Fantasia 2017 : critiques de Julien Bouthillier (Partie 4)

Pour la quatrième et dernière partie de sa couverture du festival Fantasia, Julien Bouthillier s’est attardé aux films suivant : Bad Genius, Bushwick, Blade of the Immortal, Deliver Us & Game of Death.
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Pour la quatrième et dernière partie de sa couverture du festival Fantasia, Julien Bouthillier s’est attardé aux films suivants :

Bad Genius – Nattawut Poonpiriya

Bushwick – Jonathan Milott et Cary Murnion

Blade of the Immortal – Takashi Miike

Deliver Us – Frederica di Giacomo

Game of Death – Laurence Baz Morais et Sébastien Landry

 

Bad Genius – Nattawut Poonpiriya

En fin de festival, il en faut beaucoup pour plaire au spectateur ou à la spectatrice blasé-e, gavé-e par le meilleur comme par le pire de ce que le cinéma a à offrir. Bad Genius, sans réinventer la roue, offre une surprise divertissante et remplie de tension, capable de tirer le critique hors de sa fatigue de fin de festival. Affiché comme un film de braquage situé dans une école secondaire, la production thaïlandaise (le plus gros succès au box-office Thaï de l’année) réussit contre toute attente à hisser cette prémisse pour le moins incertaine aux sommets atteints par des succès du genre tel Ocean’s Eleven, gagnant au passage le prix de la Mise en scène et le prix Séquence à cette 21e édition du festival Fantasia.

Lynn (Chutimon Chuengcharoensukying) apprend-on assez vite, est une étudiante modèle, cumulant les A sans effort et décrochant une bourse d’études dans une institution prestigieuse. Elle semble destinée au plus bel avenir que puisse espérer un élève thaïlandais : l’admission dans une université américaine, promesse de succès et d’avenir. Tous n’ont pas sa chance : sa meilleure amie Grace (Eisaya Hosuwan) et son petit ami Pat (Teeradon Supapunpinyo) souffrent de notes désastreuses qui menacent dangereusement leur avenir. D’abord par sympathie, puis par appât du gain, Lynn développe un ingénieux système de codes (basés sur des partitions pour piano) pour leur communiquer les bonnes réponses lors des examens. La méthode est un succès, et bientôt, ses camarades commencent à ambitionner.

La principale difficulté pour Bad Genius était de transformer une thématique autrement ennuyeuse, les examens scolaires, en quelque chose de palpitant. Mission amplement réussie, avec ces séquences haletantes où le simple geste de refiler à son voisin une efface où les réponses d’examen sont notées (un vieux truc!) semble tout droit sorti de Mission Impossible. Le réalisateur Nattawut Poonpiriya multiplie les moments de tension avec brio, et malgré la grosseur de certains dispositifs, impossible de décrocher. Les scènes finales, situées à Sidney, empruntent de façon directe à l’esthétique du film de braquage (le babillard détaillant le plan, les ennuis de dernière minute, la fuite, le compte à rebours, les surveillants suspicieux, etc.) et constituent un grand moment de cinéma à suspense, n’ayant rien à envier aux gros noms du genre.

Si Bad Genius n’a d’autre prétention que de divertir, on appréciera son commentaire sur les écueils du système d’éducation thaïlandais (écueils pas si éloignés de ceux du système d’éducation occidental) : favoritisme pour les élèves des classes supérieures, corruption, écoles privées profitant du désespoir de parents anxieux de voir leur progéniture accéder à un avenir stable, etc. De même, le film met de l’avant les sévères contrastes de classe entre les divers personnages de façon assez réussie. D’un côté, Pat, issu de la petite bourgeoisie thaïlandaise et promis à un avenir radieux par le seul pouvoir du saint argent familial, de l’autre Lynn et son confrère Bank (Chanon Santinatornkul), issus de familles modestes, forcés, parfois malgré eux, de vendre leur intelligence. Si la finale à la morale démonstrative cherchant inutilement à offrir une rédemption symbolique au personnage principal tombe à plat et donne un sentiment de non-aboutissement, la tension soutenue des deux heures précédentes pardonne largement cette faute de dernière minute à un film obtenant définitivement la note de passage.

