Simon Boudreault le comédien, l’improvisateur, l’auteur, le metteur en scène, le marionnettiste est bel et bien une seule et unique personne. «C’est l’improvisation qui rassemble tout ça», lance-t-il. Il a toujours été intéressé par l’écriture. Comédien de formation, c’est l’improvisation qui lui sert d’école pour apprendre à créer. Quant à la mise en scène, elle est arrivée par accident sur la route du créateur.
À quelques jours de la reprise de sa pièce Soupers au Théâtre d’Aujourd’hui, Simon Boudreault se livre.
Reprendre Soupers … Différemment?
«C’est toujours un mélange. On a une comédienne qui change parce que Caroline Lavigne qui joue la sœur vient d’accoucher, donc c’est Johanne Haberlin qui reprend le rôle. Juste le fait d’avoir quelqu’un d’autre c’est sûr que ça amène une couleur différente.
La reprise c’est toujours l’occasion de se dire: “ce bout-là on pourrait le faire comme ça” ou de pousser plus loin des idées. Mais en même temps, ça reste la même pièce. Je n’ai pas une nouvelle fin ou un nouveau personnage. Ce n’est pas une autre pièce, c’est vraiment la même production. Le temps a passé et les comédiens ont muri aussi là-dedans, c’est sûr que c’est différent, mais ça reste la même œuvre, ça peut pas rester aussi figé qu’une œuvre cinématographique vu que le théâtre c’est un art vivant, il va toujours y avoir des changements.»
Comment le projet de résidence au Théâtre d’Aujourd’hui s’est-il présenté?
«J’avais invité Marie-Thérèse [Fortin] à venir voir la première lecture de Soupers. Et c’est après que Marie-Thérèse m’a invité à venir en résidence. Au début j’hésitais parce que ce n’est pas une salle évidente la salle Jean-Claude Germain. C’est une petite salle et la visibilité n’est pas toujours évidente. Puis je me suis demandé: “Est-ce que j’ai des projets pour cette salle-là?” Parce que je ne pense pas que chaque show peut se monter n’importe où. Et pendant une journée elle [Marie-Thérèse Fortin] m’avait laissé la salle et je faisais juste marcher dans la salle, essayer des trucs juste pour m’inspirer. Et c’est là que j’ai eu le flash de la pièce Soupers que j’avais déjà écrite il y a quelques années. J’ai eu le flash de faire un restaurant.
Ce que ça m’a apporté la résidence, d’avoir un lieu, c’est que le lieu va inspirer la création et aussi amène une certaine sécurité parce que pendant deux ans je savais que j’allais avoir ce lieu où j’allais pouvoir jouer. Donc à ce niveau-là, ça m’a un peu poussé dans le cul et ça m’a donné aussi l’opportunité d’une certaine stabilité.»
Présenter deux pièces dans la même année c’est avoir une grosse année. Comment ça se vit?
«C’est toujours un mélange. C’est à la fois stimulant et à la fois stressant à chaque fois parce qu’il y a toujours les défis de la production, les défis de la réception du public. Je trouve ça plus stimulant que stressant parce que ce que j’aime le plus, c’est quand on est en train de créer les shows et de le monter. Gérer une compagnie c’est un travail de longue haleine. Les productions c’est le bonbon, ça me procure beaucoup plus de plaisir que de stress.»
La création comme processus
«Le problème que j’ai c’est que ma méthodologie change un peu dépendamment des productions. À chaque fois, c’est un parcours différent, mais c’est sûr qu’il y a toujours une part d’échange et une part d’isolement assez intense. C’est-à-dire qu’il faut que j’amène mon idée exactement où je veux l’amener et ensuite le regard de mes collaborateurs me permet de me rendre compte si je l’ai amené où je voulais, si ça crée exactement ce que je voulais. Donc il y a toujours un échange, mais à chaque fois le processus par lequel je pars pour créer est différent, ce qui fait que j’ai une méthodologie un peu chaotique. Je pense que ça me vient de l’impro où je me plais à jouer dans différents univers et à chaque fois je l’aborde différemment. Ça me vient de là ce désir que la méthode de travail soit liée à la création.»
L’après-souper ressemblera à…
«On travaille pour une autre tournée de Soupers et on veut aussi faire une reprise de D pour Dieu qu’on a fait l’année dernière, mais sinon on est déjà en train de travailler pour une prochaine création pour l’année prochaine, mais vu qu’on est d’avance, je ne peux pas encore dire où et ça va être quoi, mais on va faire une création l’année prochaine ça c’est sûr, mais je laisse planer un petit mystère autour.»

Qu’en est-il de l’impro
«J’ai quitté la LNI l’année dernière et je ne compte pas y retourner cette année. Je joue à la Lime depuis deux ans et pour l’instant c’est ce qui me convient le mieux comme improvisateur. C’est une nouvelle gang trippante et ça me permet de découvrir une autre façon de faire de l’impro. En impro, j’ai besoin de me remettre continuellement en question.»
Article par Marie-Michelle Borduas. Animatrice et chroniqueuse radio, amoureuse de théâtre et consommatrice avertie de musique! Je partage mon temps entre tous les théâtres et les salles de spectacles montréalais. 1001 projets parce que la tête bouillonne. Oh et j’ai aussi ce petit papier qui indique: bachelière en journalisme.