Petite parenthèse feutrée dans ce gris monotone d’automne, l’ambiance était à la fête au Cabaret Lion d’Or, pour le lancement du nouvel opus d’Ariane Vaillancourt, Fig. 1.

Couverte de paillettes dorées, la jeune femme était tout sourire debout devant la salle bondée. Le public était d’abord et avant tout présent pour accompagner la belle dans cette dernière étape d’une longue épopée qu’incarne cet album. Entourée d’une foule d’instruments sur scène, notamment un quatuor de cordes et de deux choristes, Ariane a offert une performance haute en voltiges vocales à la Sigùr Ros.
«J’ai eu l’impression que ça a passé en un claquement de doigts» explique-t-elle, encore ébranlée. Un peu comme un «accouchement», son lancement lui a permis de fièrement présenter son accomplissement des derniers mois. À pareille date l’année dernière, elle contactait Pilou, le producteur de son album en devenir. Ensemble, ils ont conceptualisé ce petit coucou qu’elle voulait faire au public après l’album du groupe Fil d’Ariane, dont elle était l’auteure-compositrice-interprète. «Je voulais sortir de quoi à mon nom» raconte-t-elle, une sorte de cassure pour marquer l’évolution de son empreinte musicale.
Ce qui la fait vibrer, c’est de faire vivre à son public une histoire à travers ses chansons, de saisir des émotions et de les retransmettre par le canal auditif. Une procédure parfois bien difficile selon les dires de la principale intéressée, mais qui la stimule comme pas une. Cette formule épique est d’autant plus ressentie lorsqu’Ariane et ses comparses prennent d’assaut la scène pour interpréter leurs hymnes. Les spectateurs ont même fait partie de ce périple, unissant leur voix à celle des artistes sur la scène lors de la pièce finale du spectacle Mémoire. Une chorale tissée serrée pour écrire les pages d’une histoire mémorable.
Pas du tout égocentrique, la démarche de Fig.1 est parsemée d’empreintes différentes, chacun des protagonistes ayant mis son petit grain de sel. Il est d’ailleurs difficile avec du recul de précisément dire qui a fait quoi sur l’opus, bien que toutes les décisions prises aient pour point commun les textes qu’elle avait écrits.
Bien que l’album ait été enregistré au cours de l’hiver dernier, elle ne pouvait se résoudre à sortir le fruit de son travail pendant la saison estivale. « Je fais de la musique hivernale, je ne pouvais tout simplement pas le sortir en été», justifie celle dont deux des six pièces de son album parlent du froid.
La cassure est maintenant faite entre la Ariane qui faisait du rock avec son groupe et celle qui fait de la musique cinématographique. «Avant, je composais pour un band de musique, une formule plus rock qui me convenait quand j’avais 17 ans. Aujourd’hui, je compose pour mon projet», avoue-t-elle. Ça lui a permis d’explorer un peu plus, de créer autrement. «Je me suis permis de rêver. Le quatuor à cordes, c’est malade!», s’émerveille-t-elle encore.
Fig.1 est disponible sur la plateforme internet Bandcamp et sur iTunes. Aucun spectacle n’est annoncé pour l’instant.
Article par Catherine Charron.