajouter au caractère épuré de la musique de Moses Baxter. L’animation est signée par les vidéo-jockeys Push1stop, Sean Caruso et Fred Trétout. Pendant ce temps, le producteur avait un plaisir fou à enchaîner les 12 pistes de l’album tout en affichant une présence assurée derrière les tables.

Sound of The Real est un amalgame méticuleux de détails sonores déconstruits, étirés, modulés et refaçonnés qui subissent toutes sortes de distorsions. C’est une expérience basée sur une exploration approfondie de la cité. On y retrouve des ambiances banales tout comme le côté éclectique et insaisissable de la vie urbaine. Baxter oppose la complexité de la ville à la simplicité du quotidien. En ce sens, les compositions rythmiques des pistes ont toutes comme dénominateur commun l’influence de Berlin sur Moses Baxter. Bien que l’échantillonnage de sons qui émanent d’objets ou de situations concrètes ne soit pas une nouveauté (John Cage avait bien saisi ce concept), il n’en demeure pas moins que Baxter maîtrise essentiellement bien le style et est en mesure de faire voyager l’auditeur dans une agglomération qu’il a créée de toutes pièces. Longue vie à la scène locale.
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Sound of The Real de Moses Baxter est disponible pour l’achat sur Bandcamp. Vous pouvez écouter un extract ici (Sound of The Real, Moses Baxter, 20 Janvier).
Article par Julien Denis.