Le 18 septembre dernier s’est amarré au Port de Tête le tout nouveau Bathyscaphe. Septième numéro de cette revue qui s’attache peu à la chose actuelle et qui nous offre encore un superbe amalgame de textes et d’images, de français et d’anglais, de sérieux et de jeux. Les lettres s’y égarent parfois, tombent et remontent, et les articles explorent autant les limbes artistiques que la surface houleuse du médiatique. Les images, propres à l’imaginaire de Jules Verne, épousent parfois le propos et parfois se perdent dans les marges, livrées à elles-mêmes. C’est donc un objet papier qui trouve sa plus grande conviction dans son orchestration, dans son édition. Pas besoin d’en dire davantage pour comprendre pourquoi l’artichaut l’aime bien…
En collaboration avec l’Oie de Cravan, cette revue « publiée contre vents et marées » tapisse les rayons grâce à l’équipage hétéroclite que forment Alexandre Sánchez, Hermine Ortega, Antoine Peuchmaurd et Benoit Chaput. Aux mots de ce dernier, ce numéro « au-delà d’une couleur (bleu) on ne peut plus réussie fut un vrai plaisir à assembler. Les textes sont passionnants et j’aimerais qu’ils aient une plus grande portée. Notamment dans le monde anglophone non seulement montréalais et même canadien, mais aussi outre frontière, aux États-Unis. Plusieurs voix, idées et cultures se rencontrent dans cette revue, il faut continuer à étendre son souffle ».
Le lancement gorgeait de rires et d’échanges, quelques enfants couraient dans tous les sens (c’était un dimanche!) et il y eut même un solo de tuba dans la cour arrière, mené par Sasha Johnson, un musicien qui pratique son art sur les rails du Mile-End et à qui un article du Bathyscaphe est consacré.
C’était aussi l’occasion de lancer le nouveau numéro de Der Stein, le fanzine allemand de Julie Doucet, et Typographie inusuelle, de Marc Pantanella. Ce dernier ouvrage est un petit recueil au format attrayant qui m’a séduit par sa couverture fraîche aux lettres gonflées, bizarres et sympathiquement colorées. C’est un objet de collection « parfaitement inutile » qui prend d’assaut notre alphabet et sa ponctuation afin de les détourner. Ce sont des lettres égarées qui se chargent d’un tout autre signifié (pour celles qui en possédaient un!) à l’abord de leur signifiant dérouté. Entre ses « Consonnes pour dyslexiques » et son « E à réserve d’accents », Typographie insuelle tient lieu d’un véritable travail visuel à la sauce humoristique. D’ailleurs, le livre se résume par les mots de Maximilien Vox, pour qui « la typographie est simple, aussi simple que de jouer du violon! »
En somme, ce sont-là des mondes livresques intéressant à explorer qui sauront sans doute trouver leurs lecteurs en cette rentrée littéraire 2011.
Article par Sébastien Ste-Croix Dubé.