Bad Genius - Nattawut Poonpiriya - Crédit: GDH 559 C
Bad Genius – Nattawut Poonpiriya – Crédit: GDH 559 C

Bushwick – Jonathan Milott et Cary Murnion

En 2009, le superbe Life During Wartime de Todd Solondz abordait l’anxiété causée par une guerre invisible chez un peuple américain perdu et sans repère, étouffé par son propre nihilisme débilitant. Dans le Bushwick de Jonathan Milott et Cary Murnion, non seulement la guerre est visible, mais elle se passe maintenant dans les rues de New York (ville au potentiel symbolique pour le moins puissant), où les citoyen.nes de la Grosse Pomme font face à une milice sécessionniste issue du Midwest. Il y a quelques années, pareil scénario aurait été digne de l’exercice parodique, un Hipster vs Redneck à ranger entre Ninja vs Zombies et Mecha Shark vs Mega Shark – aujourd’hui, non seulement cette histoire peut-elle être considérée sérieusement comme de la science-fiction d’anticipation, beaucoup la croient imminente (bien que les sécessionnistes ne soient pas ceux auxquels on aurait d’abord pensé).

C’est donc avec une approche naturaliste et relativement sérieuse (malgré quelques moments comiques, dont la charge de juifs hassidiques armés de fusils d’assaut) que Milott et Murnion s’attaquent à leur sujet, cherchant à conjuguer un contexte très pulp avec le réalisme d’anticipation d’un Children of Men, voire d’un Punishment Park. Leur mise en scène privilégie une histoire racontée en temps réel à l’aide d’une série de plans-séquences suivant la fuite de Stupe (une performance sensible et maîtrisée Dave Bauttista, montrant une facette plus douce à son caractère imposant) et Lucy (Brittany Snow, inégale dans un personnage peu consistant) à travers les rues ravagées du quartier Bushwick. L’approche est indéniablement audacieuse et courageuse pour un film à si petit budget, et les cinéastes réussissent à l’occasion à provoquer des moments saisissants. Trop souvent malheureusement, leurs ambitions excèdent largement leurs moyens, parfois de façon assez visible (rues cruellement vides de figurant.es, effets spéciaux de seconde zone, trafic visible en arrière-plan, etc.). Les ambiances et effets sonores, qui auraient pu servir de cache-misère au film en proposant une immersion auditive à défaut d’être visuelle, manquent de punch, laissant le spectateur bien loin de la réalité de guerre que les cinéastes cherchent à invoquer.

Politiquement, le film puise dans les craintes et anxiétés d’une Amérique plus que jamais divisée. La menace est ici double : les allégeances des milices évoquent la menace des groupuscules extrémistes, tandis que leur costume et leurs hélicoptères noirs évoquent les Black Ops gouvernementales sorties de théories du complot. Une évocation de la plus grande peur de la psyché américaine : celle de la tyrannie d’un gouvernement tuant ses propres citoyen.nes et procédant à une purification ethnique (la multiethnicité de Bushwich est mise en opposition avec le suprématisme blanc avoué des milices). Dieu merci pour le second amendement!

Si les New Yorkais.es sont posés en victime d’une invasion les dépassant et les prenant de surprise, l’esthétique de leur résistance puise directement dans l’imagerie révolutionnaire dernières années. Ainsi, les scènes finales calquent plusieurs images marquantes du printemps arabe et de la révolution ukrainienne, notamment ces images saisissantes de manifestant.es se protégeant des tirs de snipers derrière des boucliers de fortune.

Si cette reprise esthétique fait mouche dans cette ère d’inquiétude et de paranoïa généralisée face à la présidence de Donald Trump (encore lui), elle ne peut manquer d’évoquer un certain fantasme révolutionnaire occidental dont la compréhension manichéenne de conflits extrêmement complexes met en lumière les wedge politics ayant contribué à la montée en puissance d’une extrême droite plus belliqueuse que jamais. Si la courageuse montée au front des communautés racisées et marginalisées de Bushwick se révèle une allégorie probante pour leur résistance quotidienne (et souvent invisibilisée), les voir soudainement menées au combat par une blanche de classe moyenne s’improvisant leader a de quoi faire sourciller un auditoire qui ne s’attendait pas à voir le syndrome du sauveur blanc refaire surface aussi rapidement.

