Discussions, enjeux sociaux, tables rondes et… mimosas! Voilà qui donne le ton à la programmation de la 15e édition du Festival Metropolis bleu. Du 22 au 28 avril prochain, le festival littéraire international accueillera les noms des plus grands auteurs du globe et du Canada. Pour souligner leurs 15 ans, les organisateurs ont l’esprit à la fête et une gamme d’évènements originaux aura lieu pour souligner l’épiphénomène.
« Le festival permet une rencontre non mitigée entre les auteurs de différentes nations », lançait le président du conseil d’administration de Metropolis bleu, Cameron Charlebois à la conférence de presse du 26 mars. En effet, l’organisme a pour mission de réunir les gens de diverses langues et cultures autour du plaisir de lire et d’écrire. Le but est d’enrayer les barrières, car malgré une langue propre à chaque culture, les propos des récits restent sensiblement les mêmes. Et c’est ce qui importe.
Pour l’occasion, Montréal sera l’hôtesse d’une brochette assez impressionnante d’auteurs de renom. Couvrant une très large panoplie de thèmes et de sujets à débats, le festival s’oriente néanmoins vers quatre grands axes directeurs.
Les lecteurs aguerris fervents des mots du Sud seront servis avec les Récits d’Afrique. L’animatrice de l’émission à la Première chaîne de Radio-Canada Plus on est de fous, plus on lit, Marie-Louise Arsenault, nous propose d’ailleurs une entrevue avec Alain Mabanckou sur la signification d’un auteur africain à la réputation internationale. Plus près de notre continent, la question des écrivains qui se réfugient dans l’écriture pour contrer les maux de l’âme est récurrente. Nelly Arcan en était justement un exemple probant. Le deuxième axe concerne le parallèle à faire entre la santé mentale et la littérature. En partenariat avec l’Institut Douglas, le Metropolis bleu vise à briser les préjugés par divers ateliers qui à leur tour lèvent le voile sur la maladie mentale. Pour les adeptes de débats d’idées, c’est dans les évènements regroupés sous le thème « Idées et société » que vous vous trouverez. Enfin, le dernier axe auquel les lecteurs sont conviés concerne la littérature gaie et lesbienne. Les étiquettes collent inévitablement à la peau de certains auteurs. Celle « d’écrivain gai », par contre, n’a peut-être plus sa place aujourd’hui. Le festival soulève cette problématique entre autres avec Edmund White, véritable figure emblématique de la littérature gaie. Catherine Mavrikakis (Le ciel de Bay City) nous convie à un tête-à-tête avec White le vendredi 26 avril à 19 h.
Dans un esprit plus ludique, le festival a décidé de fêter en grand ses 15 bougies par une rencontre des plus coquines. Intitulé Le fruit défendu , l’événement-bénéfice prendra la forme d’une dégustation de chocolats fins et de cidres de glace dans une atmosphère de boudoir. Des acteurs professionnels liront des passages des meilleures friponneries de la littérature érotique. Une expérience pour les plus libertins…
Comme chaque année, la Fondation Metropolis bleu décerne des prix (accompagnés de généreuses bourses) pour honorer des écrivains étrangers et canadiens. Ainsi, le Grand Prix sera remis à l’Irlandais Colm Tóibín, notamment reconnu pour son roman The Master. La remise du prix se déroulera à la Grande Bibliothèque le jeudi 25 avril à 18h30.
Avec un Festival pour enfants imbriqué à celui pour « adultes », le Festival Metropolis bleu a une programmation qui plaira aux plus jeunes et aux moins jeunes, aux anglos et aux francos, aux gais et aux lesbiennes. Alouette! Alors qu’un débat linguistique sévit dans la plus grande bêtise, une rencontre à teneur internationale, où les mots du monde côtoient les styles de chacun, applique un baume sur les vilaines discordes. Maintenant, place aux livres. Libres. Tout court et sans filtre.
Festival Metropolis bleu, du 22 au 28 avril 2013.
Article par Ariane Thibault-Vanasse – L’hiver est sa page blanche / L’encre sèche, repaire tranquille / Ne tuera pas l’écrivaine.
