Le marché des arts visuels à l’ère du web 2.0. Lancement de la nouvelle plateforme d’autogestion artBangBang

Lancé en septembre dernier, le projet artBangBang, dont les fondateurs sont Frédérique Marseille et Bassem El Hachem, a pour principal…
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Lancé en septembre dernier, le projet artBangBang, dont les fondateurs sont Frédérique Marseille et Bassem El Hachem, a pour principal mandat de propager les arts visuels et d’en démocratiser le marché. Destiné à abolir les frontières entre artistes et amateurs d’art, le projet prend la forme d’une plateforme web d’autogestion où les créateurs peuvent diffuser les évènements artistiques auxquels ils prennent part, mais surtout, partager leur portfolio et rencontrer des amateurs intéressés à faire l’emprunt, la location ou encore l’acquisition de leurs œuvres.

Image: www.artbangbang.com
Image: www.artbangbang.com

Nous vivons tous entourés de murs, que ce soit à la maison, au travail ou dans un café, ils constituent la plus grande partie de notre environnement quotidien. Les plupart des gens y placeront des objets achetés au magasin ou des images décoratives au goût parfois douteux, pour combler le vide de ces surfaces inoccupées. C’est en tous cas le constat qu’a fait Frédérique Marseille, qui se consacre maintenant à mettre en relation ces gens qui ont des murs vides avec tous ces artistes qui ont des œuvres qui traînent à la maison. Elle explique: «On a découvert que le marché de l’art s’adressait à une petite pincée de personnes, alors que tellement de gens font de l’art et très peu de gens réussissent à le partager.» En développant à partir de son concept initial Prêt d’art, elle a mis sur pied artBangBang dans le but de «permettre à un plus grand nombre de gens de vivre avec l’art au quotidien dans leur espace personnel ou professionnel, en permettant à la majorité d’artistes qui ont tellement d’œuvres qui dorment chez eux de faire voir leur travail de façon quotidienne et plus accessible».

Pour la co-fondatrice, l’idée, précise-t-elle, est «non seulement de démocratiser l’accès à l’art, mais de démocratiser la gestion de l’art», alors que l’artiste peut, grâce à la plateforme, gérer de façon indépendante ses propres transactions, sans avoir à passer par un intermédiaire institutionnel – comme celui de la galerie commerciale, qui prend une commission pour le travail de représentation et de gestion qu’elle réalise au nom des artistes sur le marché de l’art. Complètement gratuit, le service offert par artBangBang, et ce, même lorsqu’il ne conduit pas à une vente, demeure très «payant» pour les artistes, puisqu’en trouvant des emprunteurs, ils gagnent indéniablement à se faire exposer, connaître et apprécier. Quant à eux, les amateurs, en plus de dénicher et d’exposer chez eux des œuvres pour lesquelles ils ont eu le coup de cœur, contribueront à la réussite des premiers en faisant connaître leur pratique, et la plateforme, au sein de leur réseau social. Sans compter qu’ils pourront aussi rencontrer directement les créateurs et discuter avec eux… Comme quoi la diffusion des arts visuels ne tient pas qu’à la prolifération d’œuvres sur nos murs, mais dans nos conversations aussi!

Image: www.artbangbang.com
Image: www.artbangbang.com

D’ailleurs, l’équipe d’artBangBang a créé un blogue lié à son projet. Mis en ligne le 30 octobre dernier, celui-ci pourra fournir de manière parallèle «un médium d’information pour commencer à construire et développer [une] communauté [d’amateurs]», en espérant qu’un jour, la conversation sur les arts visuels soit aussi populaire que celle sur la musique ou le cinéma. Les lecteurs pourront entre autre y lire des billets intitulés «studio sneak peeks». Accompagnés de photographies, ces billets, en relatant des incursions dans des ateliers d’artistes, permettent un accès intimiste et décontracté à des mondes créatifs encore méconnus. Un outil 2.0 de plus que Marseille et El Hachem se sont donné pour remplir leur mission visant à combattre les préjugés entretenus face à de l’art contemporain, car trop souvent «les portes vitrées des musées nous font l’impression d’une guillotine où on pense que notre culture générale se fera couper la tête».

Si les ambitions d’artBangBang sont grandes et que ses fondateurs espèrent étendre son développement hors Québec, la mission principale de la plateforme à court terme sera de développer la communauté artistique à l’intérieur de la province, assure Frédérique Marseille. L’une des prochaines étapes sera de développer la page «Communauté», que l’on veut un espace pour que les artistes communique entre eux, afin notamment de faciliter l’organisation d’évènements artistiques collectifs. L’équipe pense aussi ajouter à son site le concept des «likes» pour voir peut-être de quelles façons le public d’amateurs accueille l’art actuel dans ses diverses formes.

Emilia S, I's, 2014
Emilia S, I’s, 2014

À ce jour, artBangBang rend visibles les œuvres de plus de 200 artistes travaillant dans des médiums artistiques variés – peinture, dessin, collage, illustration, photographie, sculpture – et a réuni autour d’elle une centaine d’amateurs d’art. Depuis la naissance du projet initial Prêt d’art, plus de 150 œuvres ont été prêtées, et depuis celui d’artBangBang, on compte déjà une quarantaine de prêts et une soixantaine de ventes. Avec plus de 247 œuvres à partager gratuitement, 186 à louer et plus de 1162 à vendre, voilà un projet qui frappe fort et une nouvelle destination d’art à ne pas rater.

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Pour plus d’informations, voyez ici le site web d’artBangBang.

Article par Caroline Chéhadé – Étudiante au baccalauréat en journalisme à l’UQAM, elle s’intéresse à tout ce qui est relié à la culture, la société et la politique. Elle aime les arts visuels, l’écriture et s’empiffre de romans québécois dès qu’elle trouve un peu de temps libre.

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