L’amour infini entre frères et sœurs, c’est inestimable. Plus jeune, on se chamaille pour mille et une raisons, pour se rendre finalement compte assez rapidement que c’est avec eux que l’on a le plus de complicité. C’est l’amour d’une famille. C’est quelque chose qui ne disparait pas.

Combat, pièce de Gilles Granouillet, présentée par la troupe Réverbère Théâtre, c’est l’histoire de cet amour fraternel. C’est un frère (Carl Béchard) qui, souhaitant souligner la fin du travail de sa mère dans une boucherie, décide d’inviter à l’évènement sa sœur (Isabelle Leclerc) qu’il n’a pas vu depuis longtemps. De peine et de misère, il finit par la convaincre de venir faire un tour. Malheureusement, la fête planifiée par le frère et sa femme (Odette Guimond) tourne au fiasco, au grand désarroi de ces derniers. Au final, une sœur impatiente, une femme frustrée, une mère saoule et un bœuf qui orne la médaille de travail de la mère. Suite à l’erreur commise par la sœur, le combat se faufile dans le triangle infernal qu’est l’abattoir, la gare de train et la prison. La bataille d’un homme pour protéger sa sœur. La bataille d’une femme pour obtenir l’amour de son mari. La bataille, finalement, d’une sœur contre son devenir.
C’est cette proximité du triangle infernal que l’on peut constater sur scène. La scénographie rend hommage à l’idée que voulait créer Gilles Granouillet d’un monde industrialisé, féroce, méchant et empêtré dans le malheur total. Quant à la mise en scène, celle-ci accomplit son oeuvre avec brio. L’utilisation du musicien sur scène permet d’accentuer certains moments… et d’en remplir d’autres.

Effectivement, c’est la lourdeur de la pièce qui vient à nous faire décrocher quelques fois. Non par la faute des acteurs, dont le jeu est retentissant, mais par la longueur de la pièce. Le début peine à s’installer. Puis, l’impression de remplissage de certains passages dans le texte par des temps morts trop longs ou des conversations sans but. Quelques sections du 1h45 où nous sommes restés assis auraient facilement pu être coupées du texte. Hélas, le rythme saccadé n’a pas offert pas la sensation escomptée.

Par contre, le jeu est sauvé par le travail colossal des acteurs qui en ont mis plein la vue. Malgré quelques embûches avec le texte, ce sont des acteurs confiants qui sont parus devant nous. La brillante performance de Carl Béchard a créé un sentiment général d’empathie envers l’homme heureux de manger ses chips, mais malheureux de n’être qu’un bâtard.
En bref, malgré une certaine longueur, l’excellente performance des acteurs et l’histoire intrigante rend bien agréable cette réalisation du théâtre Réverbère.
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Combat de Gilles Granouillet, présenté du 29 avril au 13 mai 2013, au Théâtre Prospero. M.E.S. par Odette Guimond.
Article par Jennifer Pelletier. Étudiante en communication et politique. Amatrice de théâtre.