Bushwick - Jonathan Milott et Cary Murnion - Crédit: Lyle Vincent
Bushwick – Jonathan Milott et Cary Murnion – Crédit: Lyle Vincent

Blade of the Immortal – Takashi Miike

Ajout-surprise à la programmation du festival : Blade of the Immortal, troisième film du célèbre Takashi Miike présenté au festival cette année après Jojo’s Bizarre Adventure : Diamond is unbreakable et The Mole Song: Hong Kong Capriccio (ce dernier film n’a pas été couvert sur nos pages, étant une suite, mais en quelques mots : c’était amusant). Encore une fois adapté d’un manga (cette fois la série du même nom de Hiroaki Samura), ce 100e film de l’industrieux cinéaste le voit renouer avec le genre du jidai-geki, qu’il avait exploré il y a quelques années avec 13 assassins et Harakiri. Là où ces deux opus, remakes de classiques du cinéma japonais, visaient à injecter dans le genre une touche de réalisme teintée de boue et de sang, ce nouveau film prend place dans un territoire autrement plus fantaisiste avec l’histoire de Manji (Takuya Kimura, membre du boy band SMAP), guerrier errant devenu immortel grâce à des « bloodworms », vers tibétains résidant dans son corps et guérissant chacune de ses blessures, aussi graves soient-elles (ne posez pas de questions). Sa quiétude est troublée par l’arrivée de Rin (Hanna Sugisaki), jeune orpheline souhaitant l’engager comme garde du corps dans sa mission de vengeance contre le meurtrier de ses parents (Sōta Fukushi).

Après l’interminable exposition de Jojo’s, il est presque rafraîchissant ici de voir Takashi Miike se faire avare d’explications, ne donnant que le strict minimum d’information quant aux tenants et aboutissants de l’histoire (une vague opposition entre une école « globaliste » d’arts martiaux et une école plus spécialisée est esquissée). La structure répétitive du film (probablement intentionnelle, calquant le caractère épisodique d’un manga) nous amène de combat en combat, Manji étant confronté à une série d’adversaires colorés, du mystérieux guerrier masqué au duelliste aux réflexes surhumains tout droit sorti de Dragonball. Savoureusement anachronique, cette faune colorée est un plaisir à regarder et détourne l’attention de scènes de combats au découpage et montage parfois un peu brouillon, pour ne pas dire bâclé. Les dialogues sont empreints de l’humour caractéristique du cinéaste, tout comme les gags visuels dénués de toute retenue, qui apportent un peu de légèreté au carnage continuel.

Takuya Kimura est un véritable délice dans le rôle de Manji, couvert de sang et d’entrailles, grimaçant, soufflant, grincheux au possible (qui ne le serait pas après avoir perdu sa main deux fois dans la même journée!), sortant de son kimono tel Harpo Marx un nombre infini d’armes hétéroclites, dont la moindre n’est pas un double-katana. Quel dommage que sa partenaire à l’écran, Hanna Sugisaki, ne dégage pas une fraction de cette énergie. Malgré une introduction prometteuse où elle rétorque malicieusement « Eh bien, classe-moi comme un échec » à sa mère déplorant ses manières « peu convenables à une dame », le personnage finit par passer la quasi-totalité du film cachée derrière Manji, qui fait le gros du travail. Avec un développement limité au possible et très peu d’actions (excepter pleurer et se faire kidnapper – deux stéréotypes pour le prix d’un), le personnage de Rin est au mieux une cuisante déception pour quiconque espérait un personnage féminin fort et capable, au pire un boulet insupportable tirant le film vers le bas et embourbant inutilement la narration.

Si le film n’est pas la claque des 13 assassins et pâlit en regard aux autres films d’arts martiaux présentés durant le festival (Jailbreak et God of War présentaient des séquences d’action à la chorégraphie plus solide), il n’en demeure pas moins une nouvelle excursion jubilatoire pour Takashi Miike dans le monde du jidai-geki. Tout comme son héros, la légende vivante du cinéma japonais ne semble pas prête de renoncer au combat.

Blade of the Immortal - Takashi Miike
Blade of the Immortal – Takashi Miike

Deliver Us – Frederica di Giacomo

« – Qui donc s’amuse (…) à tourner ainsi l’humanité en dérision? – Le diable, probablement » — échange lourd de sens des Frères Karamazov de Dostoïevski (qui allait entre autres donner son titre au sublime Le diable, probablement de Bresson), dont on retrouve les échos dans Deliver Us, documentaire italien de Frederica di Giacomo. En effet, quelle force obscure transforme ces pauvres hommes et femmes en suppliciés gémissants, traversés de convulsion, se tordant de douleur à la seule mention de la trinité? Pour le père Cataldo, un vieillissant et quelque peu blasé prêtre catholique opérant en Sicile, la réponse est claire : le Démon, dont l’influence s’étend sur une Europe en pleine crise morale[1]. Ses ouailles sont les premières à lui donner raison, revenant chaque semaine pour bénéficier de ses pouvoirs d’exorcisme. La pratique occupe désormais la majeure partie de son emploi du temps, au point qu’il doive à l’occasion effectuer des exorcismes par téléphone…

Il n’y a pas de têtes pivotant à 360 degrés, de pustules purulentes ou de jets de vomis nauséabonds dans Deliver Us : la réalité est plus simple et possiblement plus terrifiante. Filmées de très près par Giacomo à travers une série de vignettes quelquefois comiques, parfois troublantes, souvent saisissantes, les histoires des « possédés » nous sont révélées par bribes, dévoilant avant tout une grande solitude et un désespoir profond. Avant d’être des victimes d’un soi-disant démon, ces gens sont plus souvent des êtres démunis et marginalisés passés par toutes les possibilités de la médecine (traditionnelle et alternative), de la thérapie de groupe et du self-help. Ayant bien souvent épuisé tous leurs recours (une femme affirme souffrir d’une maladie que cinq médecins successifs n’ont pas réussi à identifier et encore moins à traiter) et perdu leurs amis et proches, ces gens se tournent vers l’église, espérant y trouver un miracle de dernier recours. Certains croient mordicus qu’un démon est à l’origine de leur souffrance tandis que d’autres, plus sceptiques, tombent plus aisément dans une exploitation (consciente ou non) des attentes de leur « auditoire ». Un jeune punk, revenu de tout, explique voir dans l’exorcisme la seule alternative lui restant en dehors de l’internement psychiatrique — du reste, mentionne-t-il, y croire ou non n’est pas important.

Et qu’en est-il du père Cataldo? Là où son homologue américain Bob Larson (auquel Vice a consacré un documentaire suivant une véritable « tournée » d’exorcisme) fait de l’exorcisme un véritable spectacle télévisuel, l’approche de Cataldo est issue d’une vision plus traditionnelle de la pratique religieuse, qui trahit occasionnellement une certaine lassitude chez un homme vieillissant pris malgré lui dans un cirque dont les implications plus profondes le dépassent. Là où l’imagination populaire conjure à l’esprit les images d’un exorciste pris dans un corps à corps titanesque sinon physique, du moins spirituel avec le démon, les rituels du père Cataldo surprennent par leur routine usée et presque envahie d’ennui, où les crises les plus sauvages sont accueillies avec un détachement placide par le prêtre et ses assistants. Le scepticisme de certains religieux face à la réalité d’une explication démonique chez leurs ouailles est même parfois tacitement exprimé — mais encore une fois, il semble que croire ou non n’ait plus d’importance.

Sans narration, intertitre, entrevues ou même de musique et construit sur une série de vignettes détachées les unes des autres, Federica di Giacomo laisse son audience tirer ses propres conclusions du spectacle (car spectacle il y a) qui s’offre à lui. Les un.es ne manqueront pas de trouver aberrant l’exploitation de la souffrance humaine sous-tendant à la pratique de l’exorcisme par l’Église catholique (qui non seulement le cautionne, mais a répondu à la demande sans cesse croissante en organisant de véritables séminaires de formation à l’exorcisme, dont les scènes finales donnent un aperçu) et seront sûrement critiques de l’approche sensationnaliste de Giacomo, qui ne se prive pas de capturer en gros plan une intimité parfois très crue et sensible, soulevant des questions justifiées sur l’éthique de sa démarche. Mais derrière ces façades plus sulfureuses, d’autres trouveront peut-être le portrait anxiogène et désespéré d’un occident en crise, au chevet duquel préside une église déclinante tentant comme elle peut de préserver son image de guide dans un monde plongé dans les ténèbres.

Deliver Us - Frederica di Giacomo
Deliver Us – Frederica di Giacomo

Game of Death – Laurence Baz Morais et Sébastien Landry

Game of Death de Laurence Baz Morais et Sébastien Landry est à bien des égards la quintessence du film Fantasia : un divertissement noir carburant à l’adrénaline, fait pour être vu avec une foule enthousiaste et bruyante. Un film dont les lacunes et l’inconséquence sont pardonnées par une facture visuelle imaginative mise en œuvre par une équipe aussi enthousiaste que talentueuse.

Le scénario est d’une simplicité désarmante : un groupe d’adolescent.es célébrant à la campagne tombe sur un jeu de société intrigant, le game of death. Après avoir vu une goutte de leur sang prélevée par le plateau de jeu (une adorable petite création vintage), ils prennent conscience, bien trop tard, des règles : tuez 24 personnes, gagnez la partie. Si personne n’a été tué à la fin d’un décompte arbitraire, un joueur tiré au hasard mourra. Il n’en faut pas plus pour lancer la troupe aux effectifs de plus en plus réduits dans une odyssée meurtrière pour sauver leur peau…

Pour ce premier long-métrage, Morais et Landry font le pari d’une véritable tapisserie stylistique, évoluant au rythme des rebondissements d’un récit dégoulinant d’hémoglobine. Les scènes d’ouvertures, à grand renfort de ralentis, d’images léchées et de segments intimistes auto-filmés par les personnages sur leurs téléphones cellulaires, mettent la table en grand. Quant à la finale (dont on ne divulguera pas trop les détails), elle culmine en un gigantesque bain de sang accompagné d’une séquence d’animation musicale délirante. Malgré les disparités stylistiques, l’ensemble fonctionne plutôt bien et seule la section médiane du film souffre d’une légère baisse de régime au niveau de la réalisation, accompagnée d’effets de style moins réussis.

Les deux cinéastes ont sélectionné leurs collaborateurs avec choix.  La distribution, malgré la minceur du scénario, offre des prestations efficaces (mention spéciale à Sam Earle, dont les faux airs de Michael Pitt [Funny Games U.S.] en font un choix approprié pour le rôle du sociopathe de service). Aux maquillages gore, on retrouve le grand prince du genre, Rémy Couture, qui nous offre éviscération, têtes explosives et autres façons horribles de passer de vie à trépas. À la musique, on retrouve Julien Mineau (Malajube, Fontarabie) réalisant probablement le rêve de toute une carrière, soit celui de composer la musique d’un film d’horreur tout droit sortie des années 80, tout en synthétiseurs glauques ; mission accomplie.

Si on peut adresser une critique à cette comédie horrifique bouffonne, c’est de chercher à avoir le beurre et l’argent du beurre : les tentatives (assez rares au demeurant) du film d’aborder son sujet de façon sérieuse ont bien du mal à convaincre après les innombrables scènes de violence gratuite et niaise ayant précédé. Autant assumer son manque de sérieux jusqu’au bout. Bien cantonné dans sa niche esthétique (qui, avouons-le, ne sera sans doute pas au goût de tous et toutes), Game of Death démontre le talent de ses créateurs (on n’en attendait honnêtement pas autant d’un film du genre), mais demeure l’équivalent d’une balade dans une maison hantée certes amusante et bien faite, mais qui ne hantera pas les esprits de ses visiteurs bien longtemps.

Game of Death - Laurence Baz Morais et Sébastien Landry
Game of Death – Laurence Baz Morais et Sébastien Landry

Coups de cœur 2017 de Julien Bouthillier :

Lowlife
Shin Godzilla
November
Town in a lake

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Le 21e festival Fantasia a eu lieu du 13 juillet au 2 août. Vous pouvez consulter la liste des lauréats du festival ici.

Le festival Fantasia sera de retour en juillet 2018. Vous pouvez lire ou relire les autres articles de notre couverture ici.

[1] Les cas de supposées « possession démoniques » ont connu un boom sans précédent dans les dernières années, en Amérique comme en Europe, menant à une demande de plus en plus grande pour les exorcistes.

Artichaut magazine

— LE MAGAZINE DES ÉTUDIANT·E·S EN ART DE L'UQAM