Mise en bouche musicale. Entrevue avec Mathieu Bérubé

À l’aube de son spectacle dans le cadre des soirées franco-culturelles, je rejoins Mathieu Bérubé dans un café près de…
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À l’aube de son spectacle dans le cadre des soirées franco-culturelles, je rejoins Mathieu Bérubé dans un café près de chez lui, en plein cœur de la Petite-Patrie. Décontracté, l’artiste aussi talentueux que sympathique accueille l’Artichaut Magazine, latte à la main. 

Crédit photo : ©Sansfaçon
Crédit photographique : Sansfaçon

Son premier EP, Du printemps plein la bouche, nous faisait découvrir des sonorités folk et une voix mature qui ne trahit pas les 21 ans de l’artiste. Après avoir couru les concours musicaux cet été (Ma première Place des Arts, Festival international de la chanson de Granby, concours de l’Étoile montante Ford, dans le cadre des Francofolies), l’auteur-compositeur-interprète s’apprête à enregistrer son deuxième EP.

Artichaut: Quand as-tu commencé à composer et qu’est-ce qui t’as donné envie d’écrire?

Mathieu Bérubé: J’ai commencé à écrire il y a moins de deux ans, alors que j’étudiais la guitare classique à Québec, et j’ai commencé à écouter pas mal de musique en français. Ça m’a donné envie de m’essayer moi aussi. Une fois de retour à Montréal, c’est une des premières choses que j’ai fait, écrire, avant même de m’inscrire à l’école… Ça ne fait qu’un an que je fais ça, dans le fond.

A.: Et te considères-tu plus comme théoricien ou instinctif?

M. B.: Je crois être un mélange des deux. C’est certain qu’étudier en musique classique m’a apporté le bagage théorique et les bases. C’est un outil de plus, surtout pour la composition musicale.

A.: Crois-tu que le côté très «accrocheur» de tes chansons te vient naturellement ou c’est plutôt l’étude de la musique qui t’a apporté ça?

M. B.: Je crois qu’à force d’écouter de la musique, il y a des mélodies qui te restent dans la tête et je bâtis pas mal mes tounes autour de ça. J’ai toujours aimé la musique pop, Lady Gaga par exemple. C’est aussi pour ça que je recherche le côté «catchy» quand j’écris une chanson.

A.: Est-ce que tu bûches davantage sur le texte ou la mélodie? 

M. B.: Au début, le texte était vraiment secondaire. À force d’en faire, je me suis fait dire «hey, j’aime vraiment tes textes !». Je me suis alors dit que je devrais me concentrer aussi là-dessus. J’essaie quand même de ne pas négliger la musique. Dans certaines chansons, le texte sert plus la musique et vice-versa pour d’autres.

A.: As-tu une chanson fétiche?

M. B.: Belzebuth, des Colocs. C’est vraiment parfait. J’aime beaucoup lorsque, dans une chanson, il y a des surprises, que tu ne sais pas trop où elle s’en va. Celle-là est longue, ça bouge et en plus le texte est parfait.

A.: Et dans les tiennes, y en a-t-il une qui pourrait s’en rapprocher selon toi?

M. B.: Du printemps plein la bouche. Je ne sais pas ce qu’elle a de particulier, mais c’est ma préférée. Je pense que c’est la toune qui m’est venue le plus rapidement de toutes, et elle est restée.

A.: Lequel de tes show t’as fait le plus triper, à date?

M.B.: Sincèrement, je ne pourrais pas dire. Souvent, j’aime mieux les plus petits shows. Dans les festivals, tu es stressé. Souvent, tu as 15 minutes pour te vendre et des fois, moins, tu n’as que trois tounes… Tu n’as pas le temps d’être à l’aise. À la Sala Rossa [pour le party de lancement du magazine Le Culte, en février], c’était quand même un show vraiment le fun, avec Ours Blanc. On a fait pas mal de shows ensemble l’année dernière donc il y avait quelque chose de très familial. On voyait que le monde était vraiment content d’être là, ils étaient vraiment «dedans».

A.: Et quelle est ta prochaine étape? As-tu un album complet en chemin?

M. B.: Ça va probablement être un prochain EP. Je vais enregistrer ça en novembre. Les tounes seraient déjà prêtes [pour un album complet], mais tant qu’il n’y a pas de demande, je ne pense pas être rendu là.

A.: As-tu été approché par des maisons de disques?

M. B.: Pas tellement. J’ai rencontré beaucoup de gens. Il y a des artistes qui me disaient qu’ils aimaient ce que je faisais. En même temps, ça ne fait qu’un an que je fais ça, il est arrivé à certains que ça prenne six ans avant d’avoir un contrat. Il ne faut pas se presser avec ça, je pense.

A.: Pour ton prochain EP ou un éventuel album, souhaites-tu demeurer acoustique lo-fi ou aimerais-tu expérimenter avec un band complet?

M.B.: Pour le prochain EP, j’imagine que ça va rester dans ce genre, peut-être avec plus d’instruments. Je ne pense pas que je vais mettre du drum, par contre. Ultimement, pour un album complet, j’aimerais ça, oui. C’est une énergie complètement différente.

Charmé par l’entretien avec le jeune artiste en floraison, l’Artichaut est heureux d’avoir pu se faufiler dans le processus créatif et les inspirations de Mathieu Bérubé. Son prochain EP, dont les dates restent à confirmer, est attendu avec impatience.

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Entrevue avec Mathieu Bérubé, auteur-compositeur-interprète
Curieux? Visitez sa page Bandcamp ou écoutez-le live 

4 octobre @ Le Labo (Taverne Jarry) avec Anthony Roussel
3 novembre @ l’Abreuvoir (Les Lundis à Léo) avec Lydia Képinski
10 novembre @ l’Esco dans le cadre de Coup de Coeur Francophone
Aussi, vous pouvez télécharger son dernier single Parachute gratuitement ici !

Article par Laurianne Croteau. Étudiante en journalisme à la curiosité insatiable. Éprise du monde, de politique et d’économie, je tente de sortir de ma zone de confort afin d’explorer davantage le milieu culturel québécois.

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— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM