Retour sur la Ligue d’impro littéraire de la Nuit blanche – Première édition

Se déroulant chaque année un peu partout à travers le monde, la Nuit blanche est un événement artistique ayant pour…
1 Min Read 0 102

Se déroulant chaque année un peu partout à travers le monde, la Nuit blanche est un événement artistique ayant pour but de promouvoir la culture. Inaugurée en 2004, la Nuit blanche de Montréal offre plusieurs centaines d’activités culturelles pour la plupart gratuites et ouvertes au grand public. C’est donc le 3 mars dernier qu’a pris place la 15e édition de la Nuit blanche de Montréal dans le cadre du festival Montréal en lumière.

Maison des écrivains.

Lors de cette soirée annuelle, l’UNEQ nous a donné rendez-vous à la maison des écrivains pour une joute d’improvisation. Pour cette première édition, la Ligue d’impro littéraire : RE-MIX des œuvres visait la rencontre entre des genres artistiques. Pour ce faire, quatre auteurs ainsi que quatre improvisateurs étaient présents. Le concept était simple : revisiter dans l’improvisation des extraits des œuvres de Biz, de David Goudreault, de Perinne Leblanc et de Ghislain Taschereau. En respectant (ou non) les personnages, les lieux et les actions, Réal Bossé, Simon Boudreault, Ève Landry et Diane Lefrançois improvisaient sans aucune contrainte les extraits lus par les auteurs.

Les quatre improvisateurs de la soirée.

Les improvisateurs

Réal Bossé et Diane Lefrançois n’ont plus besoin d’introduction. Monuments de l’improvisation au Québec, ceux-ci cumulent respectivement plus de 20 saisons dans la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI). Au même titre que ceux-ci, Ève Landry et Simon Boudreault font tous deux parties de la LNI. Plutôt connus pour leur carrière de comédien, Ève Landry a incarné le rôle de Jeanne Biron dans Unité 9 alors que Simon Boudreault a entre autres participé à l’émission Dieu Merci !. Quatre improvisateurs de talent qui se sont donc pliés au jeu samedi dernier, donnant lieu à des improvisations drôles et parfois même absurdes.

Soirée éphémère sans compromis

C’est ainsi que, dans une salle comble, ont pris vie les histoires, notamment, d’un médecin dans le nord du Québec, d’un homme en URSS et d’une escorte tatouée « gâtes-toi » sur le bas de l’abdomen[1]. Accompagnées au piano par Yves Morin, les improvisations étaient parfois déclamées, parfois chantées et parfois même dans une autre langue possiblement inventée. Toujours très comiques, les improvisateurs jouaient énormément avec le texte littéraire ce qui donnait à tout coup de nouvelles créations. Confrontés à leur talent, les auteurs ont décidé après quelques sketchs de les challenger avec des extraits plutôt coriaces de leurs œuvres respectives. Retour sur une improvisation marquante.

Écrivain Ghislain Taschereau

Le passé simple réinventé

Ghislain Taschereau lors de sa dernière lecture de texte a lancé un défi aux improvisateurs. De son plus beau verbe, Taschereau a récité un court texte entièrement écrit au passé simple. Ce dernier s’amusait avec la complexité de ce temps de verbe, ce qui donnait de très belles allitérations. Des « portâtes » aux « fîtes » en passant par les « eut » et les « furent », tout y était pour déclencher une improvisation comique. Qu’allaient faire les improvisateurs avec un texte si littéraire et si peu adapté pour la scène ? Pour le plus grand plaisir de la foule, ceux-ci se sont lancés et nous ont offert une dictée scolaire (vraisemblablement de niveau primaire). Il fallait entendre les éclats de rire de la foule lorsque celle-ci a compris ce qui se tramait sur scène ! Quel professeur (Réal Bossé) donnerait une dictée si complexe à ses élèves (Simon Boudreault, Ève Landry et Diane Lefrançois) ? La tyrannie de ce professeur et l’incompréhension totale de ses élèves étaient parfaitement improvisées pour notre plus grand plaisir.

L’UNEQ nous a assurément offert une belle surprise avec cette Ligue d’impro littéraire. Vu le succès de celle-ci, croisons les doigts pour qu’elle revienne l’année prochaine pour une seconde édition.

[1] Spécifions que l’histoire mentionne que le tatou en question est écrit de manière fautive : à l’impératif présent « gâte » ne prend pas de « s ».

Article par Annie Gaudet.

Artichaut magazine

— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM